‹ Étude sur les Gesta martyrum romains (volume 4)Chapitre 30 sur 108 · LAURENT DE SPOLÈTE · texte numérisé non relu

LAURENT DE SPOLÈTE

sixième fois et Constantin pour la seconde. Il a fait des prières et (décidé) que, pour devenir cvêque, il fallait être d'ahord portier, puis lecteur, exorciste, suivant — ce qui se dit acolyte — , sous-diacrc, diacre, prêtre, et.,, évéque. C'est pourquoi, fuyant la persécution de Dioclétien...

Le jour de la déposition de saint Laurent confesseur est la veille des nones de février. Ses bienfaits se multiplient jusqu'à ce jour (au lieu où il a été enseveli) : les aveuy les voient, les lépreux sont guéins ; par lui le Seigneur daigne opérer bien des merveilles tandis que vit et règne Notre Seigneur Jésus-Christ, à qui honneur et gloire, louange, empire et puissance éternelle, à lui qui vit et règne avec le Père et C Esprit-Saint dans les siècles des siècles. Amen.

Ce texte étrange où semblent manquer les verbes et abonder les dates paraît être un résumé d'untexte plus ample : sa structure elliptique et dense l'indique ; une phrase inachevée le déclare ouvertement : qui pr opter hoc fugiens persecutionem dioclitiani impcratoris,..

Parmi les dates qui se lisent au début, je relève celle-ci : et a consulato suprascripto usque ad consulem decium minorem anni ce. xlv. C'est évidemment une parenthèse, qui nous reporte au moment où fut rédigé le texte. Le'consulat de Decius Junior, en effet, n'est pas un consulat fictif : en 529,1e consul d'Occident s'appelle Flavius Decius Junior i. D'autre part, le premier consulat de Dioclétien date de 284*; et 529—245 = 284. Le texte complet que représentent nos gestes est donc explicitement daté de 529.

Que vaut leur chronologie? Ce que vaut la chronologie de la notice de Gams, dans le Liber Pontificalis : nos gestes ont copié cette notice, dans la première édition du Liber ^ La date du texte est confirmée. — D'autant que les gestes de*Te-

' Goyau : 633. - Eq 508. je trouve aussi un Decius Marius Basilius Venant.us lumor et, en 534, le dernier des consuls d'Occident est Flavius Decîus Paul.nus lun.or Venantii. Les termes du texte, Decius Junior semblent «expliquer plus aisément s'ils visent le consul de 529; et puis 529^5-284 date de Tavènement et du premier consulat de Dioclétien '

u "i ^■' ;^.^^,*' .* Gains,... Fuit autem temporibus Carini..., usaue in die X Kal. ma.., Dioclet.ano IIII et Constantio II. Ilic constituit u ord ne omnes m ecclesia sic ascenderetur : si quis episcopus mereretur, ut esset ostSs iector, exorcista, sequens, subdiaconus, diaconus, presbit;r et exinde en co' pus ord.naretur Hic fugiens persecutionem Diocletiani... martyr ocoro natur. - Peut-être même le texte primitif de Laurent n'avait-il pas Xs d^am^ i:::Zé:Z:.''''' '' ^^^"^- "^ ^'-P^^^I-alt mieux ainsIrhis^'iTé:

()i TRADITIONS d'oMT'.HIK

reiitianus \ dont lo début insiste avec autant de complaisance sur la chronologie de leur héros, présentent la doxologie in nnllale Sph'ilus Sancli, et nous ramènent également au premier tiers du vi*^ siècle. Je remarque enfin que, en 290, les consuls sont Dioclclianus au«^^ustus VI et Caius Flavius Valerius Constantius (^œsar II ; ce qui, moyennant une correction très aisée \constanlinus-conslanlius\ s'accorde pleinement avec les gestes. En 529, on rédigea donc les gestes d'un saint Laurent de Spolète, qu'on croyait évèque et martyr de cette ville, en copiant la notice de Gains dans le Liber Pontificalis ; l'auteur avait les mêmes préoccupations chronologiques que les vi^AdiCiQxxvs à' Hcdestus, à' Alexandre de Baccano et de Terentianus,\\ s'intéressait à la langue grecque comme l'auteur de Valentin ; il connaissait comme lui les textes lériniens qui visent Carinus et les Anicii. Laurent nous fait souvenir (ÏAnthime.

Les Spolétains jugèrent évidemment que cette histoire était un peu maigre : ils la remanièrent et rembellirent. Laurent fut associé au Syrien Isaac et à son compagnon légendaire Jean Penariensis ; et plus tard, au viii® siècle sans doute, on en lit le fondateur de la célèbre abbaye de Farfa ^ Nous ne nous arrêterons pas sur le dernier avatar du martyr inconnu ; mais on nous permettra d'insister sur la deuxième stade de la légende en voie de développement. Cette étude achèvera d'éclairer ce que l'on peut connaître de Jean et de Laurent de Spolète.

Les Bollandistes ont trouvé, dans un passionnaire de Spolète, un texte dont ils ont publié le début ^ et analysé le reste.

1 1er septembre 112. Cf. infra.

2 Chronique de Grégoire de Câlina, de 1098; Pierre Damien, lettre IX à Nicolas II ; Catalogue des abbées de Farfa |Mabillon : Musâsum Italicum, i, 1, p. 65]. Cf. i^^ juillet, tr. prael. v, p. 25, § 4 et 5 et le récent article de H. Schuster : L'abbaye de Farfa et sa restauration au xi« siècle. [Revue Bénédictine, 1907.17]. — Dans la tradition de Farfa, Laurent a une sœur, Susanne.Ne serait-ce pas un souvenir de sainte Susanne qui est mêlée, comme on sait, à l'histoire de Caius [L. P.,i, 161, et G. M. R., i, 130].

3 Voici la partie qui a été publiée, i^^ juillet, i, tract, prael. p. 26, ch. v., §7].

€ Igitur dominicse Incarnationis anno ccxc, régnante Dioclitiano sacrilego, consulibus vero Caro et Carioo ', cum preedictus Laurentius, claro génère partium Syriee orlus, collecta infinita turba suorura affinium, pro Christi animas ponere per martyrium decreverunt..., et aggressi Italiam, Apostolorum

* Celte date est fausse : les consuls de 290 sont Dioclélien IV et Maximien III. C'est en 283 que Carus et Carinus ont été consuls.

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