R. S , II
SAINT ÊTIENNË
Gestes s Martyrs Grecs.
deux ans : ce n’est pas en 255, comme l’indiquent les gestes mais en 257 qu’eut lieu le changement de pape 2 .
La sépulture est exactement placée voie Appienne, au cimetière de Calliste. Plus sûrement que le Liber Pontificalis , le chronographe de 354 confirme le fait. Si, à l’époque de Léon IV, comme l’atteste la notice de celui-ci, le culte d’Etienne est transporté sur la voie Latine ; si même le fait résulte d’un Capi txdare Evange/iorum et des Itinéraires du vu® siècle 3 , ces textes n’infirment pas le témoignage des gestes, ni l’exactitude de la légende : ils sont tous postérieurs à Grégoire I er . Et l’on s’explique le transfert du culte, soit par l’attraction naturelle exercée sur le pape par ses compagnons de la voie Latine, soit par une translation effective 4 .
Un fait, du reste, confirme d’une éclatante manière la tradition appienne, à savoir l’évolution même de la légende. Qu’Etienne n’ait pas souffert de mort sanglante, c’est ce qu’invite à croire le silence que gardent à son égard saint Cyprien et le biographe de Cvprien, Pontius 5 ; c’est ce qui ressort surtout du chronographe de 354 qui le range parmi les évêques, non parmi les martyrs. Que la tradition fasse mourir Etienne de la mort de Sixte II, c'est ce qui apparaît avec évidence lorsque l’on compare avec les gestes de celui-là l’histoire de celui-ci 0 . Comment expliquer qu’elle ait pu naître, si l’on refuse d'admettre que le sépulcre de l’un ait été voisin du sépulcre de l’autre ? Or, nous savons de façon certaine que Sixte fut enterré à Saint Calliste 7 .
« Sous le consulat de Valérien et de Lucillus , Etienne étant « pape , le moine Hippolyte convertit Paulina , femme de « Hadrias son frère et ses enfants Néon et Maria , qu ins - « t misent le prêtre Eusèbe et le diacre Marcel . Maxime « envoyé pour les espionner se convertit , est décapité et ense-
1 « Valeriano tertium et Gallieno secundum consulibus. »
2 Une tradition ^Manuscrits E) fait mourir Etienne sous Maximien : ce n'est qu’un grossier anachronisme, analogue à celui qui dépare la notice d’Urbain, il n’est pas signalé avant le XI e . Cf. Rossi, R. S., II, 85. Duchesne, L. P., 1, 154.