‹ Étude sur les Gesta martyrum romains (volume 4)Chapitre 13 sur 108 · C. L L., VI · texte numérisé non relu

C. L L., VI

TI. GLAVDIO. SPEGLATORI

AVG. LIB. PROCVRATOU

FORMIS. FVNDIS. GAIETE

PROGVRATOR. LAVRENTO. AD

ELEPHANTOS

CORNELIA. BELLIGA. GONIVGI

tion probable de Laurente au vi° siècle ne permet pas de reculer après ce temps une légende qui en célèbre le saint local. — « De quelle nation es-tu », demande lledestus à Ghristes : le terme (qua natione) semble dénoncer une époque où des Romains et des Barbares vivent côte à côte. — Les détails touchant la virgo Christi^ la rnissa et les musx s'expliquent sans peine si l'on admet la date que nous proposons.

Je remarque, enfin, que les gestes d'iledestus rappellent parfois les gestes d'Alexandre de Baccano. L'une et Tautre légendes sont attachées à un grand domaine impérial, qui semble voisin d'une terre possédée par une basilique romaine. — L'une raconte une révolte populaire qui retient l'empereur à Laurente ; l'autre montre que le peuple de Baccano est sur le point de se révolter* contre l'envoyé de l'empereur qui veut arrêter l'évêque. — Au rebours de ce que l'on voit dans la grande masse des traditions romaines, qui prêchent violemment l'ascétisme, les gestes nous présentent deux prêtres mariés, ici Priscus, l'époux de Thermantia, là Crescentianus, dont la femme est la propre sœur du martyr Alexandre. — L'une et l'autre légendes présentent une date consulaire exacte : on a parlé plus haut de celle qu'on lit dans les gestes d'Alexandre ; et voici que les gestes d'Hedestus, après avoir donné l'anniversaire de sa mort suh die IV id. oct., ajoutent Nerone quartum consule et Cornelio, Or, en l'an 60, pendant les six premiers mois, les consuls sont Nero Claudiiis divi Claudi f. Cœsar Augustus germanicus IV et Cossus Cornélius Cossi f. Lentulus, Cette date n'est certainement pas la date de la mort d'Hedestus. Qui sait si ce n'est pas celle de la dédicace d'un édifice quelconque de la villa impériale, qui aurait été encore debout aux environs de l'an 500 ? Les villas fameuses d'Anzio et de Subiaco remontent, elles aussi, peut-être, à Néron.

Il est donc permis de penser, jusqu'à plus ample informé, que le rédacteur du texte doit être cherché dans le clergé d'une de ces églises romaines qui possédait des terres sur la voie Laurentine : plutôt que par une influence proprement littéraire, les points de contact qu'on a notés entre Alexandre et lledestus s'expliquent sans doute par l'identité de milieu. On peut, sans difficulté, reculer jusqu'au temps de Vigile la rédaction de notre texte. — Et l'on s'explique, de cette ma-

* Cf. Pierre MarceUin, supra, p.. 7 Comme dans Clément, un païen (ici B'iorus, là Sisianius) surprend ici les mystères chrétiens.

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