SAINT V1TUS
trouve un écho des controverses catholico- manichéennes touchant la fuite *. — Ce long sermon est certainement postérieur aux deux textes courts : mais on n'en saurait dire la date exacte *.
En résumé, la version bollandiste est sans doute un texte récrit au début du vie siècle, sur la version de Mombritius : on vise à conformer la légende d'Alexandre aux préoccupations des cercles théologiques de ce temps, — et aussi, à rattacher à Milan un saint de Bergame.
On ne peut, comme de coutume, rien dire de l'histoire réelle du saint. Il se peut que son martyre se rattache à l'épuration militaire commencée dans les provinces de Galère et poursuivie dans les provinces d'Hercule 3. Le férial hiéronymien l'ignore ; le calendrier populaire, d'accord avec les gestes, le fixe, en l'isolant, à Bergame, 26 août *. Authari lui consacre une église à Fara (près de l'Adda), en 585 s.
C'est en Lucanie que nous promène la légende de saint VitUS| mais elle nous conduit bientôt à Rome et nous ramène à la môme époque et dans les mêmes cercles qu'Alexandre de Bergame,
V Ecriture Sainte nous invite à admirer la grandeur et la mansuétude de Dieu, lorsqu'elle nous dit : Dieu a opéré des
« Id. 55 7-10. Récits des fuites des saints ; « nosmet sacrifîcium laudis sibi offerentes ». — Le R. P. Savio estime (loco citato) que le texte cyclique est antérieur au texte bollandiste, il oublie de rien dire du texte de Mombritius. Les faits que j'ai résumés ci-dessus m'empêchent de me rallier à ce système.
* Peut être date-t-il des environs de 800, comme le vent Savio; peut Stre remonte-t-il à l'époque lombarde, comme nous invite a le croire l'histoire littéraire des saiuts Faustin et Jovite.
3 Allard ; Histoire des persécutions, iv, 132, n. 2 et v, 3.V.).
* VII, Kal. sept. Hergainis, Alexaudri. V, £... 123, t<>7 |(W. » D'après Lu pi : Cod. diplo/nattcus Bergomensis i, 169, cité par Savi.
Analecta, xxi, 33.
lit :
L HAGIOGRAPHIE AUGUSTlNltfNNG
choses admirables dans les plus petits. Témoin Vitus, dont nous célébrons aujourd'hui l'anniversaire : prévenu par la grdce du Christ, il devient digne du ciel. — Le bienheureux Vitus naquit dans la province de Lucanie d'une noble famille sénatoriale : avec C aide du Seigneur, il put atteindre la couronne du martyre à l'âge de sept ans, pendant le règne des tyrans Dioctétien et Maximien ; Modestus et Crescentia qui l'ont nourri cueillent la palme avec lui. Vitus opère beaucoup de miracles par la grâce de l' Esprit-Saint ; il vénère sincèrement Dieu, prie nuit et jour, convertit les âmes possédées du démon, fait de larges aumônes, porte un cilice ; il prie le Christ en disant : « Seigneur Jésus-Christ, agis avec ton serviteur selon ta miséricorde, ne me sépare pas de l'assemblée de tes saints, communique-moi les mérites de ceux dont tu as voulu que je partage la foi. *> — Son père Bylas est un impie qui le menace, sans V effrayer ; rassuré par une voix céleste et rempli de la grâce de l'Esprit-Saint, le bienheureux enfant lui répond qu'il ne connaît que le Dieu unique dont l'Esprit était au début porté sur les eaux et qui a dit : « Que la lumière soit... » Hylas le fait battre sur la nuque, lui demande d'où il tient tout cela, lui dit que, si les empereurs viennent à l'apprendre, il peut mourir ; puis Hylas recourt à Modestus (papatem Viti). Mais voici qu apparaît l'ange donné comme gardien par Dieu à l'enfant afin qu'il le garde tous les jours de sa vie jusqu'à son martyre: et l'ange apprend à Vitus que le Christ lui accordera tout ce qu!il lui demandera. — Hylas pleure son fils : c'est son unique enfant. En vain il lui vante les dieux invaincus Jupiter et Hercule, Junon, Minerve et Apollon ; Vitus proclame la toute-puissance du Dieu un dans sa trinité, le Père Inengendré, le Fils Unique engendré, V Esprit-Saint procédant de Vun et Vautre; il proclame le Fils qui, comme le dit V Apôtre, bien qu'il fût dans la forme de Dieu, s'est anéanti lui-même et a pris la forme d'un esclave et nous a rachetés de son sang, Jésus-Christ médiateur entre Dieu et l'homme, agneau de Dieu qui efface les péchés du monde. Comme il exhorte son père à croire en Lui, Hylas lui objecte que Ponce Pilote a mis Jésus en croix ; Vitus répond que c'est ce supplice qui est la rédemption de nos péchés.
Alors, tandis que Vitus continue d'opérer ses miracles, le préfet Valèrien, mis au courant, arrête Hylas et se fait pré"