UNE VILLA IMPÉRIALE
IV® siècle par Symmaque * et par le Code Théodosien ^ ? — Il serait sans doute téméraire de l'affirmer. Des fouilles systématiques n'ont pas été entreprises de ce côté ; les inscriptions ne nous sont d'aucun secours. Il faut se résoudre à ignorer. Et peut-être, au temps où l'on rédigeait le Liber Pontifîcalis^ aux environs de Tan 515, les deux Laurente n'étaient-elles plus distinguées l'une de l'autre : n'étaient-elles pas voisines, et ne portaient-elles pas en partie le môme nom ?
La villa impériale, dont parle Hérodien^ est-elle la racine locale de la légende? Le fait est vraisemblable. Cette villa semble avoir été fort importante : on a conservé l'inscription funéraire d'un procurator Laurento ad elephantos ^ ; ce qui parait indiquer qu'il n'y avait pas seulement ici un simple rendez-vous de chasse. Qui sait même si les terres données par Constantin aux deux basiliques romaines n'ont pas été prises sur ces domaines? Quoi qu'il en soit de ce dernier point, le séjour de Néron à Laurente que suppose le rédacteur anonyme s'explique sans difficulté, si l'on admet qu'il connaît la villa où Commode alla passer les chaleurs ; et de même, ce qu'on nous dit de l'autel de Diane et des thermes s'entend fort bien, si l'on se souvient du frais domaine dont parle l'historien grec.
Si telle est l'attache locale de la légende, à quelle époque convient-il de placer le texte? — Dès le vi® siècle, Laurente semble disparaître. Je remarque, d'autre part, que le terme civitas Laurentum est commun au Liber Pontificalis et aux gestes : c'est peut-être que ceux-ci sont à peu près contemporains de celui-là. — Ils racontent, encore, qu'une révolte populaire oblige Néron à demeurer à Laurente : ce détail n'a pu être imaginé qu'à une époque assez tardive ; et la dispari-
* I, 71, 65. Il recommande un certain a Ceecilianum... defensorem Lauren tium Lavinatium uirum booestum ».
2 Loi de 385, viii, 5, 46... « aut ad societatem consortiumque Laurentium... »