‹ Étude sur les Gesta martyrum romains (volume 4)Chapitre 28 sur 108 · LES TEXTES PRIMITIFS · texte numérisé non relu

LES TEXTES PRIMITIFS

Le plus simple, je crois, est de dater les deux remaniements A et B du milieu du vi® siècle, d'en chercher les auteurs dans le groupe d'où sont issus Lucie B, Valentin, Alexandre, /7edestusy et d'expliquer par une influence littéraire les rapports qu'offre AntJiime avec les textes antérieurs. Je remarque que Donat — dont on verra la parenté avec les gestes romains, avec Valentin et avec Alexandre — introduit un personnage qui est dénommé Anthimus et critique, aussi nettement qu'yl?2thime^Xdi grande valeur que beaucoup attribuent aux exercices ascétiques.

Il est malaisé d'avancer quelque chose de précis touchant les textes A' que lisaient les rédacteurs de A et de B, et qu'ils ont utilisés. Certains célébraient les saints d'Ombrie, Maximus, Bassus, Florentins, etc. Mais n'y en avait-il pas un autre, célébrant Lucine et les Anicii, et présentant peut-être déjà le caractère d'une version cyclique ? La rédaction de Cantius B, semble dater de la fin du v' siècle et s'inspirer des ambitions de \digens Anicia. Qui sait même si notre texte A n'est pas de ce temps : ses rapports avec Valentin s'expliqueraient par la

très analogues : les nouveaux convertis sont faits catéchumènes sccundum consueiudinem^ ils professent qu'ils croient au Père, au Fils, à l'Esprit-Saiot, et à la résurrection de la chair (trait anti-manichéen) ; le baptême est suivi de la confirmation {uncti chrismate) et de la communion {participati sunt corpus et sanguinem D. N. J. G).

Il est sûr, néanmoins, que Susanne n'est pas du même auteur que Marcel : l'auteur de Susanne écrit d'un style très affecté, insiste curieusement sur les détails de politesse et de protocole, rappelle avec emphase la science et la noblesse de ses héros, appuie sur la rémission des péchés opérée par le baptême et sur le pouvoir qu'a Dieu de sauver tous les hommes [§ 5 et 15|. 11 s'inspire peut-être de Cécile [l'ange qui protège la vierge] et de Jean et Paul [la question du mariage, la mise à mort dans lu maison] ; il s'inspire certainement des gestes de saint Sébastien [mensonges des martyrs à l'enjpereur; Dioclétien, dupé par Serena comme par Nicostrate ; les prisonniers chrétiens relâchés ou bien traités; comparer le « Claudius commentariensis » de Sébastien avec le cousin Claudius de Susanne ; — Marcel ne note pas la renonciation aux pompes de Satan], mais avec précaution [Susanne ne souftle mot des parrains ni des marraines] [Susanne seul applique le terme mediclna au baptême, §§ 9 et 11. On le retrouve à Rome, dans la prière qui accompagne l'imposition du sel ; Duchesne, Culte, 286].

Sébastien, Susanne, Marcel, Anthime, on voit quels rapports unissent ces quatre légendes. L'augustioisme de leurs auteurs ne paraît pas aussi strict que celui que reflète Constantins, — bien que Susanne attribue à Dieu le pouvoir, non la volonté de sauver tous les hommes, [cf. Cassien : Collât. XIII. 7]. Les traditions lériniennes combattaient chez eux les traditions augustiniennes. [J'ajoute que l'ensevelissement de Cyriaque voie d'Ostie, que conte Marcel, dérive sans doute du Cyriaque vénéré ad ostia Tibe^-ina, qu'atteste la légende deCensurinus.réplique de Sébastien, G. M. R.,i,248-249et II. 113-117J.

r)8 TRADITIONS d'oMBRIE

(l(^.pen(lanco de Valenlin à son ('•f^^inl ; AntJiime \ s'int('rosse autant que Coinirinus à une thoolo^^if; oxacto, ot il se dosintoresse aussi subitement du grand personnage qui a été associé au martyr \

1 Censurinus est associé à Chrysè, comme Lucine à Anthime. Censnrinus et Ântfiime ont fortement subi l'influence de Sébastien. Noter la couleur césarienne de la formule dum credideris salviis eris, et combien tout cet exposé doctrinal rappelle le discours théolof,'ique de sainte Cécile.

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