LES RÉDACTEURS DES LÉGENDES
de ses dieux 1 ; ils enseignent que le Fils de Dieu s’est fait homme pour racheter le genre humain de la servitude du péché 2 ; ils racontent même, dans ses grands traits, la vie et la mission du Sauveur : les gestes d’Alexandre, de Cécile et de Calocère contiennent chacune une petite «Vie de Jésus». L’exactitude de ces récits, la fréquence des citations qui les émaillent ne se peuvent expliquer, chez des hommes de culture et d’intelligence médiocre, que par l’effet d’une éducation spéciale : la culture ecclésiastique des rédacteurs des gestes romains atteste qu'ils étaient des clercs.
C’est ce que prouvent encore les rares lectures qu’ils ont faites. Les rédacteurs des gestes de Corneille connaissaient un peu en gros, semble-t-il, les lettres de saint Cvprien 3 et peut-être faut-il en dire autant de celui qui introduit Aspasius Paternüs dans les gestes d’Agnès. — Le livre de Victor de Vite 4 quelques traités de Tertullien*», de Jérôme et d’Augustin 0 ont sans doute été parcourus par quelques autres : et nul ne contestera que la lecture de ces auteurs convient éminemment à des clercs. — De même les rédacteurs des gestes romains connaissent l’Ancien Testament : je n’en veux pour preuve que les allusions 7 qu’ils y font ou les citations 8 qu’ils en donnent. — Ils utilisent davantage les livres du Nouveau Testament : le fait ressort avec évidence des tours de phrase 9 et des formules 10 qu’ils lui empruntent, de la forme épistolaire 11 qu'ils donnent parfois à
1 Sébastien, 20 janvier 635. — Chrysanthe et Darie, 25 octobre 474.
2 Censurinus, 3 septembre 521, g 3 ; — Sébastien, 20 janvier 635 ; — Cécile, p. 508.