MARCELLUS ET APULEIUS
là, le martyr est centurion * ; ici et là, le juge sièij^e i?i consistorio "^ ; ici et là, le saint ôte son ceinturon [halllieum] ^ ; ici et là, on rapporte le texte de la sentence*. Le calendrier populaire cite, à la date du 30 octobre, Marcellus de Tanger, centurion et martyr ^ J'ajoute que, à cette même date, dans ce même pays %ona une preuve certaine de l'inQuence qu'exercent surles rédacteurs de nos légendes les actesdu martyr deTanger. Je vise la légende de Marcellus et Apuleius.
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ie Au temps de Julien Auguste, il y avait à Rome [in Urbe] un centurion ordinaire [centurio ordinarius], nommé Marcellus : il était riche et libéral. La grâce de Dieu qui veut sauver tous les hommes... fit quil se soumit à la religion chrétienne ; il secourait les pauvres et les indigents. Comme il se rendait en Apulie, et passait par Capone^ il fut arrêté par le praeses Dragontius sur l'ordre de César. Il refuse de sacrifier, il est emprisonné y et quand, Dragontius mort, son successeur Fortunatus veut le séduire, il résiste avec fermeté. Le préfet de la milice [praelectus militiae] auquel on renvoie, Agricolanus, nest pas plus heureux : Marcel résiste aux menaces et aux promesses. Lorsqu'il est condamné à m,ort il de-
* <t Marcellus quidam ex centurionibus legionis trajanse... » ["§ IJ. [Même époque aussi].
^ < Resideas in coasistorio preecepit iutroduci Marcellum... » [§ 2j.
^ « Quid tibi visum est ut... te disciogeres et baltheum et vitem projiceres... » [§ 2. — Cf. Mariuus, dans Eusèbe. H. E., vu, 15J. Noter que vitis manque dans Ambroise.
* a Ita dictauit senteatiam : Marcellum qui centuno ordinarius milltabat, qui abjecto publioe sacramento poliuisse se dixit... gladio animadverti placet » [§ 5].
5 « III Kal. aug., Tingitanse, Marcelli centurionis et martyris. » P. L,, 123, 173-174.
^ Le Fereotum dont il est ici question est, j'imagiue, le Fereutum le plus proche de la Campanie, Ferentino près Veroli et Alatri. — Il est vraisemblable qu'Ambroise en était le patron.
' 13. 11. L., 5251 [7 octobre 828j.
Dinnde un (Ulai pour prier ; il se prosterne si terre, remercie In Seigneur^ et se relève en lui dlsmit : u Seigneur, je remets mon esprit entre vos mains » ; le speculator l'exécute. Mais, comme Apuleius^ l'esclave [faniulus| de celui-ci^ se déclare chrétien à son tour, il est exécuté immédiatemetit. Ces deux martyrs ont souffert sous Julien César, les nones d'octobre, tandis que règne Notre Seigneur Jésus- Christ, à qui honneur et gloire dans les siècles des siècles.
Le culte de Marcellus et Apuleius est attesté, à Rome, au cours et peut-être au début du vii^ siècle. C'est de ce temps, j'imagine, que date aussi la légende.
Le sacramentaire Gélasien * nomme nos deux martyrs :
Sanctorum tuorum nos, Domine, Marcelli et Apulei beata mérita prosequantur ! ... Sacramentis, Domine, muniamur acceptis et sanctuorum tuorum Marcelli et Apulei... armis cœlestibus protegamur ,
Le calendrier populaire porte :
Nonœ [octobres^, Marcelli et Apuleii qui primo adhœserunt Simoni mago, deinde apostolo Petro : sub Aureliano consulari viro martgrio coronati ^ .
Bien que la légende de Marcellus et Apuleius que suppose ce texte diffère de celle qu'on a résumée, il est certain qu'il s'agit ici et là des mêmes personnages : le couple de noms est, ici et là, identique, aussi bien que la date de l'anniversaire.
Notre texte a conservé deux traits qui se lisent dans les gestes du vu® siècle, et qui semblent indiquer la date où il fut écrit : « reçois mon esprit », dit le martyr à Dieu avant de recevoir la mort ; et, lorsqu'il est arrivé au lieu du supplice^ il demande un délai pour prier. Ces deux détails se retrouvent le premier dans Victorinus, Eutychius, Pergeniinus Laurentinus, etc.. le second dans Torpes, Eutychius, Pergentinus Laurcntinus, Valentin Hilaire., etc.
Notre texte, d'autre part, s'inspire certainement des actes de Marcel de Tanger. Voici les points de contact que j'ai notés : 1. Ici et là le martyr est un centurio ordinarius ^; 2. Ici et là, deux des juges portent le même nom, Fortunatus et Agrico-
2 Ed. Wilson, p. 202, lxi, non. octobres, [éd. Muratori, i, 671]. i P. L., 123, 171-172.
2 (c Agricolanus dixit : centurio ordinarius railitabas ? » [§ 4].