‹ Étude sur les Gesta martyrum romains (volume 2)Chapitre 82 sur 132 · PARALLÈLE AU MOUVEMENT LERINIEN · texte numérisé non relu

PARALLÈLE AU MOUVEMENT LERINIEN

tins s'élancent à la poursuite des fugitifs, suivis des spiculatores. Or voici quune des mules qui traînent les martyrs s* abat au lieu qui est appelé Grade [ad aquas gradatas] ; on les arrête. — Remarquons combien cet accident est glorieux et providentiel : comme Elie fut ravi au ciel sur un char de feu, ainsi les martijrs étaient emportés par une foi de feu [ignea fides] / S'ils se sauvaient, ce ri était pas quils voulussent fuir ! Leur but était de parvenir plus tôt au martyre. Ils ne voulaient pas se cacher, mais manifester [? se christianos adprobarent] leur christianisme à tous les passants. En vérité y ils auraient pu se, cacher avec beaucoup d'autres dans la cité ; ils tenaient à enflammer ardemment le cœur du peuple d'amour pour le Christ, Il ne faut pas parler de leur fuite f mais de leur départ. — On veut qu'ils sacrifient ; ils refusent. Alors les bourreaux les emmènent avec leur pédagogue Protus. Ils se réjouissent, ils chantent, ils lèvent les mains au ciel et prient : ce Seigneur Jésus-Christ qui as promis d^être un père et une mère pour ceux qui n abandonnent jamais ton nom [perseverantibus in tuo nomine], nous t'en prions, reçois nos âmes en paixl » 7/^ s'agenouillent ; on les décapite ; leur sang coule, blanc comme du lait ! Le vénérable prêtre Zenus ensevelit les corps dans un beau Xocxûus, puis il meurt à son tour. Puissent leurs prières nous aider ! Nous célébrons solennellement la mémoire de leur passion afin d'être associés à l'héritage des saints martyrs. Ils ont souffert dans la cité d'Aquilée le 18 des kalendes de juillet, sous le règne des empereurs Dioctétien et Maximien, devant le comte Sisinnius et le praeses Dulcitius, tandis que règne Notre-Seigneur Jésus-Christ, à qui honneur et gloire, puissance et empire dans les siècles des siècles. Amen.

Le férial héronymien écrit, au 31 mai *, (Aquilée) :

d'après E : cantiani proti crissogoni et cantinellœ ; d'après B : canti cantiani procati crissogoni et cantianellœ.

Ce sont évidemment nos martyrs. Ils semblent associés à saint Chrysogone ; mais, leur histoire authentique étant in-

1 Rossi Duchesne, p. 69. — [Cf. p. 78, xvii. Kal. iul]. — Oq a découvert en 1871, dans la basilique de Grado, ua reliquaire eu argent qui peut être du vi« siècle et qui donne les images des trois martyrs \Bull. Aroh. Grist., 1872, 155 et pi. xi-xn ; 1878, 42].

connue, on ne saurait dire si cette association a une valeur certaine, ou si elle ne reflète pas, seulement, l'usage liturgique.

Notre texte reparaît sous la forme d'un court sermon ^ attribué à saint Ambroise : ce n'est qu'un résumé de nos gestes [A] ; il les cite ^

En revanche, nous connaissons une autre forme de la légende [textes Bl ; elle est caractérisée par les traits suivants :

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