‹ Étude sur les Gesta martyrum romains (volume 4)Chapitre 25 sur 108 · ANTHIME ET SÉBASTIEN · texte numérisé non relu

ANTHIME ET SÉBASTIEN

bastien leur fait ôter leurs chaînes ; 6. Ici et là les prêtres chrétiens se cachent; 7. La crainte de la persécution pousse à fuir Lucine (dans Anthimé) et Chrornatius ; 8. Comme Pinianus a des terres dans le Picenum, Chrornatius a des propriétés en Campanie ; 9. Grandes richesses de Lucine et de Sébastien;

10. Allusion à la paix de l'Eglise ; H. Les chrétiens guérissent gratis; 12. Anthime et Chrornatius recueillent les chrétiens pendant la persécution ; 13. Sisinnius, Florentius et Diocletianus sont lapidés aussi bien que Tranquillinus ; 14. Anthime est jeté au Tibre, comme le cadavre de Tranquillinus ; 15. Rôle des anges, ici et là; 16. On insiste sur l'unité de la Trinité [doxologie de Sébastien; discours à'Ant]iime\ ; 17. Exposé de l'économie de l'Incarnation ; 18. Clarté céleste qui persiste une demi-heure \AntJii7ne\, une heure \Séhastien\ ; 19. Haute noblesse de Lucine \^Anthime\ et de Chromatius [Sébastieri],

On sait que les gestes de saint Sébastien datent sans doute de la seconde moitié du v^ siècle et proviennent du groupe de Salvien et de ses amis. 11 est vraisemblable que la légende iX' Anthime, influencée à la fois par Mélanie et par Sébastien, s'est élaborée à la fin du v^ siècle K

Les gestes d'Anthime nous sont parvenus sous quatre formes dont il est très malaisé de fixer le rapport : derrière nos quatre versions il y a d'autres textes qui nous sont inconnus. Ces quatre versions peuvent être ramenées à deux : l'une courte % qui se borne à conter l'histoire d'Anthime, Maximus, Bassus, Fabius, Sisinnius, Diocletianius et Florentius ; je l'appelle A ; — Fautre longue % qui ajoute au texte précédent l'histoire de Lucine, saint Sébastien, sainte Béatrice et saint Cyriaque ; je l'appelle B. Des deux autres que l'on a signalées, l'une [B.H.L, 563] est un abrégé du texte long '\ la

^ Anthime, comme Sébastien, touche à Shnjolicius. Notre texte des gestes de Simplicius et Viatrix* est assez sec : peut-êlre repose-t-il sur les gestes d'Anthime; peut-être est-ce un résumé de queh^ue légende plus ample qui se sera perdue : il ajoute seulement au passage parallèle d'Anthime que Béatrice a été aidée par Crispus et par Jean.

2 B. H. L., 561 11 mai 616 ou 614. « Sergius Terentianus illustris vir ».

3 B. H. L., 562, 11 mai 618 ou 616.

^ Conservé daus le manuscrit D Philipps 12461 du xii^ siècle \Cat. Bruxelles,

11, 522] et dans le Parisinus 12611, du xii^ 'siècle également [Cat. Paris, m, 154] : c'est la fin de l'appendice, l'histoire de CyriaquC; Artemia, Memmia, Juliana, Persius et Tarpeius qui est omise. B. H. L., 563.

* Sur S. Simplicius, cf. G. M. R., i, 243.

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seconde jlJ.lI.L. 504] est caractérisée par un prologue. On l'examincîra plus tard *.

Le texte long, B, a-t-il complété le texte court, A? Est-ce îiu contraire le texte court qui a abrégé le texte long ? — \/d première hypothèse s'od're d'elle-même à la pensée : au texte court, histoire des martyrs de la voie Salaria, on a ajouté une histoire de Lucine tirée des gestes romains ; ainsi est né le texte long.

Mais ce n'est pas dire que le texte court A soit primitif. 11 présente plusieurs doxologies avant la doxologie finale ; c'est donc qu'il repose sur des gestes antérieurs A', qu'il a fondus ensemble. Et peut-être n'est-il pas impossible de se représenter ce qu'étaient ces gestes primitifs, et quelle a été la portée du premier remaniement. Les gestes primitifs contaient seulement l'histoire des martyrs de la voie Salaria ; laideur du premier remaniement les aura groupés autour d Anthime et mis en rapport avec Lucine pour les tirer de leur obscurité ; quel personnage de l'histoire légendaire plus illustre que cette sainte ? Associer d'obscurs martyrs à l'histoire de Lucine, c'était du coup les sauver de l'oubli et comme garantir leur historicité. Et j'imagine encore qu'une fois ce but atteint, l'auteur du premier remaniement (notre texte court, A) se sera désintéressé de Lucine ; ainsi fait un rédacteur de Censurinus '. Et c'est cet oubli qu'aura voulu réparer un second anonyme, l'auteur de B ; il aura compilé les gestes de Marcel, de Sébastien et de Faustinus Beatrix, afin d'achever la légende. Ainsi est né notre texte long, B. Anthime et Lucine semblent se disputer le premier rôle ; chacun d'eux l'a tour à tour occupé, celui-là, dans le remaniement A, celle-ci dans le remaniement B.

Quelle date assigner, dès lors, à A, à B, à A'?

A et B présentent le même caractère : ils sont également apparentés à des textes de la fin du v^ et à des textes de la première moitié du vi® siècle ; c'est la preuve qu'ils doivent avoir sensiblement môme date et même origine. A rappelle, naturellement, Mélanie et Sébastien ; de même, la précision de sa doctrine théologique nous fait souvenir de Censurinus %

1 Cf. G. M. R., VI.

2 Cf. G. M. R., H, 118-119.

3 Qu'on en juge par ce passage :

« Prsepara pectus tuum ut credas ea quae dixero tibi et dum credideris salvus eris. Dixit ei Pinianus : Ego nisi credidissem toto corde, nou fecissem

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