‹ Étude Sur Les Gesta Martyrum RomainsChapitre 51 sur 161 · MARTYR · texte numérisé non relu

MARTYR

3 Ce qui était interdit par le concile de Gangres, dont les canons avaient pris place dans la collection de Denys le Petit : « Si qua mulier propter continentiam quae putatur habitum mutât et, pro solito muliebri, amictum uirilem sumit, anathemo sit» (P. L. 67, 1158).

« de Gallien et Valerien . Eugénie refuse au préteur urbain « Nicetius de sacrifier à Diane , au temple de Vile Lycaonia; « jetée au Tibre , e//c flotte sur Veau ; jetée dans les fottrs « des Thermae Severianae , c//c /t£ brûle pas. Décapitée par « un spiculaiort dans sa prison , e//c ensevelie dans son « champ, non loin de la ville, voie Latine . »

Cette dernière indication est exacte : le férial mentionne le tombeau d’Eugénie sur la Voie Latine, au cimetière d’Apronianus 2 ; les Itinéraires 3 et le Liber Pontificalis 4 confirment cette donnée.

L’époque où mourut Eugénie est moins assurée, la légende mentionnant à la fois le septième consulat de Commode, les Augustes Sévère et Antonin, en dernier lieu Gallien et Valérien. On peut admettre il est vrai que les deux premières indications chronologiques se rapportent au père de la sainte, et que c’est à l’époque de Gallien (260-265) pour Gallus (251- 253) ou de Yalérien (253-260) que celle-ci subit le martyre. A moins que ce ne soit le voisinage du pape Etienne mort à cette époque qui y ait fait placer la légende.

Quant au fond même du récit, débarrassé de ses invraisemblances 5 , on ne saurait en garantir ni l’exactitude historique en général, ni, en particulier, le rapport avec la sainte de la Voie Latine. Saint Avit, évêque de Vienne, de 500 à 526 en connaît les deux épisodes essentiels, la retraite et le déguisement d'Eugénie 6 , l’accusation de Mélanthie et la reconnaissance qui en résulte : mais il ne prononce pas le nom de Rome et rien ne nous oblige à supposer qu’il y localise la légende 7 .

1 D’après le texte que lut Bosio., R. S ., p. 298, 111, 25.

2 Noter que les gestes ne lui empruntent pas la date de l’anniversaire — VIII. Kal. ian — qu'ils semblent ignorer.

t Tillemont., IV., 585., note IV.

6 Mêmes aventures arrivent à Sainte-Marina, (9 juillet, 218). Je n’ai pu me procurer l’étude de M. Usener : Legenden der Pelagia (Bonn. 1819).

7 Avitus Poem., VI, 503, (Monum. Geiv/naniae. Auct. Antiq., VI, 289). — Je me demande même, après coup, si, au lieu d’admettre que c’est saint Avit qui a utilisé la légende, il ne faut pas croire que c’est le lég««daire qui a puisé dans saint Avis —, comme l’auteur des gestes de Cécile dans Victorde Vite. 11 arrive souvent que les gestes particularissent et localisent des légendes un peu vagues et flottantes — comme les gestes de Processus la légende de la fuite de saint Pierre. (Cf. supra , p. 111).

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