DEUX AUTRES VERSIONS DE DOMNINUS
Vrsiis et Victor... non longe... a dicta ponte capita sua in manihus portantes fliimen egressi sunt et ad lociim ubi nunc in honore ipsoruin hasilica fahricata est pervenerunt '...
Les deux miracles sont tout à fait parallèles ^ Le rédacteur de Domninus connaissait, en même temps que Maurice, Ursus et Victor. L'origine du thème est sans doute la fausse interprétation d'une fresque : on y voyait le martyr portant sa tète comme pour Tolfrir à Dieu '\
Mombritius a public une seconde version de Domninus \ Elle utilise et cite expressément le texte remanié de Maurice ^ :
Amandus et Helianus duo factiosi uiri collecta rusticorum manu [excitant) clades perniciosas [in Galliis)... Maximianus..., sociata sibi il la pretiosa Theheorum legione... {in Gallias tendit, Thebei vero, diis sacrificare nolentes., capite plfctuntur)^ ut eorum verissime gloriosa gesta testantur... (k Cernitis^ [dit Mauricius^.., gloriosi milites Christi...; divina sacramenta maiora esse iniperialibus cogitemus.,. — Hactenus, imperalor, fuimus lui ; sed, quod et libère confitemur... nunc servi sumus Christi. . .
La version de Mombritius porte encore la trace de l'époque grecque : le discours de Domninus contient une profession de foi dont l'allure anti-nestorienne est frappante :
Unum Deum [colimus).,,; Deum ex Deo Paire unicum Fi- Hum coomnipotentem^ consubstantialem..., qui... uerum et integrum hominem assumpsit in unitate personne.,, natus sine
* Cf. G. M. R., II. 34 [B. H. L. 8588, 30 septembre, 291].
- Dans le Passionale Bodecense, on lit un sermon sur Ursicinus suivant lequel ce saint aurait porté sa tête dans ses mains au lieu de son tombeau [16 juin, 673).
3 De Smedt : Principes de la critique historique, 188-192. Cf. les légendes de Fuscien d'Amiens [B. H. L. 3224-3229] et de Lucien de Beauvais [B. H. L. 5008-5014]. S. Jean Ghrysostome dit que les martyrs portent leurs têtes coupées en leurs mains et les offrent à Jésus-Christ. « Ou voit par l'exemple de S. Ferreol de Vienne, qu'en enterrant les martyrs, on leur mettait quelquefois la tête entre les bras. » [Tillemont. iv. 712]. Cf. Clermont-Oauneau : Mythologie ico?iographique, 1880, d'après S. Reiuach : Manuel de philologie classique, 1 (1883) 3Ô7, note 3 et V. Bérard : De l'origine des cultes arcadiens, 1894, p. 36-37.
* B. H. L., 2266 [Mombritius, i, 235]. « Tempore quo Dioclicianus sumplo imperio contra auctoritatem senatus ab exercitu romano Augustus creatus est »... — J'appelle ce texte, B.
5 Qf. G. M. R., II, 16, sq.
180 TRADITIONS DE TUSCIE
peccalo in unitale personœ Verbi Dei et vert horninis, qui in assuntpta carne... probra suslinens.
Un troisièmo trait caractérise enlin cette version B : elle se termine par un épilogue qui raconte une double invention des reliques. Une première fois, c'est la forêt qui a recouvert le tombeau et en a fait perdre la trace : les anges en indiquent remplacement au temps de Constantin, le premier empereur chrétien depuis Philippe; on trouve, avec le corps, une inscription portant :