REMANIEMENTS ROMAINS
tyrs (^.numèrent les commandements du Christ; 5. Mêmes expressions ici et là :
Pollio Hermogène
i. « Presbyter ecclesiae singidnnen- « Diaconus ecclesiae singidunensis
sis » [§ 1]. [§ 1], presbyter ecclesiee sirmiensis »
2. « Quod offîcium geris » [§ 2]. « Quod officium geris Christi »
3. « Eloquentiam divinarn populi « Qui scientiam populis légère conlegere consueverunt » [§ 2]. sueverunt » [§ 3].
4. < Quae mandata legendo val cuius « Quee mandata legis vel cuius saregis » [§ 2J. lutis gaudia doces » [§ 3].
Peut-être Hermogène est-il contemporain de Pollion ; peutêtre est-il plus récent que ce dernier texte. Cette dernière hypothèse paraît plus probable : l'épisode du démon chassé de Fidole et qui saisit la fille de Victorianus, l'attribution du miracle aux dieux païens, ces deux traits semblent apparaître dès la fin du v® siècle, ou au début du vi" : ils se lisent dans Marcel, Vif us, ApoUinaria, Potitus ^
On raconte, d'autre part, qu'un mors est passé dans la bouche du martyr et qu'il est, dans cet état, promené à travers la ville. Ce détail est assez rare ; je le relève dans une légende grecque, celle qui célèbre Cirycus et Julitta : elle était précisément connue à Rome aux environs de l'an 500 ^. — Ne semble-t-il pas que ces gestes soient tout analogues à Florian et à Quirinus ? Un texte de la fin du iv® siècle aura été remanié par les rédacteurs romains.
C'est de la fin du iv® siècle, en effet, que Pollion date sans doute. Ce martyr, ses compagnons nous sont attestés par le férial ^ (on n'en peut dire autant d'Hermogène). Le texte, d'allure très simple et dénué de miracle, semble assez antique. Il mentionne un Valentinianus christianissimiis imperator *
1 Cf. aussi l'expression vir Dei... subridens.
2 Cf. G. M. R., V.
3 «IIII K. in pannonia eusebi epi pollionis tiballi (Cibales). — Rossi-Duchesne, p. 51. — VII, K. ap. in sirmi montani prebi et maximse uxoris eiua et aliorum XL [ces derniers dérivent sans doute d'une erreur. Cf. Achelis : Marlyrologien, p. 131]. Rossi-Duchesne, p. 36. Cf. Adon, P. L., 123, 253 [28 avril « item in Pannonia, sancti Pollionis martyris »].
* Orose rappelle la défaite de Licinius à Cibales [vu, 28, 19. — Zangemeister, 503] : il ne dit pas que Valentinien y soit né. Cf. Mélanie [Rampolla. 28, 16] : Valentinianus (III) piissimus imperator. On sait la piété chrétienne des Valentinien.
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comme si le rédacteur n'en connaissait qu'un seul, ou comme si Valentinien était encore en vie : Valentinien I [-h 375] est, en effet, né à Gibales.
Je remarque, toutefois, que la liste des vertus chrétiennes prêchées par Pollion est assez longue et complète.
Je remarque, surtout, qu'on ne nous dit rien de la femme de Montanus; le férial l'atteste explicitement \ N'y a-t-il pas, ici, suppression très volontaire d'un détail qui aura paru déplacé? Je note que l'anonyme insiste sur la chasteté : les commandements de Dieu sont ceux quœ virgines integritatis suœ edocent obtinere fastigia, conjugem pudicam in creandis filiu continentiam custodire [§ 2], Il aura trouvé malséant le mariage d'un prêtre ; il l'aura supprimé. Il est donc très possible que ce texte ait subi quelques retouches en même temps que les autres.
Voici qui confirme l'hypothèse. Quirinus et Pollion reproduisent deux réflexions des martyrs qui sont singulièrement analogues. « Mandata qu% legerint, dit Pollion, etiam termentis prohihentibus i?nplere contendunt [christiani) » [§ 2]. « Quœ fidelibus praedicam, répète Quirinus^ custodio ». On ne lit rien de semblable dans Irènée ni dans Jules.
D'aulre part, le même Salisbu7'gensis qui atteste la présence à Rome de Quirinus de Siscia, témoigne encore quu?î martyr Pollion, était enterré près de Rome, au cimetière de Pontien^ sur la voie de Porto :
Tune ascendis et peruenies ad scm Anastasium papam et martyr em et in alio (loco) Pollion martyr requiescit ^.
Les légendes romaines ne connaissent aucun Pollion. L'histoire des Quatre Couronnés^ de Quirinus de Siscia, de Séverin de Norique nous invitent à identifier le Pollion de Pannonie et le Pollion du cimetière de Pontien. Les Romains du v" siècle connaissaient notre martyr.
Enfin Pollion fait une claire allusion aux gestes de trois saints, Eusèbe, Montanus et Irénée. Les gestes d'Eusèbe ne sont pas retrouvés. Les gestes de Montanus étaient certainement connus à Rome aux environs de Tan 500, car ils sont résumés dans le Martyrologe Eusébien :
In sirmia, Munati presbiter Delingi donis (de Singiduno) cum Sirmium fugisset comprehensus est et inissus est in
1 Cf. le texte infra, même page.
2 De Rossi : Roma Sotterranea, i, 182.