SEGUNDIANUS DE CIVITA-VECCHIA
terait donc du temps de Rothari et de la réorganisation de l'église locale, c*est-à-dire du milieu du vu® siècle ; il n'est pas impossible qu'on ait encore su distinguer à ce moment entre civitas et oppidum.
Je remarque qu'elle utilise un passage bien connu du livre de Tobit ^ et qu'elle reflète l'usage du temps lorsqu'elle nous montre le martyr faisant appel à ses parents pour prouver sa liberté -.
Le cinq des ides d'août^ à Coloniacum qui est apptlé Colonia^ au temps de Dèce César et sous Valérien préfet, une grande persécution s* éleva contre les chrétiens. Il y avait alors un certain Secundianus ., togatus^ qui dirigeait le palais (? qui praesidebat palatio) : c'était un homme très éloquent et versé dans les sciences du siècle (in arte mundana), rhétorique, musique, philosophie , arithmétique, astronomie ; il avait la fa~ veur de tous les grands (illustres) et animait Valérien contre les saints martyrs, « Pourquoi donc, se demandait-il en son cœw\ les chrétiens désirent-ils à ce point mownr pour le nom du Christ ? » Le sage Marcellianus, avec qui il discutait souvent philosophie et grammaire, avec qui il méditait parfois les vers de Virgile :
lam noua progenies cœlo dimittitur alto, lam uenit et uirgo, redeunt saturnia régna...
lui fit une fois cette réponse : « Si les chrétiens désirent mourir, c'est que y à les entendre, la mort est suivie du jugement
' XII, 7. — Ce même texte est utilisé dans l'histoire de l'inventioii d'Etienne 60 415 [P. L., 41.821, 833J, dans Justine, dans certains [miracles de Clément, etc.. Cf. Restituta et Torpes {Tobit, higes, Habacuc).
2 Formulœ Lindenbrogianœ, 21 ; Senonenses, 2 e^ 5 ; Merkelianœ^ 28 ; etc., [Fustel de Coulanges : Alleu et domaine rural, 325J.
•' B. H. L., 7550 [juin I, 35 ou 341. Sur les textes B. H. L., 7551 et 7552, cl, infra, p. 223, n. 2. — Le texte de Mombritius, ii, 263, est un résumé.
220 TRADITIONS DE TDSCIE (viA AURELIa)
et de la résurrection. Mais, en somme, qu' est-ce' que le Christ » ?
— f( Au sens allégorique et pro'pre (? ad alle^oricum proprietalis sensum), il est l Oint, » — « S'il est l'Oint dé Dieu, Dieu est donc connu. » — « Voilà bien ta sagesse. Tu as lu, on le voit, ses historiographes., Luc et Matthieu y d'après lesquels il a fait beaucoup de miracles, tandis que les démons le reçoit' naissaient pour Fils de Dieu ; si leur témoignage vaut, il est Dieu. On Va tué, mais il est ressuscité. Et comment pourrionsnous adorer nos dieux? Nous en savons toutes les turpitudes . »
— (( Tu dis vrai. » — « Reconnaissons donc, conclut Secundianus, que les chrétiens ont raison d aimer le Christ et de vouloir mourir pour lui. » A7Tive alors Virianus, commun ami des deux autres ; après les avoir salués y il se met à dis' cuter avec eux des sciences du monde, « Malheur à moi, dit Secundianus : f adore les idoles muettes ^ et fai torturé tous les saints! » — « Suis-j'e devenu fou, reprend Virianus : vous voilà prédicateurs de cette religion! » — « Croyons au Christ, Dieu et Seigneur, sur la foi de ceux qui désirent perdre cette vie pour acquérir la vie éternelle. » — « Cest vraiy dit Virianus : s'il est quelque chose d'éternel, il faut le chercher. » Les trois amis envoient donc quérir le prêtre Tiniothée du tilulus Pastoris. Secundianus le salue, demande le baptême au nom du Seigneur Jésus-Christ et Marcellianus fait de même. Timothée les catéchise ; comme ils croient au Dieu Père tout puissant, — à Jésus-Christ son Lils Unique Notre Sei' gneur, — qui a été conçu du Sai?ît- Esprit et est ne de la Vierge Marie, Timothée les baptise au nom du Père et du F'ils et du Saint-Esprit pour quils croient à la rémission des péchés ; et le bienheureuob Sixte, évêque, les signe du signe de la croix. De ce jour, ils donnent aux pauvres leurs richesses.
Deux mois après, Secundianus togatus est demandé par Valérien qui a appris sa conversion, et celle des autres scholastici Virianus et Marcellianus. Il lui écrit : « A mon frère Secundianus togatus Valérien préfet. Pourquoi ne viens-tu pas à notre conseil : nous avons besoin de toi. » — « Mes frères, le temps est venu, dit Secwidianus à Marcellianus et Virianus. J'irai seul. » — « Nous t* accompagnerons . » Et tous les trois, au point du jour, vont au palais de Salluste, oii Valérien habite avec Dèce. Valérien siège dans la basilique dite dAsclepius. « Eh/ bien, Secutidianus, qu'est-ce que j'entends? » — « Je ne dis rien. » — « Tu es devenu fou. » — « Je suis
SECUNDIANUS DE CIVITA-VKGCHIA 221
devenu sage. Si tu savais, si tu comprenais, tu désirerais m' imiter. Les martyrs, tu le sais, méprisent les richesses. Malgré mes crimes, je crois que le Seigneur Jésus-Christ me sau^ vera. » — « Alors, tu es chrétien. » — « Parfaitement » ; et il persiste, bien qu'il perde l'amitié de César, et que Valérien ne lui ait jamais fait de mal. Marcel lianus et Virianus se font arrêter avec lui.
Quand Dèce l'apprend, il refuse d'y croire ; puis, il fait venir Secundianus , qui arrive, le visage illuminé : « Souvietis^ toi, lui dit-il, de ta sagesse d^antan. » — « Elle est folie ; toi aussi, quitte ta folie. )) On apprend alors à Dèce que les autres schulastici sont encore en prison : il les envoie [avec Secundianus), escortés de quarante soldats, à Promotus, consularis Tusciae, qui est à Cività-Vecchia. Celui-ci les fait comparaître ù son tribunal, sur le forum, devant une idole de Saturne, « Pourquoi iiobeissez-vous pas ? » — « Nous obéissons aux ordres de Dieu, non à ceux du diable. i> — c( Sacrifiez. » — c( C'est nous-mêmes, si nous en sommes dignes, que nous offrons en sacrifice à Dieu, non au diable. » Tandis qu'on les bat et les déchire, ils glorifient le Seigneur et crachent sur l'idole qui tombe, fracassée, et lèvent les yeux au ciel, et remercient le Seigneur Jésus-Christ. Un valet des bourreaux (minister carnifîcum) tombe mort ; un autre implore les trois saints du Dieu tout-puissant qui le torture. Alors Promotus ordonne qu'on les décapite ; on les mène au lieu Coloniacum, qui est dit Colonia, au 62'' mille de Rome, on les décapite et on les jette à la mer. La nuit suivante le serviteur de Dieu Deodat trouve les corps, puis les têtes, et les ensevelit où ils ont été tués, le cinq des ides d'août. Leurs prières fleurissent dans l'église du bienheureux Pierre, à Toscanella (in civilate Tuscana), tandis que règne Notre Seigneur Jésus-Christ, à qui honneur et gloire dans l'infini des siècles et des siècles. Amen.
Les héros de ces gestes sont attestés par le férial hiéronymien \ à la date du 9 août :
E. in tuscia veriani marcelliani secundiani romani largi.,.
1 Rossi-Duchesne, p. 103.
222 TRADITIONS DE TUSCIE (VIA AURELIa)
B. ET IN COLO{N)NI Tusciœ UIA AURELIA rniliario XV. I^ausiini. Uiriani^ Marcellianij Secundiani et Sixli,
W. et in colonia nat scorum faustini, uirianiy rnarcelliam secundiani xysti.
Nous ne pouvons pas définir le groupe auquel appartiennent les saints : ni V Epternacensis ni surtout le Bernensis ne les isolent comme fait la légende. Ici comme ailleurs, on devine que l'histoire réelle a disparu.
Le thème légendaire suggère deux observations. La question de la spontanéité du martyre a fourni la matière du premier développement : ce qui nous invite à penser que le texte peut dater du vi® siècle. — La mise en œuvre, d'autre part, atteste chez l'auteur la préoccupation suivante : comment s'est opérée la conversion au christianisme des gens instruits, des intellectuels, les scholastici * ? L'auteur a voulu répondre à cette question en racontant une histoire qu'il prétend authentique.
Et cette double remarque s'appuie des points de contact que l'on discerne entre nos gestes et deux autres. Les gestes de Terentianus de Todi, qui appartiennent presque certainement au second quart du vi®, emploient, comme les nôtres, le terme de togatus et s'intéressent également à une mystérieuse colonia. Les gestes de Valentin s'intéressent autant que les nôtres à la question des scholastici convertis. Seciindianus date sans doute, comme Torpes, de la fin du vi^ siècle ou du début du vue siècle.
Je note encore que nos gestes ont été écrits dans les milieux où l'on connaissait les gestes romains. Le prêtre Timothée, qui baptise les trois amis, est attaché au titulus Pastoris, comme le Pigmenius de Donat. Tl est peut-être identique au prêtre Timothée à'Hedestus : Secundianus rappelle assez bien Hedestus. Lorsque les trois amis s'abordent, ils se saluent l'un l'autre [§ 3] avec un souci de l'étiquette qu'on trouve aussi nettement marqué dans Susanne, — où l'auteur inconnu insiste complaisamment sur la science de ses héros, — où il est également question du palais de Salluste, — où Ton appuie avec insistance sur la spontanéité des martyrs, et la vénération qu'on doit aux saints, et la rémission
^ Cf. § 1. Secundianus est très versé dans Vars mundana, sive rhetorica, musica, philosophia, arithmetica, astronomia.
des péchés que procure le baptême. La formule si scires revient à plusieurs reprises ici aussi bien que dans Censur'inus, Irénée de C/iiusi,...
Notre auteur a quelque culture. Il sait que Sixte est à peu près contemporain de Dèce ; il connaît Marcianus Capella ; il connaît enlîn les vers fameux de Virgile où Constantin a montré comme une prédiction du Christ '.
Un point reste obscur.
Qu'est au juste cet endroit dit Coloniacum qiiod appellatur Colonia, qui est, d*après les gestes, à 62 milles de Rome, d'après le Bernensis au 15® mille de la voie Aurélia. Il faut sans doute le chercher aux alentours de Cività-Vecchia : mais quel point désigner précisément? La table de Peutinger mentionne sur la voie Aurélia, entre Rome et Cività-Vecchia plusieurs colonies, Alsium et Pyrgos, Castrum Novum et Gravisca. Notre Colonia est peut-être une de celles-ci ; je n'oserais dire laquelle. — Civitas Tuscana est sans doute la moderne Toscanella ^
• Bucoliques, iv, 5, sq. « Magnus ab integro sœclorum nascitur ordo
lam redit et Virgo, redeunt saturnia régna.
Cf. Oratio Constantini ad sanct. cœfum, 19-20 [Eusèbe : Vita Const. sub tioej. — Lactance : Div. Inst. vu, 24. — Jérôme : Ep. 53. — CL S. Reinach : Cultes, Mythes et Religions, ii, QQ.
Sur la légende de Secundiauus, cf. Tillemont, m, 331 et 704 : et Allard. ii, 314-317. Le calendrier populaire et Adon l'iffoorent. Elle est utilisée par Usuard [P. Z.., 124, 315-316] et par Notker \P'. Z., 131, 1136]. Un évêque de Tuacana siège au concile de 649, Hartmann, ii, 1, 268.
- On connaît deux autres versions des gestes : Codex Bruxellensis 21 885 (de 1277) [Cat. Brux., n, 433] et Codex Parisinus 5360, du xiv« [Cat. Paris, 11, 337]. La version de Paris est une amplification verbeuse de notre texte: après avoir nommé Sixte, on ajoute : «qui tune quoque uigesimus quintus exliterat post beatum petrum apostolum fullus apostolicis honoribus >. — Je ne connais pas la version de Bruxelles.
On a conservé deux adaptations des gestes de Secundianus. L'une les attribue à Florentins, Julianus et leurs compagnons de Pérouse : c'est le texte B. II. L. 3052; les noms des saints sont seuls changés. — L'autre les attribue à Gratinianus et Felinus, qui sont également des saints de Pérouse: c'est le texte B. H. L., 3633 [le"- juin, 25-30]. Peut-être date-t-il de la translation de Gratinianus et Félinus, qui ont guéri Amizo (en 979), au monastère d'Arona que construisait à ce moment ledit Amizo. Peut-être remonte-t-il à une époque antérieure [cf. Paulinus avec Torpes].
224 TRADITIONS DE TUSCIE ^VIA ALRELIA)
Marcianus ^w temps de V empereur Maximien qui succède à Dioclétien^ et de Pro- '(^oici quel prodige sur Vint au Capitule : la tête de Jupiter Cade "sanLi-pitolin dont la statue est en or, et se trouve à V intérieur du
TH-èsBrac- l^^P^^y A^^ trouvée toute tordue. Maximien ordonna donc
[cianoj
1 Ce texte est inédit. Il est conservé par le Codex A. 2 de VArchivio du chapitre de Saint- Pierre au Vatican, folio 24^
Incipit passio Se. Mm. Marciani prbi, Macarii | f. 21^ et Stratoclini et Protogeni men. ianuario ii.
^ « Temporibus maximiani imperatoris qui regnauit post diocletianuna imp,
faolum est taie sigmim in Capitolio ut iouis capitolinus intra templum — cuius simulacrum erat aureum — subito capud eius extortum est, et iussit ut sacrificiam {cor. cia) consueta offerrent in omnem [cor. te) ciuitatem [cor. ni) et omnes
5 xrianos ubicumque inuenti protinus ad sacrificia trahi. Deuulgata est eius praeceptio in toto orbe. Tune uicarius protogenis ueniens secundiim preceptum ad lacum qui dicitursabbatinum, iussit ut in termis aquarum sacrificia offerrent et sacrificauit in eisdem thermis. Tune iussit uicarius protogenis ut ubicumque inuenti fuissent Xriani cogerentus sacrificia offerre. Ueoustianus quidam ex
10 magistratu nomine siluius dixit ad protogenem : Uir prudentiae divee, hic est quidam prbr nomine marcianus qui doctrinis et suasionibus seducit populum et facit eos recedere | II a cultura deorum. Protogenis uicarius dixit : Currat praeceptio dnorum nostrorum ut ubicumque inuenti fuerunt prophani in hoc territorio ad meducinon tardentur. Tune siluius ex magistratu cucurit et te-
15 nuit Marcianum prbum cum macario exorcista et stratoclinium lectorem quos uinctos adduxit ad protogenem uicarium in foro cludi * et optulit ai eos in conspectu ciuium. Quoscum uidisset protogenis gaudio repletus dixit ad eos : Quare non obaudistis praecepta principum? Respondit marcianus presbyter et dixit : Non necesse est nobis de hac re loqui. Protogenis uicarius aixit : die
20 mihi in quo otficio estis. Respondit marcianus : ego peccator presbyter non meritus ; hii filii mei macarius exorcista et stratoclinius lector. Protogenis uicarius dixit : Audite me et deponite perniciem et uiuitse quia bona est uita quam mors. Respondit marcianus presbyter dicens : bene locutus es et tamen ut scias quia melior est uita quam mors. Protogenis dixit : istam insaniam non derelinquis, nisi una nocte mecum conflictum habueris ; ego enim factis pœnarum in te exercebor. Et iussit duci omnes très in custodiam domo sua. Alia nocte misit | 25'* et adduxit eum in conspectu suo et dicit ad eum: homo die mihi quse est prsedicatio tua. Respondit marcianus presbyter : Quia Xs deus dei filius ipse est deus. Protogenis uicarius dixit : Et quid dicis de io-
30 uem omnipotentem. Marcianus presbyter dixit : Turpis qui née sibi nec aliis
* Il faut lire évidemment Forum Clodii,
MARCIANUS DE SAN LIBERATO 225
qic^on offrit dans toute la cite les sacrifices accoutumés et quun obligeât tous les chrétiens à sacrifier. L ordre fut expédié dans le monde entier. Le vicaire Protogenis vint offrir un sacrifice
insania lasciuiarum pepercit ; uitara ipsius reqnire et iuuenies qualis fuerit. Protogenius uic&rias dixit : tu quidem uitaiu doi tui déclara nobis. Marcianus prb dixit : Audi me, haec est uita dui mei iliu Xri qui natus est ex maria uirgiue deus de deo, passus et mortuus est et post triduura resurrexit et in omnibus in se credentibus hoc promisit ut post mortem uitam aeteroaui me-
reantur habere. Protogenis uicarius dixit: Osteode mihi ipsam uitaui quem dicis eeteraam. Marcianus presbyter dixit : ut credas et baptizeris et peniteu-
tiam agas de sanguine sanctorum quem effudisti et uiuis in aeternum. Respondit protogenis uicarius : ergo noli tardare, fac quod scis esse uerum. Marciauus presbyter dixit : audi uerba mea et uoli tardare baptismum percipere, Protogenis uicarius diiit : tu non tardare. Dicit ad eum marcianus presbyter : ieiuna hodie et cras quod | II dus uoluerit faciemus. Et indicto ieiunio praecœpit protogenis in domum suam quasi egrotum se hostendere, et post tri-
is ibus ae
duum facta omnia consueta dicit protoienis ad marcianum presbyterum : habeo simulacra ex parentum meorum precepto ; quid uis ut faciam ? Res-
ro atn
pondit marcianus presbyter dicens : si ego ea uidebam et dico quid fieri debéant. Et introduxit eum in quoddam cubiculum suum ubi inuenit iouem et mercurium et iunonem et pallatem.Cui dixit marcianus presbyter : utostendas
te intègre crede dûm nrm ihm xrm, tu manibus tuis omnia ydola confringc.
e Eadem hora protogenis uicarius manu sua omnia ydola confregit et ignem ap-
poBitum in puluerem redigit. Eadem die baptizauit protogenem et omnem domum eius. Ab eadem die cœpit protogenis omnem facultatem suam uenundare etdare pauperibus. Audiens autem probatianus magistratus ueniens ad urbem romam, intimauit omnia maximiano imperatori.Tunc maximianus misit corne-
ium comitem et teouit marcianum presbyterum una eum macurium exorcista
et stratocliniu lectore. Quos eum uidisset dixit ad eos : Seducitis homines ut
non soUempnia offerant diis | f. 25v, etiam ad ritum christianitatis suadilis. Marcianus prbter dixit : nos ad ueritatem perducimus ut unusquisque non pereat sed habeat uitam eeternam. Tune cornelius iratus """ duci eos fecit in quoddam arenarium et ibidem eos capitalem iussit subire sententiam sub die quarto nonarum ianuariarum. Quorum corpora collegit quidam ex familia Protogenis nomine Narcissus et sepeliuit in eadem cripta miliario ab urbe
mo
roma XXVII ubi florent orationes sanctorum usque in hodiernum diem. Amen. Post uero dies quinque fugit protogenis in fundum suum in territorio
coranu (?) quod dicitur suplicianum : hoc audiens cornelius misit et tenuit
feum qui nec discussum eum seruis suis narcissum et argeum et marcellinum et papatem suo iussit ut ibidem decollarentur ia fundum supplicianum terri-
nio
torio corse miliario ab urbe XXX ubi hodie corpora eorum requiescunt in pace régnante dno nro ihu xpo cui est honor et gloria in s. s. Amen.
22f> TRADITIONS DE TTISCIK (v\\ AURICLIA)
dans les thermes du lac de JJracciano et ordonna d'y conduire les chrétiens. Cest alors qu'un ancien rnafjlstrat, Venustianns Silvius, dénonça à Protofjenis le prêtre Marcianus comme le sédiicteur du peuple. « Amenez-moi tous les chrétiens de ce territoire », répondit Protogcnis. Marcianus est donc arrêté , ainsi que V exorciste Macarius et le lecteur Stratoclinius. On les mène au forum Clodii (?), oii ils confessent la foi. Mais, la nuit suivante, Protogenis se fait amener Marcianus et se laisse convertir par lui : « Le Christ Dieu, fils de Dieu, est lui-même Dieu ; Jupiter est un être ignoble et lascif, tandis que le Christ, né d'une Vierge, mort et ressuscité, donne la vie éternelle à tous ceux qui croient en lui; la vie éternelle cest de croire, et d'être baptisé, et de faire pénitence pour le sang des saints qu'on a répandu, et de vivre éternellement. » Protogenis feint une maladie, jeûne deux jourSy brise lui-même ses idoles et se fait baptiser avec toute sa maison ; puis il vend ses biens et les donne au pauvres.
A cette nouvelle, le magistrat Probatianus court à Rome et avertit Maximien qui envoie le comte Cornélius. Marcianus, Macarius et Stratoclinius sont arrêtés {de nouveau), conduits dans un arènaire et décapités le IV des noues de janvier. Narcissus, un esclave de Protogenis, recueille les corps et les ensevelit dans la même crypte au 28^ mille de Rome. Cinq jours après, Protogenis s enfuit dans son domaine Supplicien, sur le territoire de Cora ; mais Cornélius Varrête et le fait décapiter avec ses esclaves Narcisse, Argée, Marcellin et avec son père nourricier [papate], dans ce même domaine Supplicien, sur le territoire de Cora, au 30' mille de Rome : aujourd'hui encore leurs corps y reposent en paix, tandis que règne Notre Seigneur Jésus-Christ à qui honneur et gloire dans les siècles des siècles. Amen!
Les bords du lac de Bracciano * [lacus sabatinus'], qui soal aujourd'hui désolés par la malaria, au printemps du moins, étaient couverts, à l'époque romaine, de somptueuses villas; les anguilles du lac étaient fameuses ; non loin de là, les AqucB Apollinares attiraient les malades du fond même de
1 Sur la situatioa exacte du ForurrC Clodii, découverte par Desjardins, cf. Annali deW Istituto, 1859, p. 55, sq. ; Table de Peutinger, p. 131-132 et 139-140, et le Corpus, xi, 1, p. 496-507. — Cf. Anon. Ravenne, iv, 36, [Pinder-Parthey, p. 285].