L AUTEUR DE NAZA1RE
Nazaire et Pontiusont pris forme grâce à des évèques gaulois, vers le milieu du ve siècle *. La légeade milanaise * des inventions faites par saint Ambroise est postérieure à la légende ravennate de ces mêmes inventions.
1 J'ai relevé quelque* poiuts de contact entre Nazaire, Silvestre et les Tractatus du pseudo-Origène : 1. Ici et là, la polémique contre les Juifs occupe la pensée du rédacteur : cf. iv, 34 : « sœpe nobis adversum Judœos certamen est...: cur circumcisio data sit populo Israhel... Quam circurucisionem si Judœi magni œstimant, quid acturus est Adam..., Seth..., Euoch... Deinde iu eremo ingens circumcisorum multitudo prostrata est, et omnes incircumcisi sunt reservati... Qua de re, dilectissimi fratres, calcatis iudaïcis fabulis et hœreticorum calumnii*, totos in Christi amore, totos in evangelii sui sacramento condamus [IV, Batiffol 34-35] ». J'insiste sur le tractatus VIII qui traite explicitement de la question du sabbat : c'est cette périphrase, on l'a vu, qui, daus Nazaire, désigne le Judaïsme. « De sola intérim sabbati observatione tractemus, sino qua Judœi omnem hominem fore ab spe vitae œternaB alienum putant... Respondere potest Judœus : si sabbatum observaodum non erat, cur scriptum est, dicente Moyse : in mente habete diem sabbati... Constat duo gênera esse sabbatorum, unum temporarium, aliud œternum... [p. 86, 91]». Cf. xi, p. 120-121 : « 0 gens eemper incredula Judœorum,... Sed iam cum de perfidia Judœorum breviter diximus ». Tout cela reflète la même situation que VAltercatio Legis d'Evagre [C. V., 45, 1 (1904) Bratke] et la Vita Silvestri [cf. G. M. R., v] : les Juifs jouaient un grand rôle dans la Gaule du sud au v« et au vie siècle. Cf. Concile d'Agde de 506, canons 34 et 40 [Sirmond, î, 168-169] ; les précautions de Césaire [Aruold, Casarius von Arelate, 248], l'histoire du siège d'Arles en 508[Kurth,CIotns,467| ; 2. Ici et là, on célèbre avec le même accent la grandeur du martyre : « Quamquam solemnitas diei et pressens lectio (Daniel, ni, 1] admoneat, fratres dulcissimi, ut de bono martyrii debeamus facere sermouem... vereodum mibi est ne tam inlustres et beatissimorum martyrum titulos [cf. gestes de Nazaire et de Vincent] inopia serraocis imminuati minus debitis laudibus persequeodo... Spiritus iu apostolis Chri^to lestimonium perhibet, in martyribus. . fidem religionis ostendit, in virgiuibus admirabilem constantiam signatœ crucis includit » [xvm et xx, 191, 207, 211] » : — 3. Rapprocher des passages correspondants de Silvestre la phrase : sabbatum ergo otium uel ferix in latino uoeatu/o interpretatur [p. 93] » ; 4. La plus aucienne citation certaine des Tractatus est celle qu'a faite Césaire d'Arles [Morio, R. H. L R., v, 15S ; Haussleiter, Neue Kirchl Zft. un, 140 ; Revue Bénédictine, 1*99, 337 et 1906, 174. — Cf. Butler, Journ. of th. stud., 1905, 594]. C'est la preuve que les Tractatus étaient connus daus le Midi de la Gaule, et chez les Lérinieus. C'est peut-être le recueil d'interprétations symboliques d'où depeudeut à la fois 1 s Tractatus et VAltercatio Legis qui a inspiré à Eucher ses Formula- Spiritalis inlelligmtiœ. — On sait que les Tractatus du pseudo-Origène semblent être déhnitivemeut attribués à Grégoire d'Elvire (-f 392), ainsi que l'avait deviné dom Mono. A Grégoire revieut aussi le De fide ultrihué à Phœbade et les Tractatus sur le Cantique publié* par Heine eu 1848 [Wilmart: Bulletin Lia. Ecclésiastique... Toulouse, 1906, 233]. [Cf. aussi de Bruyne : Revue Bénédictin*', 1906, 166].
2 Sur le rapport mutuel do nos vvrsious de N;izaire, cf. infra p. 92 93. Il n'est pas sur que le texte d'Kuaèbe non* soit parvenu dan* sa teneur authentique et iutégrale. Eusebe utilisait-il uu texte antérnur !