TRADITIONS CEMITÉRIALES DE LA VOIE APPŒNNE A LA VOIE NOMENTANE
De la Porta Appia oîi les gestes de Processus nous ont conduit, on apercevait distinctement deux monuments superbes : à droite, et en arrière de l’enceinte, les thermac Severianae dont on n'a pas retrouvé la situation très précise : ils sont mentionnés une fois dans les gestes d’Eugénie 2 ; à gauche, en avant de l’enceinte, le templum Martis, construit par Sylla 3 .
« Une nuit, Nemesius rencontre Valérie n et Maxime dans le Ge d * es « temple de Mars , accomplissant un sacrifice suivant un rite saint Etienne (< sacré. A la prière du saint , Maxime est saisi par le diable * « et meurt en faisant emprisonner Nemesius ; Lucilla, la fille « de celui-ci , est décapitée à cet endroit même , tandis quon « entraîne son père sur la Voie Latine pour l'y égorger à son « tour . Mais lorsque l'évêque Etienne est mené au temple par a les soldats , il invoque le Dieu qui détruisit la tour de con - « fusion élevée à Babel et aussitôt , dans le fracas du tonnerre, « à la lueur des éclairs , s'écroule le temple sacrilège; et les « soldats épouvantés s'enfuient et relâchent le bienheureux « Etienne . »
1 Cf. Marrucchi : Les Catacombes Romaines , p. 135.
3 Cicéron, ad Quintum fralrem , III, 7; Tit. Liv., X, 23, 12; XXII, 1, 12.
Etienne est mort en 257 : aucun document ne laisse entre voir que le temple de Mars ne fut pas debout à cette date ; aucun ne permet de critiquer les autres données de la tradition. On peut supposer seulement que c'est le nom de Lucilla qui a suggéré au rédacteur l'espèce particulière du miracle qu'il raconte : une guérison de cécité. On peut admettre que c'est cette Lucilla qui est citée dans le férial, via Appia, le 3 des ides d'août, dans un groupe de saints entre Pastor et Pontianus.
2. « Durant la persécution de Dèce, le pape Corneille est exilé
Gestes (< ^ Centumcellae, ou le consolent les visites des fidèles et les St Corneille. <( ^ e ^ rcs des évêques — celles notamment de Cyprien lui par- « lant de Celerinus . Irrité de cette correspondance , Dèce « fait venir Corneille à Rome , l'interroge in Tellure ante ternit plum Martis et ordonne de le conduire au temple de Mars « pour Ty faire sacrifier . En passant près de C Arcus Stillae , « il guérit Sallustia, femme du soldat Cerealis , qui se con - « vertit avec vingt et un de ses camarades : tous , refusant de ii sacrifier , sont décapités avec le pape au temple de Mars, « en dehors de la porte Appia. Ils sont ensevelis par Lucine , « dans une crypte de son champ , à côté de la voie Appienne. »
Sur deux points la tradition est exacte. L'époque d’abord: non que Corneille ait été tout à fait contemporain de Dèce, mort deux ans avant lui en 251 : mais c’est bien vers le milieu du in® siècle qu'il a vécu. La topographie ensuite : il faut passer par Y Arcus Stillae (la porte Capène 1 ) pour aller du temple de Tellus au temple de Mars ; d'autre part, c'est à côté tlu cimetière de Calliste que reposait Corneille, dans le champ de Lucine : la crypte de Corneille, illustrée par les premières découvertes de de Rossi (1849-1852) est à une cinquantaine de mètres de la crypte papale et n'y fut reliée que tardivement. Pourquoi Corneille ne fut-il pas déposé dans celle-ci ? On peut croire, ■— si l'on se rappelle surtout que son épitaphe fut gravée en caractères latins, et non en caractères grecs comme celles de ses contemporains — que la raison en est que Corneille appartenait à la gens Cornelia , qui avait ici sa sépulture
1 Juvenal, III, il ; Jordan, II, 19, 380.
* Epi grain me pseudo-damasienne, Ihm.
Gestes de saint Alexandre et de sainte Halbine.