‹ Étude sur les Gesta martyrum romains (volume 3)Chapitre 28 sur 143 · LES INFLUENCES GRECQUES · texte numérisé non relu

LES INFLUENCES GRECQUES

contrent des Gaulois, tels que Pévèque Théodore de Martigny, et des Romains, tels que le prêtre Leopardus ; il est naturel d*y rattacher les pseudo-Ambroise qui paraissent avoir rédigé plusieurs de ces récits d'inventions et dont on saisit l'influence dans les écrits similaires de Rome et des Gaules.

3. Cette famille de légendes et ce groupe de rédacteurs ont subi l'influence des lettres et des cultes grecs : Maurice d'Agaune, Gervais et Protais, Jean et Paul de Rome rappellent Maurice d'Apamée, Castor et Pollux, Juventinus et Maximinus d'Antioche *.

Mais qui dira d'où viennent les histoires dont on affuble ces nouveaux martyrs? Saint Ambroise raconte que Vitalis de Bologne était un esclave et qu'Agricola était son maître : où a-t-il pris cela * ?

Avait-il trouvé quelque inscription ou quelque tradition orale authentique? N'y a-t-il ici que le fruit naturel de la fantaisie populaire, influencée par mille faits dont nous tâchons à retrouver quelques-uns? N'y a-t-il pas aussi fiction très consciemment imaginée par des évèques et des prêtres afin d'enseigner une vérité morale? Après avoir dit que Vitalis était un esclave, saint Ambroise ajoute : sive servus, sive liber , omnes in Christo unum sumus, et unusquisque quodcnmque fecerit bonumy hoc recipiet a Domino. Nec servitus derogat, nec libertas adjuvat. Vide ad eam rem quam nihil in conditione momenti sit 3.

i Noter qu'Agnès tend à se modeler sur Polyxène [G. M. R., i, 29] [ou «ur Perpétue: et. paisio Perpétuée. 20. — Gebhardt, 911, comme saint Hippolyte sur Hippolyte [G. M. R., i, 29]. Sur ces influences grecques, cf. G. M. H , tome V.

2 Noter ce que dit Paulinus [p. 61, n. 1] à propos de Nabor et Félix : qui quaodo sit passus usque in hodiernnm diem scire non possumus... On a certainement cherché. Mais qu'a-t-ou trouvé?

8 Exhortatio virginitatis. 1. [Ruinart. 1859, p. 493]. — Et lire toute la suite. — Saint Ambroise dit que les vieillards se rappellent horum martyrum nomina titulumque légiste [P. £., 16, 1023, A]. Avait-il retrouvé le litulus f Et comment celui-ci avait-il disparu ? Comment le souvenir des martyrs s'élaitil effacé ?

Et comment ceux-ci avaient-ils été enterrés dans l'église? Le pin* simple est d'admettre, avec Savio [Di nlcune chièse di Milano anteriore a S. Ambvogio. N. B. A. C, 1896, 163], que l'emplacement de l'église Nabor et VA\\ était primitivement une propriété de l'église [cf. te cimetière à Home] : on l'appela plus tard hortus Philippi (d'où, peut-être, notre Philippe) ; on y enterrait les chrétiens et leurs martyrs; il était hors de l'enceinte. Ainsi y furent

déposé» Gervais, Protais, Nabor, Félix. Plus tard, sur le même emplacement, les chrétiens bâtirent leurs églises [Leclercq : Batiligue ambrosienne. D. A. C, i, 1, 1442].

Dans une restauration de l'église milanaise de Sainte-Valérie, opérée en 1783, on a trouvé l'inscription suivante :

ET A DOMINO CORONATI SVNT BEAT1

CONFESSORES COMITÉS MARTYRORVM

AVRELIVS DIOGENES CONFESSOR ET

VALERIA FELICISSJMA B1BI IN DEO FECERVNT

Le début de l'inscription, pense de Rossi [Butf., 1864, 30] contenait sans doute des noms de martyrs et de confesseurs: elle a été placée par Diogenes et Valeria. N'est-ce pas cette pieuse Valeria qui a donné son nom a l'église, et dont le populaire a fait un jour la mère de Gervais et Protaisî La basilique ambrosienne où ils reposent n'est pas loin de Sainte-Valérie. — L'inscription daté certainement du milieu du ive siècle.

Comment pseudo-Ambroise ensevelit-il Gervais et Protais dans la maison de Phillippe [cf. supra p. 38], alors qu'Ambroist dit explicitement qu'on a trouvé les deux corps dans l'église dés saints Nabor et Félix? Nouvelle preuve que les contradictions n'arrêtent guère nos hagiographes.

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