SAINT ALEXANDRE ET SAINTE BALBINE
privée et dont les membres tenaient à leurs illustres ancêtres 1 * On peut croire aussi que c'est de cette région cémitériale — de son nom — que vient la Lucine de notre texte et celle du Liber Pontificalis : les deux noms de Lucine et de Corneille se sont trouvés associés par le fait de la sépulture de celui-ci; d’où l'intrusion de celle-là dans son histoire : ici, elle ne fait encore que l’ensevelir ; dans le Liber Pontificalis ; elle est intimement mêlée à la translation de Pierre et Paul. Tout nous invite donc à croire qu'elle n'est qu'un double de la Lucine apostolique.
Sur trois points, la tradition est incomplète et inexacte. L'anniversaire indiqué 2 est celui — non de la mort de Corneille qu'on ignore — mais de sa translation à la fin du ni* siècle ; car il est mort à Centumellae, sans avoir été martyr: * Ccntumcellae expulsas, ibi cuin gloria dormitionem accepit , » dit le continuateur d’Hippolyte, contemporain des faits. D’autre part, s'il est vrai que Cyprien a écrit alors à Corneille 3 , Cyprien n'était pas alors emprisonné, et ce n'est pas dans cette lettre, qu'il parle de Celerinus 4 .
« Quirinus tribun qui garde Hermès , préfet de la ville , « converti par Alexandre et V exhorte au nom d Aurelianw, « cornes utriusque militiae , à renoncer à ses erreurs et à « reprendre sa charge , se convertit à son tour en voyant « gu Alexandre a miraculeusement échappé à ses gardiens , « pour se rendre auprès de Hermès . Sa fille Balbina est (( guérie de ses scrofules par V imposition du carcan de « l'évêque; il se fait baptiser avec toute sa maison , est déca - « pité sur r ordre d Aurélien et enseveli par les chrétiens au « cimetière de Prétextât . — C'est là aussi qu'est ensevelie « Balbina d'après ses propres gestes . »
Le silence des textes sur ces événements est complet, jusqu'au vu® siècle; le chronographe, Dainase, le Liber Pontificalis ignorent également Quirinus et Balbina ; le férial les mentionne, mais ne leur donne pas la date qui leur convien-
1 De Rossi, R. S., I, 274, sq.
2 Confirmé par le férial et le chronographe.
3 Ep. 60.
* Ep. 21, 27, 38, 39.
A noter de curieuses analogies de style entre les gestes de Corneille et ceux de Processus.
G estes de St Urbain.
(Irait d'après notre légende 1 . Les itinéraires mentionnent le tombeau du tribun au cimetière de Prétextât ; de Rossi croit Lavoir retrouvée dans la spelunca magna . « Cette crypte, dit-il, est une très belle construction en briques, comparable aux plus beaux édifices des meilleurs temps de l'Empire, et certainement antérieure à celle de saint Janvier (qui remonte à 162). Même le style très simple des corniches qui la décorent diffère du caractère commun de celles qui ornent cette dernière... Nous avons trouvé une grande partie du coffre de marbre blanc, qui fut, à l'origine, placé à l'intérieur de la niche revêtue de briques, plus tard agrandie en forme de chambre. C'est un des plus antiques sarcophages que j’aie vus dans les catacombes romaines ; sa décoration est simple et architecturale ; au milieu de la façade principale est le buste du défunt, personnage orné du laticlave... ; les tribuns d'ordre sénatorial étaient, à cause de leur laticlave, appelés laticlavii. Tout conspire donc à nous faire reconnaître ici, conformément aux témoigoages écrits, le sépulcre de Quirinus, tribun et martyr sous Hadrien 2 ».
« Au temps d y Alexandre , fils de Mammëe , bienveillant « pour les chrétiens, Almachius préfet de la ville commet à « leur poursuite le vicaire Carpasius. Urbain, dix-huitieme « successeur de saint Pierre est saisi dans une crypte avec « les prêtres Jean et Mamilianus et trois diacres ; trois tri - « buns, Fabianus , Callistus et Ammonius, deux prêtres, « Fortunatus et Justinus le visitent dans sa prison . Anu/inus « son geôlier se convertit et est décapité . Mené deux fois « au temple de Jupiter qui se trouve ad Pagum , il persiste « dans sa foi et renverse V idole. Lucien décapité est enseveli « à Prétextât par le prêtre Fortunatus, le 12 des calendes u de juin; Urbain décapité à son tour est enseveli à Pré - « textat avec ses compagnons par les trois tribuns Fabianus, « Callistus et Ammonius le 8 des Kalendes de juin. Cepen - « dant Marmenia, femme de Carpasius , voyant son mari « possédé du diable, se convertit avec Lucine, sa fille, et
2 Bull., 1872, p. 8. — 11 est douteux que l’association de Quirinus aux autres personnages des gestes d’Alexandre ait une valeur historique ; l’emplacement de son tombeau entre ceux de Felicissimus et Agapit, de Janvier et d'Urbain ne confirme pas nécessairement les données de la tradition.