‹ Étude sur les Gesta martyrum romains (volume 3)Chapitre 62 sur 143 · TEXTE GREC · texte numérisé non relu

TEXTE GREC

peut-être même n'a-t-il utilisé que les vers du Péri Stephanon. Mais on ne saurait dire à quelle date remonte cet écrit.

L'autre version * semble être un résumé fait sur le modèle d'actes courts et authentiques. On n'y trouve rien sur la noblesse de Vincent, ni sur l'embarras de parole de Valère, ni sur le gril ; on y voit le diacre reprochant à l'evêque sa timidité. Le texte est donc à la fois parent de la version Vaticane et de la version de Paris, mais plus près de celle-ci que de celle-là.

On connaît enfin une version grecque de la légende *. Elle se rapproche également du texte de Paris : par la présence l'un court prologue inspiré du prologue probabile satis 3, par l'absence des deux passages qui dénoncent une époque augustinienne, par l'absence encore de tous les détails qui soulignent la noblesse de Vincent. — Mais elle ne suit pas servilement le texte de Paris : elle en retranche, par exemple, le supplice de l'arbre, et elle y ajoute, sans parler de nombreux développements purement verbaux, d'abord que le sacrilège Dacianus est un grec [§ 1], ensuite que Vincent est supplicié sur une croix, enfin qu'il est mort au mois de novembre [§ 22]. Ce dernier détail n'est sans doute que la notation de la fête de saint Vincent au jour où on la célèbre dans le monde byzantin 4. Le premier est beaucoup plus intéressant parce qu'il démontre que l'auteur du texte grec n'était pas un grec, 'eXXtjv ; qui sait si ce n'est pas dans un des monastères

1 Analectati (1882), 260. «la Christi Domine iacipit paasio b. lévite et martyrie Vincentii. »

' 'Ixotvov xatî xoûto 8oxip.TJç ?(f> a Probabile satis est ad gloriam

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* Noter pourtant que le Synaxaire de Constantinople donne un résumé de la légende à la date du 22 janvier fDelehaye, 414]. — Il est probable que cette fête de janvier est relativement récente, et que l'anniversaire du mois de novembre s'explique par l'association du culte de Vincent à uu culte grec : le il novembre, le Synaxaire d« Constantinople donne Mennas, Victor et Bixivtiov [col. 211] : Vincent est arrêté tv Aù^oucrcî^ ttî itôXei et décapité.

byzantins de Rome ou deCalabre, qu'il faut le chercher ?Ma*** d'où vient l'épisode de la croix? « La folie emporte Dacien : il ordonne qu'on plante immédiatement une croix, qu'on y attache Vincent, qu'on l'y torture. Les bourreaux, ministres du diable, obéissent avec rapidité ; mais, lorsqu'ils font descendre le saint, voici que, poussé par l'Esprit-Saint, celui-ci se dégage de ses liens, court à la croix et y remonte *. » L'auteur veut insister avec une force particulière sur la spontanéité du martyre de Vincent. On s'expliquerait cette insistance si Ton admettait que la version grecque repose sur un remaniement de notre texte de Paris, opéré lors des controverses catholicomanichéennes touchant la fuite d'après les actes d'André.

Les huit versions à nous connues [Prudence, Augustin ; — Huinart, Rome, Paris ; — sermon espagnol, résumé, adaptation grecque] sont vraisemblablement antérieures à Fan 542 : en 542 saint Vincent opéra un miracle * qui eut le plus grand retentissement ; nos versions l'ignorent toutes. Comme Childebert et Clotaire, cette année-là, assiégeaient Saragosse, les habitants promenèrent autour des murailles la tunique du martyr de la victoire ; par crainte de le mécontenter, Ghildebert leva le siège, et, revenu à Paris, lui consacra une église (aujourd'hui Saint-Germain-des-Prés 3). Une pièce de vers d'Eugène 111 \ une prière du Missel Mozarabe 5 — qui, sans

* Voici le texte \P. G. 114., 745. C-D], Kat ô Aaxtavo< ôitepÇéaaç xaûç \x.<t- *£ai; eùôiax; 7tpo<rcaxxEt axaopôv xataira^vat, xat exeï irpo<nr)Xu>8Évxa àvixtqxî xaxajjtéXo<; aîxîÇeaBat. Kai or; xà 7rpo<Jxxaxx6|AEva 裻xeXoùv ot xou 8iaêôXou 6-jnrjpéxai... oè aùv 7roXXq> xy xdtyei xax^veYxav aôxov auo xoû £oXou. '12ç 8è xâ)v 8ea|i.â)v ffTteXoôr) xat earxï] eut xoù èSàcpooç 6 àvtoç, èvep-^eta xoû 'Ayio'-> IlvE'Juaxoç èxxtvx£a<; sauxov ex xwv 8r)(xitov,xat upotJTnrjSïjaaç Kcî **v axa'jpov opo|jL*{>, (3ouXo|aevo<; xifjuopïJaacrOat xov è^Opôv, ouxa> xaxà xtôv xipioptôv èiTtjji£{jLtpexat è7TEYeipojjLÉvtov xat È7rix6tv6vxu>v auxtj!) xà Setvà...

Je néglige l'abrégé d'Adon, P. L. [123-219] et les passions métriques du Codex Parisinus, 16699 |B. H. L., 8642J, du Ms. de Douai [Analecta, xx (1901), 424] et de Hildebert du Mau» [P~. Z,., 171, 1301].

2 H. F., m, 29. — P. L., 71, 263. — Childebertus rex iu Hispauiam abiit, quam ingressus cuiu Chlautachario Caesaraugustanam civilateui... obsideut. At illi in tanla huinilitate ad Deum conversi sunt ut... cuiu tuuica b. Vincentii martyris muroa civitatis circuirent... (Rusticus a Francis deprehensus) ait : Tunicam b. Vincentii déportant et cum ipsa ut eis Dominus oiisereatur exorant. Quod illi timentes se ab ea civitate removerunt.

s Tillemont, xv, 226.

* P. L., 85, 678, note.

5 P. L., 85, 678 — Certains passages du Missel Mozarabe semblent se rap-

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