CASSIEN DE TODI
perdue pour nous, on voit bien que sa légende a pris forme à l'époque gothique et qu'elle a été remaniée à l'époque grégorienne*.
Tu mexhorteSy vénérable Bassien, monphre^ à imiter Athanase et Jérôme et Sévère qui ont raconté la vie de Pauly df An^ toine et de Martin, et à conter à mon tour l'histoire de Cassie7i^ évéque de Véglise de Todi. Bien qu inégal à la tâche je t'obéirai. Donc, comme Dioctétien et Maximien reviennent triomphalement de Numerantia (? Nicomédie) à Bome, AblaviuSy un brave, arrive avec eux à Todi. Il épouse malgré Chromalius, préfet urbain, sa fille, qui lui donne un enfant, Cassien ; celui-ci est élevé par le grand-père dans V étude des arts libéraux ; et sa science est telle quHl guérit les maladies; il est aussi fameux comme avocat. Sur quoi meurt Pancrace, sans enfant : c était le proconsul de Tuscie. Dioctétien et Maximien donnent sa place à Aôlavius, avec Vassentiment de Chromatius. Comme Ablavius arrive à Todi avec V ordre des Augustes de tuer tous les chrétiens qu'il trouvera, on lui
• Je remarque, précisément, qu'à l'époque gothique et à l'époque grégorienne, les Romains devaient être au courant des choses de Todi. L'église romaine de Sainte-Croix possédait des terres sur le territoire de Todi, depuis Constantin \L. P., i, 180J. Les Impériaux reprirent Todi aux Lombards au temps de saint Grégoire, dont un defensor, nommé Julianus, était intimement lié avec l'évêque de Todi, Fortunat [L. P.,f, 312; — Dialogi, i, 10. — P. Z,., 77, 200] : et Grégoire raconte longuement, d'après Julianus, la vie et les miracles de Fortunat. Qui sait si la rédaction de D et de A n'est pas en rapport avec ces deux faits ? [Noter que le pape Martin I était originaire de Todi, L P., I, 336].
Peut-être le premier rédacteur, D, connaissait-il les livres de Gésaire et les textes lériniens : cf. les expressions si vis salvui esse [l^r sept., 115, § 12], « si cognoscere vis » [§ 5, p. 113], « hoc te communeo ut... » [§ 7, p. 113, E], Tinsislance sur la Trinité et l'Unité |cf. le symbole Quicumque]. Noter les mots: diis per quos romana félicitas floret. — Cf. dans A, la formule si credideris salvus^eris. Cf. une formule analogie d^us Anthiiïie, supra, p. 54, note 3 et 58, note 1.
- B. H. L., 1637 [13 août, 27].
apprend que l'êvêque Pontien ophre beaucoup de conversions ; il le fait tirer de la citerne où il se cache et ècorcher de la tète aux pieds, Pontien déclare qu'il est chrétien, et écéque, malgré son indignité. « De quel droit prêches-tu secrètement ta doctrine j et fais-tu adorer un mort? » — « Cest qu'il est ressuscité. » — « Tache d'en faire autant ; car tu vas mourir. » — « C'est ce que fai toujours souhaité. » Mais des légats des empereurs arinvent à ce moment^ qui envoient Ablavius à Fano^ 0(1 il y a beaucoup de chrétiens ; Ablavius part^ et meurt en route, tué par son cheval,
Pontien^ conduit à Rome^ est emprisonné ; mais Cassien Vy vient trouver, — cest lui qui a tout raconté — il est baptisé au nom du Seigneur son Dieu, puis il est fait clerc. Nommé enfin évêque, il revient à Todi oit il organise des réunions publiques et instruit de nombreux scho lares. Et cest alors que Maximien, ayant appris la mort d' Ablavius au pont de Rimini., qu'il déplore ainsi que tout le sénat, confère le proconsulat à Cassien son fils aîné, a Donne à un autre, répond Cassien, le proconsulat ou la préfecture que tu ni* as attribué : j'ai une autre préfecture, et un autre consulat^ je sers sous un autre empereur. » Maximien comprend ce ciue cela signifie ; et il écrit à Chromatius, qui est à Milan comme préfet, la mort de son gendre et la conversion de son petit- fils. Retenu à Milan, où il doit prononcer la peine capitale contre Sébastien, le plus noble enfant de la ville, Chromatius ne peut revenir à Rome ; il y envoie donc son autre petit- fil s Venustianus pour qu'il reçoive le proconsulat de Tuscie et pU' nisse tous les chrétiens qu'il trouvera. Un troisième petit-fils de Chromatius, propre frère de Cassien, Flaccus, est mandé en même temps par Maximien et chargé par lui de faire élever une statue à Jupiter sur les places de toutes les cités. En s^ acquittant de sa tnission, Flaccus apprend qu'un certain Grég oire pervertit le peuple de Spolète; il le fait comparaître, mais, puni par Dieu qui venge ses saints, il meurt aussitôt sur le forum de la ville.
Venus tianus, cependant, aiTivé de Milan à Rome, s'était rendu à Todi pour y recevoir le proconsulat de Tuscie : il se fait présenter Cassien son frère qui, battu sur le dos puis sur le ventre, refuse néanmoins d'adorer Jupiter, précipite Uidole à terre et la brise. Jeté dans l'huile bouillantCy Cassien ne sent rien, et refuse encore d'adorer Jupiter, Mars, Asclepius