INFLUENCE GRECQUE
rôt qu'il témoigne au problème de l'immanence de Jésus au sein de la l'iMnité nous rappelle les polémiques contemporaines d'Hormisdas et la décision de Jean H '. Le texte I), selon toutes les apparences, date du second quart du vi° siècle-.
Les particularités du texte A ne sont pas moins révélatrices : elles attestent l'érudition de son auteur et l'inlluence de la Léi^ende grecque. Hadrien, dit-il, s'appelle Hélios. C'est une évidente transformation du nom yElius, qu'a réellement porté Adrien. — Comme le conte notre texte, Adrien a réellement restauré Jérusalem, qu'il appelle yElla CapitoHna. — Adrien protégea les chrétiens ; il détendit qu'on les poursuivît en raison de leur croyance ; il se fit chrétien lui-même. Ceci est une évidente transformation du souvenir laissé par le rescrit d'Adrien à G. MinuciusFundanus. Les historiens de Vhistoire Auguste ont dû être consultés. J'attire l'attention sur ce passage de Lampride :
Christo ternplum facere voluit {Alexander Severus) eumque inter deos recipere. Quod et Hadrianus cogitasse fertur, qui lempla in omnibus civitatihus sine simulacris jnsserat fiein, quie hodieque idcirco quod non habent numina dicuntw liadriani, quae ille ad hoc parasse dicebatur ; sed prohitntus est ab /lis qui consulcntes sacra reppererant omnes chrisiianos futuros^ si id fecisset, et templa reiiqua deserenda ^.
Je rappelle encore deux curieux passages d'Epiphane : il voit dans certaines églises chrétiennes de son temps d'anciens « Kadrianées » ^ Tout cela témoigne du travail légendaire qu'a suscité la politique tolérante d'Hadrien et qui aboutit à nos gestes. Mais je ne saurais dire si le rédacteur a directement puisé à Lampride, ou s'il dépend d'un texte intermédiaire : d'où vient, en particulier, l'histoire delà conversion d'Adrien? Je ne serais pas surpris qu'on la rencontrât un jour dans un texte grec. Notre auteur s'intéresse aux choses de Grèce.
date assignée par les gestes à la mort de Jean : P. L., 27, 603-606, (anno), 2 (Trajaui), « Joannem aposiolum usque ad Trajani tempora Irenaeus episcopuf» permansisse scribit. »
iG. M. R., I, 313 318, ii, 207-210. C'est le 15 mars 533 et le 25 mars 534 que la formule VUn de la Trinité a élé crucifié a été approuvée par Jusiinien, puis par Jean II [Code, i, 1, 16 ; Mausi, viii, 797, 8031,
- Peut-être D a-t-il subi quelques retouches. Je me demande si, primitivement, Laurentia n'était pas présentée comme la femme d'Exsuperantius ; elle ne se retrouve plus dans A. Pourquoi ?
3 Alex. Sever., 43 [Peter, i, 281].
* Hxres., 30, 12 : 69, 2.
124 TRADITIONS d'oMBRIE
Témoin son jeu de mots sur yElius-IIelios. Et je rappelle que Flaccus sollicite un délai d'une heure au moment de sa mort : trait fréquent dans les légendes grecques. Parmi les textes ombriens, nous en avons déjà rencontré plusieurs qui présentent ce caractère, Viclorin d'Assise^ yEmilianus de Spolèlc, certaines versions des XII Syriens^ j'ajoute Valentin de Terni, Marcianus de Dracciano, etc.. N'est-il pas à croire que A est est un remaniement de D opéré dans la seconde moitié du VI® siècle? Le préfet de la Ville a survécu, on le sait, à l'invasion lombarde, et de même les curies municipales.
Et du même coup j'explique les rapports de Sabmus et de Terentianus. Terentiamis D est peut-être antérieur à Sabiniis : Sabinus aura été modelé sur lui ; ou bien, si Sabinus est contemporain de D, il faut dire que les deux textes ont même auteur ou émanent du même groupe. Quoi de plus semblable, en efîet, que ces deux scènes où l'on voit Tempereur décréter la persécution, à la demande des sénateurs, aux acclamations de la foule ^?
On s'explique sans peine l'origine de B : son auteur a voulu alléger la légende de la conversion d'Adrien ; c'est donc qu'elle paraissait choquante, et qu'il écrivait à une époque de renaissance des lettres. Qui. sait si B ne date pas du temps des Carolingiens? Qui sait s'il n'est pas à peu près contemporain deD?
Je ne dirai rien de G : la description qu'en ont donnée les Bollandistes ne me permet pas de le faire.
Le culte qui supporte le développement légendaire est solidement attesté par le férial hiéronymien ; le férial donne la même date que les gestes.
B. liai. sep... et in tudertina tuscia Terentiani epi. Felicis Donati,
E. Kal. sep.., et in casino constanti aquinia soi prisai terentiani epi ^.
Peut-être un Félix et un Donat ont-ils souffert le martyre en même temps que Terentianus ; peut-être n'ont-ils aucun rapport avec lui. Mais si son histoire authentique est à jamais
i Terentianus rappelle encore, outre Laurent de Spolèle^ Grégoire : 1. Ici et là un païeQ Flaccus ; 2. Mort du persécuteur [Lsetianus, Flaccus] ; 3. Le saint, prie les yeux au ciel ; 4. C'est l'arrivée d'un envoyé impérial qui déchaîne la persécution locale.
'■^ De Rossi-Duchesne, 114.