‹ Étude sur les Gesta martyrum romains (volume 4)Chapitre 7 sur 108 · TEXTES DE SAINT GREGOIRE · texte numérisé non relu

TEXTES DE SAINT GREGOIRE

être précipité, lorsqu'il est sauvé par un ange, corusci hahitus ; ses membres se réchauffent, il se réveille : et, de peur, il vit saintement.

Quidam llliricianus monachus qui in hac iirbe in monastt-

rio mecum vivebat mihi narrare consuevèrat quia cûm

adhuc in eremo moraretur, agnoverit quod Petrus quidam monachus ex regione or tus Iheriœ, qui in loco vastœ solitudinis cui Evasa nomen est inhœrebat, sicut ipso narrante didicerat, priusquam eremum peteret^... defunctus est : protinus corpori restitutus inferni supplicia atque innumera loca flammarum se vidisse testahatur. Qui etiam quosdam hujus sœculi po tentes in eisdem fiammis suspensos se uidisse narrabat. Qui cum iam ductus esset ut in illas et ipse mergeretur, subito angelum corusci habitus apparuisse fatebatur^ qui eum in igné mer g i prohiber et . Cui etiam dixit: Egredere, et qualiter tibi posthac vivendum sit cautissime attende. Post quam vocem paulatim recalescentibus membris, ab œternœ mortis somno evigilans^ cuncta quœ circa illum fuerant gesta narravit.

De même, un ami de saint Grégoire fait un court voyage aux enfers, au cours d'une mort momentanée, et raconte qu'il a été renvoyé sur terre par le Juge ^ : la Mort s'était trompée.

lllustris vir Stephanus... de semetipso mihi narrare con^ sueverat quia,,, in constantinopolitana urbe.., defunctus est... Qui ductus ad inferni loca^ vidit multa quœ prius audita non credidit. Sed cum prœsidenti illic iudici prœsentatus esset y ab eo receptus non est, ita ut diceret : Non hune deduci, sed Stephanum ferrarium jussi. Qui statim reductus in corpore est et Stephanus ferrarius,.. eadem hora defunctus est.

Est-ce à dire que les gestes dépendent de saint Grégoire et qu'il en faille abaisser la date jusqu'au début du vu* siècle? — Je n'en crois rien. Grégoire et l'auteur des gestes dépendent également des mêmes légendes qui^ depuis longtemps \ couraient sur la nature et sur la vie de l'âme. Ce thème est une réplique chrétienne du mythe de Minos et d'Orphée.

Mais, le plus souvent, c'est aux traditions locales que puise l'auteur anonyme. Les détails très précis, et sans doute très

1 Dialogi., iv, 36 [P. L., 77. 384].

2 Rohde : Psyché, £« Autlage, ii, 363. Cité par Delehaye : Légendes hagio graphiques, 210-211, note 2.

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exacts, qu'il donno sur la topop^ra[)}iie loc.ilo l'indiquent avoc (évidence. Do I{ossi a relrouvf^ le point d'attache de la tradition : c'est la villa de I^accano qui appai tenait à Fescennius Niger, le compétiteur de Sévère ', et qui, lors de la victoire de celui-ci, passa dans ses mains. Saint Alexandre est un martyr inconnu - qui était vénéré tout au[)rès ; on conçoit qu'il ait été rattaché au temps des Sévère ', s'il n'est pas réellement mort au début du m* siècle *.

La proximité de Haccano et de Rome explique la parenté des j^estes de notre maityr avec les gestes romains. Mais celte parenté peut s'expliquer encore par un fait précis : l'église romaine de Saint-Marc, fondé(î vers ^^36 par le pape qui porte ce nom, avait reçu de Constantin la propriété d'un fundiis Antonianus sur la voie Claudia ^. C'est peut-être un clerc romain de cette église qui a rédigé les gestes d'Alexandre de Baccano.

L'hypothèse aurait l'avantage de résoudre une question embarrassante. Selon le texte bollandiste, la dédicace de Féglise a été faite sous le second consulat de Constantin et de Crispus. Or, il se trouve que, en l'année 321, les consuls ont été Flavius Julius Crispus Constantini Aug. f. Nob. Caes. II et Flavius Claudius Constantinus Junior Constantini Aug. f. Nob. Caes. IL Une église a peut-être été réellement construite à Baccano en 321 : l'événement aurait été commémoré par une inscription, datée des consuls de 321 ; notre anonyme l'aurait lue. Le fundus Antonianus était situé à Baccano,

1 D'où le nom de la propriété dans Ja légende, prœtorium Fusci : le père de PescenDius Niger s'appelait Anniiis Fuscus \BuUet. Arch. Christ. 1875, 150, et 18S8, 115]. Le nom devait être gravé sur une inscription. — L'inscription funéraire rapportée dans la légende n'était certainement pas de Damase [Ihm : Damasi epigrammata. Lippiae, 1895, n. 100, p. 100]. — Baccano est, près Népi, an 21» mille de la Via Cassia [Itin. Afitonini, 486, 4, 5, Wesseling] : notre texte écrit par erreur, Via Claudia [Neumann, i, 306].

2 Le férial hiéronymien l'ignore.

3 Septime Sévère et Caracalla portaient le surnom d'Antonin. — Cf. Tillemont, II, 319. 629; Allard, ii, 169; Neumann, i, 306-308.

* Septime Sévère le premier persécuta systématiquement les chrétiens.

6 L. P., I, 202. — 11 est même vraisemblable que le mot Baccanas, à la ligne suivante, se rapporte au fundus Antonianus [Duchesne, L. P., i, 203*0] ; une erreur du même genre a égaré le fundus Orrea sur la voie Ardéatiue, tandis qu'il faut lire Voie Latine [P. L., i, 202-2031 1. — Jaffé : Reg. Greg. u, 2227], Le terme fundus Antonianus est peut-être en rapport avec la tradition locale qui rattache le martyre d'Alexandre à un empereur Antonin.

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