ANTHIME
guérir ; et voici des hommes qui ne demandent rien et répondent de tout, ce // est bien sot, conclut Faltonianus Pinianus, celui qui ne croit pas au Dieu qui sauve un désespéré. » — Entrés dans la chambre où Pinianus est étendu, à demi-mort^ Anthime et Sisinnius constatent quil est tout prêt à croire ; ils lui disent que croire : le Dieu unique, créateur ; les trois Personnes ; la chute de V homme et r incarnation du Verbe., les miracles, la résurrection et l'ascension de Jésus ; et ils lé baptisent au nom de Jésus. Puis, Anthime et Sisinnius se mettent en prières ; une clarté céleste apparaît qui dure une demi-heure, et Pinianus se lève, guéri. Il appelle les confesseurs prisonniers : après avoir été instruite pendant sept jours, Lucine est baptisée ainsi que les esclaves de sa maison et sa descendance.
Depuis ce moment, Piniamis rappelle les chrétiens qui sont dans les mines, dans les ergastules et dans les prisons ; il leur lave les pieds, selon la doctrine d' Anthime et de Sisinnius, il leur baise les mains, il leur fournit des voitures afin qu'ils rentrent chez eux. Puis il va à Rome avec plusieurs chrétiens; il les répartit dans ses propriétés du Picenum, qui sont proches d'Osimo ; il donne une terre à Sisinnius, à Diocletianus, à Florentius qui y vivent en paix, avec d'autres, durant trois années. Mais une idole qui parlait tous les trois ans ordonne à ses adorateurs de les contraindre à sacrifier : sinon, elle ne parlera plus. Les saints le fusent, sont lapidés; et leurs bienfaits durent jusqu à ce jour.
Anthime se cachait sur la voie Salaria, au 33" mille, aux alentours des propriétés de Pinianus. Un jour^ comme des paysans (rustici) sacrifiaient à Silvain, le président de la fête (auctor sacrificantium) est saisi par le diable, et massacre tous ceux qicil rencontre; mais Anthime court à lui, V enchaîne dans des liens spirituels, le guérit^ le convertit, et brûle le bois sacré de Silvain. — Le proconsul Priscus, qui V apprend, le fait jeter dans le Tibre, une pierre au cou ; et, quand un ange le retire du fleuve, le ramène à son oratoire sous les yeux des Gentils (gentilos) qui, émerveillés, se convertissent, le consulaire Priscus le torture trois jours et le fait décapiter. On Vensevelit à son oratoire ; ses prières y font du bien aux hommes pour la louange de Notre Seigneur Jésus-Christ, à qui soient honneur et gloire dans les siècles des siècles. Maximus, ami inséparable (amicus individuus) d' Anthime^
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prend sa place dans le pays ; les ennemis de la foi chrétienne r annoncent à Priscus qui lui reproche de détourner les pro^ vinciaicx (provinciales) du culte des dieux et le fait décapiter iwie Salaria^ au fJ(f mille, à rendrait où il avait coutume de prier. On célèbre son anniversaire le 14- des kalendes de novembre^ Nôtre-Seigneur Jésus-Christ régnant dans les siècles des siècles. Amen.
Mais Bassus exhorte le peuple à la place de Maximus ; on se réunit au marché qui est à l'endroit appelé Forum Novum, où l'on sacrifiait à Liber Pater et à Cérès. Bassus refuse de sa' crifier, il fait tomber les idoles en soufflant sur elles ; on le livre, aux trois ([uarts assommé, au consularis Fabius, qui le fait décapiter. — Tous ces martyrs, Anthime, Maximus, Bassus et Fabius ont été ensevelis où ils priaient, le long de la voie Salaria qui conduit au Picenum, tandis que Sisinnius, Diocletianus et Florentius sont ensevelis au même endroit, où ils ont été lapidés, près de la ville d'Osimo qui est placée sur une hauteur : elle bénéficie de leur intercession et de leurs mérites *.
Après avoir fait beaucoup de bien et donné beaucoup de terres aux églises, Pinianus mourut et sa veuve, Lucina, vécut en toute sainteté et chasteté. Elle jeûnait trois jours. Mais saint Sébastien, martyr du Seigneur, lui apparut, lui révéla Vendrait où son corps avait été placé par des sacrilèges, lui dit de prendre un peu de vin^ selon le précepte de r Apôtre, et de se contenter de jeûner un jour. « Comme les prêtres fuient la persécution et se cachent, et ne peuvent célébrer les offices (facientibus missas) ni te réconforter par la bénédiction [qui les termine), accepte au nom du Christ la noix que Rapportera une coiiieille, et puis, mange comme tu as coutume. y> — ce Pourquoi une noix, demande Lucine? » — ((.Parce que^ dit saint Sébastien^ (cest du moins ce qu'elle assure), les deux Testaments enveloppait les quatre Evangiles sous une [double) coque d' amertume (?) — Bacontons maintenant ce miracle. Chaque dimanche, chaque anniversaire de martyr, ou chaque fête, vers la cinquième heure, la corneille apportait une noix d une grosseur et d^une saveur merveilleuses ; les autres jours, elle venait à none. C'est à ce moment quune vierge, Béatrice, la sœur de Simplicius et de Faustinus qui ont été décapités le
1 C'est ici que finit le texte court, A.