MARCELLUS DR CAPOUE
laiius ' ; 3. Ici et là, le saint comparaît tour à tour devant deux tribunaux ; 4. Ici et là, un païen qui assiste le persécuteur se convertit à la vue du martyr et est exécuté après lui : Apuleius est calqué sur Cassianus.
Il est donc très vraisemblable que Marcelliis Apuleius et Ambroise de Ferento ont été rédigés dans un même milieu, d'après les actes de Marcel de Tanger, au début du vu" siècle.
C'est dans le même pays, en Campanie, qu'Ambroise et Marcel étaient vénérés. On l'a dit pour Ambroise. Quant à Marcellus et Apuleius, il est vrai que nos textes ignorent Capoue et mentionnent Home. Mais leur culte est attesté à Capoue : et c'est de Capoue que vient la légende *. Dans l'église de Saint-Priscus, près Capoue, détruite en 1776 et qui datait peut-être du temps de Gélase ', il y avait une mosaïque absi- (J;do 011 l'on voyait un Marcellus rapproché d'un Agostinus. Le férial hiéronymien, enfin, donne * :
E : nonas oc. in capua marcelli quarti Marcellini.
B : JN CAPUA CAmpafi Quarti Marcellini.
Il est clair qu'il y avait à Capoue un saint Marcellus associé, peut-être, à un autre martyr [Agostinus, Quartus ou Apuleius], et qui était fêté le jour des nones d'octobre : c'est ce saint Alarcellus qui est le héros de notre légende.
On voit moins bien, réserve faite de ce qui a été dit plus haut touchant le milieu où elle fut rédigée, quelle en fut la genèse.
Le texte qui a été analysé, A, place les martyrs au temps de Julien; le texte du calendrier populaire, B, les rattache à
^ « Anaatafiius Fortunatus praeses ei dixit.... Ipse sanus transmitteris ad domioum meum Aurelium Agricolanum » [§ 2J...
- Ruinart (1859j, 345. c Cum bealissimus Cassianus Aureliano Agriculano asenti vices praefeclorum praetorio militari exjeptor... ejusdem parebat officio..., cum sententias exciperet..., ubi... capitalem viîlit ferire seateotiam, exsecrationem sui clara voce coutestaos, graphium et codicem projecit ia terra... Respoudit beatissimus Cassianus ; iniquam euui dictasse sententiam. I
2 Les deux textes imprimés qui les célèbrent sont tirés, l'un du Breviarium Capuanum de 1489 [B. H. L-, 5252], l'autre du Sancluarium Capanum de Monnchus [1630, p. 137], [B. H. L., 5251].
^ De Rossi, Bullett., 1884, 106. et Garucci : iv, 254.
" Rosai-Ducbeene, p. 130.
2rîG TRADITIONS DE CAMPANIE
saint Pierre, et donc les fait mourir sous iWjron ' ; un Iroisièmo texte, que j'appelle C, en fait des contemporains du (Christ. Les vertus de Marcellus /ont son prestige dans la cité. IL donne à Pévêque Archelaûs tout l'argent qui est nécessaire pour racheter les captifs faits prisonniers par les 700 soldats qui gardent le camp ; et son désintéressement convertit beaucoup de ceuX'ci. A la fin^ il renonce au service, et il est décapité avec son esclave Apuleius, sous Aurélien consularis. On l'ensevelit non loin de Rome, le jour des noues d'octobre ^
La version B, d'où dérivent Adon et le calendrier populaire, suppose, évidemment, que Marcellus de Capoue a été confondu avec le Marcellus des gestes de Nérée-Achillée^ ; de ces mêmes gestes vient pareillement l'Aurelianus vir consularis .
L'homonymie des deux Marcellus, le silence de Nérée sur la fin de Marcellus, le disciple de saint Pierre, ces deux faits auront introduit la légende de Capoue dans la tradition romaine. Apuleius aura suivi son compagnon. C'est peutêtre au début du vu®, ou à la fin du vi®, que cette confusion se sera opérée. Il n'est pas sûr que, antérieurement à cette date, Marcellus de Capoue ait eu sa légende ; et c'est à cette date, précisément, que la confusion est attestée par le calendrier populaire.
La version C, que caractérise la mention de l'évêque Archelaûs, connaît Aurelianus consularis : elle est donc postérieure à celle dont on vient de parler. Mais le nom de cet éveque Archelaûs est remarquable. Hegemonios opposa, dans un texte fameux ^ l'hérésiarque Manès à l'évêque de Cascara, Archelaiis ; Archelaiis, d'après le récit d'Hegemonios, a pour ami un pieux chrétien, nommé Marcel ; c'est dans sa maison qu'Archelaiis discute avec Manès ; enfin ce pieux Marcel met à même l'évêque Archelaiis de délivrer 7700 captifs : la gar-
1 De même Adon, 7 octobre, P. £,., 123, 376. « Eodem die, S8., mm. Marcelli et Apuleii qui quidem primo adhaeserunt Simoni Mago ; sed videntes mirabilia quee Dominus operabatur per... Petrum, relicto Simone, doctrinae apostolicae se tradiderunt... Aureliano consulari,... martyrii coronam reportarunt. Sepulti non longe ab urbe Roma. »
B. H. L., 5252 [7 octobre, 829, § 13].
3 Traube : Acta Archelai^ Sitzungsber. d. k. bayer. Akad. d, Wissenschaften. 1903. 533 ; HarnacK : Chronologie d. altch. Liiterat, ii, 193, 548 ; C. H. Beeson : Hegemonius. Acta Archelai. Leipzig. 1906. Traube a découvert le texte grec en avril 1902. La traduction latine semble dater des environs de 400 et provenir de Rome. Cf., aiissi P. G., 10, 1429. — Tillemont, iv, 387-399.
HEGEMONIOS 257
nison romaine a cru voir une agression dans un pèlerinage des habitants de Cascara demandant à Dieu le succès de leurs moissons, elle a massacr(5 les uns et emprisonné les autres. Si j'ajoute que le texte d'IIegemonios, dès l'antiquité, était traduit en latin, on admettra que la légende de MarcellusxVpuleius est calquée sur l'ingénieux écrit d'Hegemonios.
Cela est certain autant qu'inattendu : voici qui est moins curieux et plus obscur. Archelaiis est dit, dans la traduction latme d'Hegemonios, episcopiis Mesopotamige ; et voici que les gestes de Sergius et Bacchus, qui font souffrir et mourir ces saints sur les bords de l'Euphrate [castelliim Terrapijrgum, Rhuzafatam], associent à Sergius et Bacchus, Marcellus et Apuleius. Et je note, dans la version latine de Sergius Bacchus, certains traits qui rappellent fort Marcellus -Apuleius et Ambroise le centurion : ici et là, même emploi du mot famulus, même cérémonie de dégradation militaire \ même renvoi des martyrs à un second tribunal, même reproduction du texte de la sentence. — Faut-il admettre (\\xq Sergius Bacchus, dans sa forme primitive, associait réellement unMarcellus et un Apuleius à Sergius et à Bacchus? Faut-il admettre, au contraire, que Sergius Bacchus, dans sa teneur primitive. Ignorait Marcellus et Apuleius, et que ces deux saints ont été mtroduits dans la légende orientale au temps où celle-ci était mise en latin, alors que s'épanouissait le culte de xMarcellus et d Apuleius? — Ce qui serait une raison de dater la version latine de Sergius Bacchus du début du vii^ siècle.
Je penche pour la seconde hypothèse : Marcellus et Apuleius disparaissent aussitôt qu'introduits ; s^ils appartenaient aux couches les plus anciennes de la légende, aurait-on négligé de les associer complètement à Sergius et à Bacchus et de les faire périr avec eux?
^'^y^^^màQ Marcellus Apuleius et à' Ambroise le centurion connaissait 5er^m^^â!ccAw5 et la conférence fictive d'Archelaus avec Mânes, aussi bien que les actes de Marcel de Tanger; il vivait dans le même milieu que les rédacteurs des gestes de Tuscie et d'Omhrie. Il a lui-même, selon toutes les vraisemblances, traduit Sergius Bacchus et introduit Marcellus et Apuleius dans ce texte.
nLlhfT""^ chlamydibus et militieE uestibus et torques aiireas... \Sernius III ,,