‹ Étude sur les Gesta martyrum romains (volume 4)Chapitre 64 sur 108 · CHAPITRE VllI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VllI

TRADITIONS DE L'ITALIE DU NORD LES SAINTS SECOND, FAUSTIN ET JOVITE, INNOCENTIUS

L'histoire de saint Domninus nous invite à pousser une pointe au nord, en pleine terre lombarde : au cours du vii^ siècle, terre lombarde et terre romaine sont trop intimement mêlées l'une à l'autre pour que le mouvement légendaire reste strictement localisé sur le territoire normal de l'exarchat. De t'ait, au delà de Gènes, point terminus de la Voie Aurélia, dans les plaines de la Cisalpine, on aperçoit des légendes qui ont mômes caractères et môme date que celles dont on s'est occupé jusqu'ici.

Voici d'abord un texte qui relie, si j ose ainsi parler, de concert avec Domninus^ les légendes de l'Italie centrale aux légendes cisalpines.

184 TRADITIONS I)K r/lTALlI-: l)V NOHO

vSecundus Sous Dioclélien et Maximien, les empereurs très impies, il <^e y^°^^- y avait un certain Second, originaire de la province de Théhaïde : sa famille était très noble, mais, par sa foi, il était plus noble encore ; si^ par Vâge, il était jeune, il avait la sagesse d'un vieillard... « Je serai martyr, disait-il, car les apôtres sont les premiers (de V armée céleste), et les « seconds » sont les martyrs ; puis, est-ce c/ue, (en latiii), secundus ne signifie pas heureux ? » De fait, Dioclélien et Maximien apprennent qiiil travaille à convertir les âmes et le ^font venir. — Secundus prend avec lui f) 600 hommes — ce qui s* appelle une légion — et va trouver V empereur. « Tu mourras », lui dit Maximien. Mais, malgré cette menace, il refuse de sacrifier^ ainsi que ses compagnons ; Maurice le primicier les encourage tous ; cest lui qui sera martyrisé à Agaune avec cette sainte légion. Second les encourage de même : a qii est-ce que cette mort d'iminstant en comparaison de la mort éternelle ?» Lorsque certains prêchent l'apostasie, V athlète du Christ réfute leurs lâches conseils : « Le persécuteur peut tuer les corps, il est impuissant sur les âmes. Du reste, il est maintenant trop tard ; nous n échapperons pas à notre sort\ faisons de nécessité vertu ! » Second est, en effet, décapité. Mais voici que, lorsque la tête roule à terre, sa langue continue de louer le Seigneur. Un ange recueille son esprit, Maurice emporte le corps, les chrétiens enterrent les traces de sang dans le champ d'un père de famille, Probus, à un mille du château de César appelé Victimolis par Hamiibal, parce que 15 000 ennemis, d^ abord vainqueurs, y ont été battus par lui. Le corps de Second est porté à Turin (ad urbem Taurinensein) et enterré à côté de la Doire ^iuxta fluvium qui Duria nuncupatur) : ses bienfaits s'y multiplient et les malades y guérissent. Ainsi, autrefois, le cadavre du prophète Elie ressuscitait les morts. Il en est de même dans V oratoire de la Vierge Mère de Dieu, et aussi au tombeau de la très chrétienne et sainte adoratrice de Dieu, Julienne, qui a enseveli les corps de saint Solutor et de ses compagnons. Quel nestldonc pas ton bonheur, cité de Turin, que couvre le patronage de saints si puissants! Second a souffert le 5 des kalendes de septembre, sous Dioctétien et Maximien empereurs, tandis que règne le Seigneur Jésus-

i B.;H. L., 7568 [26 août, 795]. « Sub Diocletiano et Maximiano impiissimis imperatoribus fuit vir quidam nomine Secundus... »

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