‹ Étude sur les Gesta martyrum romains (volume 3)Chapitre 122 sur 143 · SAINT VINCENT DE GIRONE · texte numérisé non relu

SAINT VINCENT DE GIRONE

Saint Vincent de Girone est vénéré le 22 janvier : il a donc même anniversaire, même nom, même pays [cf. Girone, Saragosse, Valence] que le martyr chanté par Prudence. Pourtant les deux légendes n'ont aucun rapport. Ce fait est assez intéressant pour qu'on le précise. Voici une brève analyse de la légende de Girone.

La septième année des empereurs Dioclétien et Maximien, il y eut une grande persécution in suburbio Gerundensi in castel lo Gratianopoli : comme les étoiles, ainsi les martyrs brillent sur la terre. Les apôtres Pierre et Paul qui gouvernent l'Eglise ont conquis à la foi italica régna usque ad Galliam comalam : et c'est ainsi que les bienheureux Vincent et Orontius ont reçu la doctrine des apôtres in civitale Cimera ; ils la communiquent à leurs parents Vicarius et Amelia, et ils veulent gagner la palme du martyre. Comme le monde presque tout entier a déjà reçu le baptême, ils gagnent l'Espagne dont le prœses Rufinus persécute cruellement les chrétiens et impose, sur l'ordre de Dioclétien, l'adoration de Jupiter, de Junon et de Vénus. Ils trouvent l'évèquc Pontius caché dans les cavernes, ad castellum gratianopoiun^ tandis que son diacre Victor résiste courageusement aux persécuteurs ; ils arrivent ad

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vicum Rhodas où Ruiînus a établi un capitule et s'établissent chez Victor, dans le pagus Julianus où il a sa villa. Mais voici que le prœses les recherche : ils se sauvent dans la montagne, et Victor refuse de les livrer, dit leur origine royale et défend leur croyance. Vincent et Orontius s'arment de la prière et du signe de croix, repoussent les avances, méprisent les menaces du prœses et sont décapités. Victor est tué à son tour au moment où il va ramener chez eux, en Italie, les corps des martyrs, et ses parents sont massacrés aussi. Sur Tordre de Pontius, Hactor emporte les cadavres des trois saints ; mais, près d'Embrun, les bœufs ne veulent plus avancer ; le prêtre Arator en prévient l'évêque Marcellin qui accourt et ensevelit les trois martyrs.

Gomme dit saint Jean, nous attestons ce que nous avons vu.

Gesta siquidem beatissimorum martyrum Vincentii> Orontii et Victoris levitœ — quœ mihi omnium sacerdolum minimo, relatione succedentium comperta sunt — reticere non audeo.

iEtherius, Anticinœ ecclesiœ antistes, mon prédécesseur, demande quelques reliques de ces martyrs à l'abbé Beroald ; celui-ci prie avec frayeur, et envoie deux morceaux des doigts ; Tévèque les ensevelit avec joie in locum qui Noviacus dicitur. Lorsqu'un des frères, Astroald, veut voler les reliques, il avoue son crime au religieux Beatus, à Lyon, et meurt, puni par Dieu. — Quant à moi, humble pécheur qui hanc paginulam prœsumptuose compilavi, j'allais de Lyon à la cour: (passant par Embrun), je demandai à l'homme de Dieu qui, bien que natif d'Orléans avait vécu en Espagne, s'il y avait trouvé les gestes des saints ; il me les raconta dans l'ordre, ainsi que l'histoire de la translation des reliques d'Embrun à Noviacum. Une autre fois je demandai à un abbé venu d'Espagne à un concile des Gaules où les martyrs avaient souffert ; il me donna le texte de la passion attestant que les trois martyrs reposaient à Embrun. C'est ce texte* que j'ai corrigé, le style en étant rustique, avec l'aide du Seigneur Jésus-Christ qui vit et règne avec le Père et l'Esprit-Saint dans l'inQni des siècles et des siècles. Amen 1 22 janvier, 3-6} '.

1 Je me réserve de revenir sur ce texte, certainement apparenté aux textes lériniens de Gimiez et d'Embrun, dans mon Etude sur les Gesta Martyrum Occidentaux.

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