‹ Étude sur les Gesta martyrum romains (volume 4)Chapitre 15 sur 108 · CINQ VERSIONS DE LA LEGENDE · texte numérisé non relu

CINQ VERSIONS DE LA LEGENDE

crée *. Le Liber Pontificalis, enfin, raconte que Félix III [483- 492] lui éleva une basilique, à Rome, tout près de saint Laurent 2.

C'est de ce saint de Préneste que les gestes prétendent raconter riiistoire. Ils ont été souvent remaniés et modifiés.

Le texte [Aj, qui a été résumé plus haut, est celui que présentent le Codex Vindobonensis et Mombriiius.

Un manuscrit du Mont-Cassin supprime Anastase et ajoute à ce que nous savons un voyage en Ligurie du roi Antiochus qui confie le martyr au préfet Amas; Attale se convertit, c'était un ancien apostat ^ ; Agapet est ramené et tué à Préneste [B|.

Une troisième version suit B, mais fait d'Antiochus un préfet subordonné à l'empereur Aurélien : après avoir tor-

' C. I. L., XIV, 3415 [p. 348). — Mafucchi [Guida archeologica delVantica Prenesta (1885), p. 150] a proposé ces restitutions.

(Hœc domus Placid) lANNORVM. NVNGVPABIïVR

(Martyris introitus eccle) SI^QVE ATRIA. SANGTI

(luslitise sedes, fidei domus) AVLA PVDORIS (Cf. Gruter, 1163, 6)

RESSVS. LETABÏLI. TVMVLO. METAS

IMVS. INTERIORI. DEFESSI. PARENTES SANCTVS. EPISGOPVSQ. IVGVNDVS EPS. OBEVNTIA. FVNEBRI. PERAGTA AT. INSONTI. LVX ALMA. QYJE. CELSA RE SI NOS ATQVE INTIMA. TVTVM EM. PLACIDVM COMPONITVR GVR^ TVM HABEAS. AGAPITË SANGTE. ROGAMVS

(Hiac ven) (Et clerus).

(Et cuncta (pi) (Rogat ac luce) (Quera tradimus) (Dulci per fratr) (Huoc accep)

(Sic pu)

ERVM PLAGIDIANVM MERENTER. VERSIBVS. DIXI.

' L. P., 1, 252. — Cf. Itin. Salzbourg : « Postea ascendes ad ecclesiam s. Agapiti martyris ; Epitome : « Juxta viam tiburtinam ecclesia est s. Agapiti inultum honorabilis martyrum corporibus ; Notitia : « Iq altéra parte viec illius est ecclesia Agapiti martyris [de Rossi : R. S., i, 178-179. — L. P., i, 253 6]. Il y avait encore un monastère consacré à Agapet, à Rome ; il est attesté vers 800 [L. P., ii, 12]. — Sur Agapef, cf., indépendamment de l'article de Delehaye cité plus bas, Tillemont, iv, 350, Baillet, ii, 18 août, p. xvi et 18 mai, p. XIX, Allard, m, 25, et Delebaye : {'Hagiographie de Salone [Analecia, XXIII, 1904, 6, sq.].

' 18 août, 532. — Delehaye : S. Anastase martyr de Salo7ie [AnalectOy xvi, 1897, 490]. Un prologue montre que, comme l'Italie est à la tête des provinces, ainsi les saints d'Italie sont à la tête des saints. On rappelle que Préneste Valerix interiacet provinciœ. Agapet veut se livrer. Antiochus... tyrannico more nomen sibi regium usurpahat\^?>\. On met l'accent sur les richesses d'Agapet. Le paragraphe 12 est un curieux écho des controverpes qui ont donné naissance à la Ciiè de Dieu et au De gubernatione Dei : Trogue Pompée y est nommé; on démontre que le Christianisme favorise la prospérité des états. Au § 16, on trouve des traita augustiniens [(De us) ante constitutionem mundi elegit discipulûs] et une profeasion explicite de la procession ab utroque.

24 TRADITIONS DE LA. CAMPAGNK ROMAINK

turé Agapct, Antiochus tombe de son tribunal et meurt * [C].

Une (juatrièinc version, qui a éUi utilisée par Adon -, conserve Aurolien et Antiochus, mais remplace Attale par Anastase (de Saloni)) [l)J.

C'est enfin une cinquième version de ces mc^mes f^^esles que présente la légende de saint Venant de Camerino ' : le seul changement notable que l'on constate, c'est que, ici, Agapet s'appelle Venant et l^réneste Camerino. J'ajoute qu'Anastase est juxtaposé à Attale, celui-ci étant prœconiarius, celui-là demeurant cornicularius ^ se convertissant et devenant à son tour martyr [E].

// est évident que A, D, E^ sont parents entre eux parce qu'ils s'intéressent tous à Anastase et qu'ils s'y intéressent seuls. Nos cinq versions se répartissent donc en deux classes.

[1 est très vraisembable que les trois textes de la seconde famille [A, D, E] ne sont pas sans rapport avec le fait qui a popularisé en Italie Anastase de Salone *. Le pape Jean IV [640-642], qui était dalmate, voulut sauver des invasions les reliques les plus vénérées de son pays ; il les fit transporter à Rome ^ et les déposa dans une petite chapelle, près du baptistère du Latran ; les principales mosaïques dont il orna la chapelle existent encore. Or, parmi les saints dalmates ir»r3ortés à Rome, je relève un saint Venant et un saint Anastase -, et je remarque encore que le père du pape Jean IV s'appelle Venant. — Je suppose que cette translation mémorable attira l'attention des milieux romains sur Venant, sur Anas-

1 18 août, 537.

2 18, 20 et 21 août, P. i., 123, 333-334. Plus un mot précis sur la spontanéité du martyre d'Agapet. — Flodoard [vi, 3, P. L,, 135, 691] paraît dépendre d'Adon.

3 18 mai, 138. — Le rôle de l'ange est plus développé. Le § 5 mentionne une Via Lata « quae ducit ad civitatem conlra Orientem ». La fin de la légende semble originale ; Venant convertit les ministri qui s'épuisent à le torturer ; et, dirigés par Leontius et Euprepius, ceux-ci chassent Antiochus de son trône, se font ordonner par le pape Jean, proscrivent le Paganisme et organisent des églises.

'* Sur Anastase le foulon, martyr de Salone, avec lequel il faut identifier Anastase le corniculaire, cf. Delehaye : S. Anastase martyr de Salone \Analecta, XVI (1897), 488].

6 L. P., I, 330. « loannes, natione dalmata, ex pâtre Venantio... Eodem tempore, fecit ecclesiam beatls martyribus Venantio, Anastasio, Mauro et aliorum multorum... Cf. de Rossi : Inscr. Chr. Urbis. Uomx^ u, 148.

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