AGAPET DE PRENESTE
nière, qu'il s*y rencontre un terme (philosophï) et un personnage (Thimotheus presbyter) qu'on retrouve dans les gestes des Quatre Couronnés * et dans les gestes de Secundianus *. Et Ton s'explique, enfin, l'originalité de la légende : ni par le style, ni par les idées, la légende d'Hedestus ne rappelle exactement la plupart des gestes romains : il semble qu'un peu de mystère l'enveloppe, et qu'avec le mystère un peu de poésie la pénètre.
Sous Aniiochus le paierie il y avait un enfant nommé, Agapet, craignant Dieu. Il renonce à tous ses biens, il étudie infatigablement la doctrine du Christ^ il s'offre en holocauste à Dieu, et dit à l'homme de Dieu Porphyrius : « Par ta couronne (de sainteté), je fen supplie^ laissons voir ce que nous sommes, des soldats du Christ ; offrons-nous spontanément et reprochons au roi païen de rechercher, pour les maltraiter, les d'sciples du Christ. » Conduit devant le 7'oi qui lui rappelle ironiquement son imprudent bavardage, il ne se laisse ni effrayer ni séduire ; il se déclare chrétien et noble ; il ajoute qu'il a étudié le droit au forum, puis que ses parents Vont donné, dans un monastère, oii il a appris la vérité. Et il refuse de sacrifier à Jupiter invaincu, et il montre au roi que cest le diable qu'il a pour père. — La sagesse de cet enfant, qui Via pas quinze ans, étonne le roi, et aussi son courage dans les supplices. Lorsqu'on le ramène en prison, il résiste au corniculaire Attale, un apostat, qui essaye de le fléchir ; il raille les idoles muettes et sourdes. Il déploie la même fermeté
* G. M. R., 1, 158. Comparer encore comment on cherche, ici un prêtre, là un évêque ; comment on invoque, ici et là, afin d'obtenir communication d'un secret, les longues années de service, ou d'amitié [Simplicius et Glaudius]. Les prêtres mariés sont inspirés peut-être par Irénée. Cf. G. M. R. ii, 241-243.
> Cf. infra.
' B. H. L., 125. a Sub rege Antiocho pagano... » [Mombritius, i, 14].
devant le praeses, bieti que des charbons ardents soient placés sur sa tète et quon le suspende ensuite, la tète en bas, dans une épaisse fumée. Le corniculaire Anastase qui va le voir le quatrième jour le trouve vivant : le saint se promène sur les nuages de la fumée, et chante : « Je ne mourrai pas, m.ais je vivrai. » J'Jclairé par ce prodige, Anastase confesse devant le praeses qiiil n'y a pas d'autre Dieu que le Dieji d'Agapet ; et le martyr, joyeux, lève au ciel les yeux et les mains et remercie Dieu Sauveur, Fils Unique, Dieu de Dieu, Dévoré de rage, le prseses déchire ses vêtements et interpelle les dieux trop patients. Mais Agapet continue de lui dire la grandeur de Celui que servent les anges et les archanges ; lorsqu'on le remplit d^eau boiiillante, il en admire la fraîcheur et raille ses bourreaux : « Pour patron, dit'il, j'ai Dieu, qui me conforte. » Comme le prseses veut voir ce Dieu, et donc tente Dieu, il tombe de son siège et meurt, après avoir confessé le protecteur d' Agapet. L empereur, auquel les ministri apportent la nouvelle, ordonne que le saint soit livré aux lions. On le conduit à Frénésie, on prépare V amphithéâtre ; mais les lions le saluent avec respect tandis quil continue d"* exhorter le peuple à croire au Père, au Fils, à f Esprit-Saint. Alors il est mené aux deux colonnes, contra ciuitaiem ; il s'agenouille et est décapité, le XV des kalendes de septembre. Son corps est enterré, la nuit, par des chrétiens, à un mille de la cité, dans un sarcophage neuf: « Dieu, disent-ils, a élu ce martyr pour faire bénir son nom (au pays) où florissait la religion des païens » . [En effet), beaucoup d'entre eux croient en Dieu par le serviteur de Dieu Agapet, et par le Christ Noire-Seigneur qui vit et règne avec Dieu le Père et avec l Esprii-Sahit dans les siècles des siècles. Amen,
Saint Agapet, protecteur de Préneste, est attesté par des documents très sûrs. Le férial hiéronymien place sa fête, de même que les gestes, au 15 des kalendes de septembre (18 août) \ Une inscription du iv° ou du v^ siècle, trouvée près de Palestrina, aile Quadrelle, témoigne du culte qui lui était alors rendu, et de l'existence d'une église à lui consa-
1 F. H., p. 107. E : xv.K., sep in penestre nt agapiti, — B : XU KL. SEPT. IN CIUIT. FINIS trina miliario xxxiii Agapiti.