‹ Étude sur les Gesta martyrum romains (volume 3)Chapitre 54 sur 143 · REMANIEMENTS DE CENSUR1NUS · texte numérisé non relu

REMANIEMENTS DE CENSUR1NUS

prologue *. — Or, cette version bollandiste n'est certainement pas homogène. Les sept premiers paragraphes nous entretiennent d'une vierge appartenant à la famille impériale et qui est consacrée à Dieu, Aurea. On l'exile à Ostie : elle y trouve un évêque, Cyriaque, et un chrétien caché, Censurinus ; et le récit continue par ces mots : Erat tune in civitate Hosiea quaedam matrona de génère regiœ potestatis nomine Aurea [§ 8] ! Voici qu'on nous présente une seconde fois... la même Aurea ! — Il est clair que le texte résulte d'une combinaison de deux écrits antérieurs : on les a fondus parce que tous deux racontaient une histoire de martyrs d'Ostie. L'un ignorait sans doute Censurinus, et s'occupait seulement d'Aurea, du laboureur Sabinianus et d'Ilippolyte Nonnus; l'autre représentait une étape postérieure de la légende, faisait de Censurinus le personnage central d'un cycle où Aurea trouvait place : c'est notre version Mombritius-Migne *. Peut-être retrouvons-nous le début du premier texte dans les cinq premiers paragraphes à1 Aurea, comme nous retrouvons la majeure partie du second dans la fin de cette légende.

Le personnage d'Aurea rappelle Susanne ; de part et d'autre, même noblesse, même profession de vie religieuse, même désir de faire pénitence pour le sang répandu. — De même Censurinus rappelle Sébastien, et un peu Thrason : ici et là, c'est un grand personnage qui est secrètement chrétien et qui réconforte ses frères ébranlés ; j'ajoute que, ici et là, le baptisé renonce aux idoles [Aurea, § \) ; Sébastien, § 01], qu'un

famille de textes ne semble pas avoir eu graude diffusiou. — Je ne puis rien dire actuellement de la troisième famille de textes.

1 Censurinus. 5 septembre Aurea, 24 août.

«Quorum alii ferarum morsibusla- « Alii quidem ferarum morsibus

niati, alii iu Tyberis alv«±um de- lauiati interirent, alii in alveu Tybe-

mersi, alii iguibus conercmati, qui- ris demer^erentur, alii vero exilio

dam gladio occisi, uonunlli vero deportarentur, et, si quis aleret

exilio deportati... Non minus punie- christianum, diversis preuis interi-

balur, si quis inTentus est aliquem ret ». christianorum apud se latitautem celasse >.

2 Les différences qui séparent M de la seconde partie de B sont peu importantes: dans M, Maxime et Cyriaque parlent l'un après l'antre, non pas ensemble [B|; Maxime est décapité avec Cyriaque, non pat av*-c Archelaus |Bi5]; Chrysé est mandée cinq jours après, non pas le jour même [B. 16|.

conesses, Humana |§ 8. — p. T. , 73 o6S. tt| Comparer arec les marraine* de Censurinus (remaniement gallican) et de Sébastien.

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mort est ressuscité, et qu'on insiste sur la spontanéité des martyrs. — Comme il est sûr que l'auteur de Censurinus • »nnaissait Sébastien, il est vraisemblable que les textes sur lesquels il opérait s'étaient déjà inspirés de cette mêm«* légende.

Il en est, semble-t-il, de la légende de Maris et Martha, comme de la légende d'Aurea : elle s'offre à nous dans un texte composite, et elle dépend de Sébastien.

Maris-Martha *, aussi bien qu'Aurea, nous conduit à Ostie, au temps de l'empereur Claude ; ici et là, un chrétien trouve la mort dans un puits ; ici et là, surtout, apparaît la formule : Si scires donum Dei [Maris, 6 ; Aurea, 13-18] ; ici aussi bien que là, les mêmes personnages sont deux fois présentés au lecteur [ 1.11] : preuve que notre texte résulte d'une combinaison maladroite de textes antérieurs [l'un touchant Valentin, l'autre Maris].

Maris-Martha, d'autre part, rappelle souvent Sébastien : 1 . chrétiens tués à coup de flèches [§ 1] ; 2. Maris agit occulte comme Sébastien, Thrason, Censurinus ; 3, débauches des dieux païens [§ 7] ; 4, la foi chrétienne assure la prospérité de l'état [§ 7] ; 5. la formule in unitate Spiritus Sancti [§ 8] ; 6. tendance anti-augustinienne : quia omnem animam salvas et neminem vis périr 'e [§ 9] ; 7. obligation de briser ses idoles pour le païen qui se convertit [§ 10] ; 8. Claude fait venir Asterius [§ 11], comme Dioclétien fait venir Nicostrate ; 9. insistance sur la spontanéité du sacrifice des martyrs [§§ 12, 13] ; 10. idée qu'il faut rendre à Dieu la richesse qu'il nous a prêtée pour un temps : facultatem nostram dedimus ei qui hanc nobis ad tempus paucum dederat [§ 16]..

Les gestes de Maris sont donc parents des gestes de Censurinus (et leur sont, sans doute, antérieurs), et la légende de

* 19 janvier. — G. M. R. i, 229, 231-232.

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