‹ Étude sur les Gesta martyrum romains (volume 3)Chapitre 123 sur 143 · SAINTE MELANIE UNE HYPOTHÈSE TOUCHANT L'ORIGINE DU TEXTE LATIN · texte numérisé non relu

SAINTE MELANIE UNE HYPOTHÈSE TOUCHANT L'ORIGINE DU TEXTE LATIN

On vient de montrer que, selon toutes les vraisemblances, nos deux textes, latin et grec, de Mélanie procèdent d'un original grec, écrit entre janvier 440 et octobre 441, par un monophysite, adressé peut-être au fameux Dioscore d'Alexandrie. On ajoute que «notre recension latine doit être, elle aussi, très peu postérieure au milieu du ve siècle. Elle reproduit naïvement le désordre de l'original (xxxiv). L'auteur s'intéresse aux choses d'Occident et nous fournit de précieux détails sur la liturgie romaine (lxii, lxvui)... Le pontife romain, dont il n'est nulle part ailleurs question dans ces deux biographies, apparaît peut-être dans ce même passage (xliv), mais comme inférieur au concile. On peut croire l'auteur de la recension latine plus en garde que l'auteur de la recension grecque contre les influences monophysites... » ; il parle de l'impératrice Eudocie en des termes assez peu flatteurs (Adhémar d'Alès : les deux vies de sainte Mélanie la jeune (AnaUcta Bollandiana, 1906, p. 401-450) J.

Ces conclusions ne contredisent pas, elles favorisent plutôt l'hypothèse présentée p. 193, note, touchant l'origine léiinienne du texte latin de Mélanie.

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Un passage propre au latin compare la femme forte aux pierres précieuses : « non est mulier hœc dicenda sed vir, qui^ viriliter egit : quant sapiens Salomon de pretiosis lapidibuesse significavit » [p. 3]. On songe aussitôt à ce passage des Formulas d'Eucher [Wotke, 14] : « lapides interdum Chris tus aut sancti ; in psalmo : lapis quem reprobauerunt «dificantes item in aliam partem : potens est Deus de lapidibus istis suscitare filios Abraham ». Sans doute on ne cite pas ici Salomon ; mais on ne connaît pas de passage des livres sapientiaux auquel s'applique exactement notre texte * ; et l'inspiration des deux passages est évidemment la même, ici et là. Et il est certain que la valeur symbolique donnée aux pierres n'est pas seulement fondée sur les deux passages qu'Eucher a dits ; la preuve en est que, un peu plus loin, il revient là-dessus, et qu'il écrit :

Lapides pretiosi apostoli uel sancti sive ipsa opéra uirtutum ; in Apocalypsi : fundamenta mûri civitatis omni lapide pretioso ornata [Wotke, 48].

On a dû, dans les mêmes cercles, justifier la même idée avec d'autres textes encore, avec des textes du pseudo-Salomon [Sap. vu, 9 ; — Prov. vin, 11 ?]

Fait beaucoup plus important : le passage relatif à la communion* dans r église romaine, que fài cité p. 193, note, manque dans la recension grecque [d'Alès : eodem loco, 442- 443] ; et les passages analogues que j'ai relevés se lisent dans des textes lériniens.

Et je rappelle que Mèlanie insiste sur l'unité de la Trinité, et présente des points de contact curieux avec Apollinaria, Eugénie, Anastasia 3.

1 D'Alès iadique Sap. vu, 9 ; Prov. vin, 11, avec hésitation.

2 II s'agit de la communion quotidienne : « ... eorumunicasset ... quamquara et consuetudo Romanis sit per singulos dies communicare » f Rampolia, 36] ; et de la communion des mourants qui gardent l'Eucharistie dans la bouche |p. 39]. Le texte ajoute qu'on baise la main de l'évêque au moment de la communion.

3 Cf. G. M. R., tome V.

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