SAINT CALOCÈRE ET SAINT PARTHENIUS
« Au temps de Philippe, le premier empereur chrétien, qui « associa son fils à l'empire, fonda Phi/ippopolis en Thrace et « vit le millénaire de la fondation de Rome, Æmilianus « illustris fut rappelé de l'Orient. Après sa mort et la mort « des deux Philippe, tués l'un à Vérone, l'autre à Rome, « survient l' avènement au trône de Dèce le sacrilège, qui « fait exécuter l'évêque de Rome nommé Sixte et Laurent, « son vénérable archidiacre, et Alexandre , évêque de Jéru- « salem, et Rabylas, prêtre de l'église (P Antioche. On lui « dénonce Calocère et Parthenius, deux eunuques auxquels « Æmilianus, mourant, a confié sa fille Anatolie Caliste : « tous deux confessent leur foi , Calocère est torturé par le « préfet de la ville Libanius siégeant in Tellude ; Parthenius « lui raconte la vie du Christ et est torturé de même : puis « tous deux sont mis à mort dans une forêt où les bourreaux « abandonnent leurs corps. Sainte Anatolie les fait recueillir « par ses esclaves, les ensevelit dans la crypte où repose Sixte « et orne leur tombeau de colonnes de porphyre. Tous deux « étaient enfants de la province d'Arménie, Calocere l'aîné, « Parthenius le plus jeune; ils souffrirent le 14 des kalen - « des de juin, sous le consulat de Dèce Auguste et de « Gratus. »
L’emplacement de leur tombeau est confirmé par l'Epitome, la Notitia et les découvertes. A l'endroit où les gestes marquent le sépulcre des martyrs, on a trouvé les épitaphes d’un Æmilius Paternus, d'une Æmil(ia), d’un Fulvius, d’une Petronia clarissima femina , d'un... ius Æmilianus l . Il est donc infiniment probable que cette partie de l'hvpogée fut d'abord la propriété privée de la famille des Æmilii 1 , et que notre Parthenius était un affranchi de cette famille.
La date de l’anniversaire et l'époque du martyre sont confirmées, d’abord par l’exactitude de la date consulaire : Dèce et Gratus furent véritablement consuls en 250; ensuite par le férial qui, au 19 mai, résume les gestes de nos saints et les associe également à Dèce ; enfin et surtout par l'époque à laquelle vécut Æmilianus, qui, lui aussi, est un personnage his-
1 R. S., Il, 210 sq.
- On a lu le nom d'un Fulvius Petronius Æmilianus sur un tuyau de plomb, trouvé non loin du cimetière de CaUiste (Borghesi, Opéré , IV, 310).
Gestes de Sébastien.
torique dont la vie est très bien connue 1 : — ces trois faits établissent avec certitude l'époque où moururent nos deux saints.
Mais cette conclusion soulève des difficultés qu’on n'a pas encore résolues. Le chronographe de 354 place en 304 Calocère et Parthenius ; de Rossi, après du Sollier, veut y voir la trace d'une translation « in locum tutiorem », au moment de la crise dioclétienne et s’appuie sur une inscription qu’on lit à saint Calliste, «III id . feb . ». L’hypothèse est vraisemblable et peut contenir une part de vérité. Néanmoins, elle n’est pas satisfaisante, car le chronographe donne XII II kal . iun . et le graffite, III id.februar ; si le chronographe rappelle l’année de la translation, pourquoi ne donne-t-il pas aussi le jour de la translation ?
Nos incertitudes s’accroissent de toutes les incertitudes du férial. Ce n’est pas deux dates, comme le dit de Rossi, c’en est cinq qu’il mentionne 2 ; l’une d’elles est même suivie d’une indication topographique se rapportant au cimetière de Basille, sur la Voie Salara 3 . On constate qu’il y a eu, comme le pressentait Fiorentini, sinon un autre couple Parthenius-Calocerus, ou un autre Parthenius, du moins un autre Calocerus associé à Faustinus et Jovita et vénéré le 4 des kalendes de mai 4 ; la mention de l’un a induit le copiste à ajouter l’autre; de là, seraient venues les confusions que nous avons notées.
Quant à Callista, dont le prénom était Anatolie, son association aux eunuques, son existence même sont bien incertaines; l’adjonction d’un praenomen au cognomen dénote une basse époque 5 : elle rappelle étrangement Fia vie Domitille et ses deux amis : n’a-t-elle pas été suggérée par elle ?
« Sébastien , élève à Milan, citoyen de Narbonne , est un « ami de Dioclétien et de Maximien empereurs , qui lui donnent « le commandement de la première cohorte : aimé et vénéré
» Allard, 11.241.
s III, id. feb. (Bernensis et graffite); (X)IUI Kl. maias; XIII Kl. aug. ; XVI Kl. iunias, via Salara. Basillae ; XII 1 1 Kl. iun. Calliste.
3 11 faut dire, du reste, que les Itinéraires ne renferment pas cette mention.
4 Mombritius, 1, 148. Les saints sont rattachés à l'Egypte, à la civitas Brisinia, à Milan et peut-être à Rome (le templum Martis).
& Cf. Delehaye {Analecta Bollandiana , 1897, 240-241) et de Rossi, R . S., 11, 213.