LES SAINTS MARCIANUS ET NICANDRE
les martyrs^ bénissant Dieu. Daria suit Nicandre, dont le petit enfant est porté par Papianus, frère de Pasicrate le martyr ; Marcianus est aussi accompagné par ses parents et sa femme. « Malheur à moi ! dit-elle implorant. Tu ne me réponds pas ! Aie pitié de moi, mon seigneur ; regarde ton enfant ; ne nous méprise pas ! Ou marches-tu ainsi ? » \Marcianus la regarde avec dureté : « Satan faveuglera-t-il toujours / Laisse-moi ; permets-moi d'achever mon martyre. » Et le chrétien Zoticus Vencourage : « Tu as combattu le bon combat, dit-il ; souviens-toi des promesses du Seigneur. » Et comme la femme de Marcianus s'accroche à lui., Marcianus prie Zoticus de la tenir. Arrivé au lieu du (supplice), il se la fait amener, l'embrasse, et la renvoie : a Recuèille-toi dans le Seigneur ! le malin est encore maître de ton esprit ; tu ne peux assister à mon martyre. )) Puis, il embrasse son enfant et le confie à Dieu. Les deux martyrs s'embrassent et se séparent. Marcianus conduit à Nicandre sa femme, que la foule empêchait de passer: « Dieu soit avec toi », dit Nicandre à Darie. — « Courage, mon bon seigneurX Tai vécu dix ans séparée de toi', à tout moment je demandais à Dieu de te voir; je te vois maintenant ; j e te félicite: tu pars pour la vie. Je vais m' enorgueillir d'être désormais une femme de m^artigr. Courage, seigneur ; souffre le martyre pour Dieu et tu nous sauveras tous deux de la mort éternelle. » On leur bande les yeux orario, et ils ont la tète tranchée. Les martyrs du Christ Nicandre et Marcianus se sont reposés (dans le Sei-
' gneur), le 15 des kalendes de juillet, tandis que règne Notre
Seigneur Jésus-Chrnst à qui honneur et gloire dans les siècles
\ des siècles. Ameii.
j II est certain que ce texte A est parent des gestes de Jules
de Dorostorum.
Gestes de ^^ temps de la persécution, quand les fidèles livraient de
)oro8to- glorieux combats et s' attendaient à recevoir les {récompenses)
^"°^ éternelles qui leur étaient promises [quando gloriosa certa-
mina tidelibus oblata perpétua promissa exspectabant acci-
1 B. H. L., 4555 [Ruinart. 569]. — Ces pag-^s étaient écrites lorsque P. Franchi de Cavalieri [Nuovo Bullet., 1904, 22-24] à la suite de Mazocchi \Commentarii in marm. Neap. Kaletid., 653, not. 391] a reconnu la parenté des deux textes.
père], Jules fut arrêté par les offîciales et présenté au prseses Maximus. « Eh ! bien, Jules ; ce quon dit de toi est-il vrai ? »
— ({ C'est vrai. Je suis chrétien. » — « Tu ignores donc les ordres des rois [praecepta regum] qui ordonnent d'immoler aux dieux. » — « Je le sais ; mais je suis chrétien ; je ne puis faire ce que vous voulez. Je ne dois pas 7'enier mon Dieu, le Dieu véritable j le Dieu vivant. » — c Sacrifie, et tu Ven iras : qu'y a-t-il là de grave ? » — « Je ne peux pas violer les ordres de Dieu. Dans votre frivole armée, j'ai servi vingt-sept ans, j'ai fait sept campagnes, sans encourir un reproche ; et tu veux qu'aujourd'hui, quand j'ai de grands devoirs à rem^ plir, je manque à la foi [jurée) ! — ce Qu as-tu fait de service ?» — « fai été soldat, je suis sorti à l'ancienneté, je suis vétéran. Mais, toujours, j' ai adoré le Dieu vivant. )) — a Tu es un homme raisonnable^ Jules: immole aux dieux, » — « Je ne ferai pas ce que tu veux pour commettre un péché et encourir un châtiment éternel. » — a Si c'est un péché, imputC'lè moi. Je te fais violence ; tu ne consens pas, (Sacrifie), et tu t'en iras^ tu recevras dix deniers ; nul ne te molestera. »
— « Ni l'argent de Satan, ni tes discours ne me feront perdre le Seigneur éternel. Je ne puis renier Dieu. Prononce la sentence contre moi. » — a Si tu ne sacrifies, on te tranchera la tête. » — « Bien dit. Donc, praeses pieux, je t'en prie par le salut des rois, fais ce que tu dis. » — a Je vais te livrer à tes désirs. » — u Je t'en remercierai. » — (( Tu es fou : tu fais plus de cas d'un mort que des rois, qui vivent, » — « (Jésus) est mort pour nos péchés, afin de nous donner la vie éternelle : qui le renie est puni pour l'éternité. » — « Tu me fais peine : sacrifie, vis avec nous. » — « Vivre avec vous c'est mourir; mourir, c'est vivre.., » ; et Maxime prononça la sentence: « Jules refuse d'obéir aux ordres des rois ; qu'il subisse la mort. »
— Tandis qu'on le conduit à l'endroit accoutumé [ad locum solilum], tous l'embrassent, et le martyr répond (à ces marques de vénération) : a Que chacun de vous voie comment il m'embrasse [? qualiter osculetur]. » Le soldat Hesychius, qui est aussi emprisonné, l'encourage et lui demande de se souvenir de lui, quand il le suivra, et le charge de saluer Pasicrate et Valention, serviteurs de Dieu qui les ont précédés en confessant le Seigneur, Les deux martyrs s'embrassent ; Jules se bande les yeux orario et tend la gorge, disant : a Seigneur Jésus-Christ, je souffre cela pour votre nom : daignez ac-