SAINT LAURENT
dans le calendrier : Damase est muet à leur endroit et les Itinéraires ne mentionnent pas leurs tombeaux. — Crescentius a sa sépulture mentionnée par le Salisburgeîisis , la Notifia et YEpitome dans la basilica maior de Sixte III. — Romanus est qualifié de lecteur par le Liber Pontificalis , de soldat par les gestes; mais c’est, sans doute, le même personnage qu'aura transformé la légende afin d augmenter d’un miracle 1 la gloire de Laurent ; son tombeau est mentionné dans les Itinéraires , tout au fond des galeries cémitériales ; son épitaphe a peut être été retrouvée en 1864, à Saint- Laurent 2 , son nom fut peutêtre donné au titulus Romani de 499 3 , sa crypte fut peut-être détruite en 1876 4 : ces « peut-être » ne sont pas inutiles : rien ne confirme ces hypothèses, si rien n’y contredit.
Dans la même église que Crescentius et Romanus reposaient aussi, selon le Salisbnrgensis , une Cyriaca sancta vidna et martyr et in a/tero loco s . ïnstinas. L’une et l’autre paraissent dans nos gestes sans que leur sépulture soit indiquée ni même mentionnée leur mort; l’une et l’autre sont devenus les héros de gestes séparés, qui n’eurent qu’une popularité très faible 5 , et dont l’auteur se proposait sans doute de réunir et de compléter les renseignements épars dans les gestes de Laurent. L’anniversaire de Justin est placé par le férial prul. non. aug ; son tombeau, nous l’avons vu, était voisin de celui de Crecentius, dans l’église de Sixte III. Cyriaca est absente dufériail; son nom ne s’y trouve que dans un manuscrit de Bède-Florus, à la Vaticane. Mais son souvenir est attaché à Sainte Maria Dominica et surtout à VAger Veranits : on racontait qu’elle était propriétaire du champ où saint Laurent fut enseveli 0 , que ce champ fut confisqué pendant les persécutions et qu’on y éleva, après la paix de l’église, la basilique superbe dont Léopard devait abaisser le niveau et Pélage enrichir la décoration. Le fait est qu’on y a trouvé l’épitaphe d’une Quiriace 7 et que les pèlerins du v® siècle y ont vu le tombeau d’une Cyriaca 8 .
1 La conversion d’un soldat.
2 De Rossi, Bull., 1864, 33.
3 II y eut aussi un Romanus à Antioche. Prudence : Péri sleph ., X.
4 Stevenson, Nuovo Bul ., 1895, p. 89. — Une tradition mentionnée par le R. P. Le Bourgeois place à Saint-Laurent in fonte le lieu de son baptême.
5 Stevenson, Nuovo Bull., 1895, 97.
* Bull., 1864, 34.
Irénée et Abundius furent ensevelis, si Ton en croit les gestes, iuxta corporisS. Laurentii . Ici encore les Itinéraires confirment leurs indications. « Ibi pausat, lit-on dans le Salisburgensis , SS. Abundius et Herenaeus , martyres via tiburtina x . » Quant à la date qu'ils assignent à leurs anniversaires, elle est contredite par le férial : celui-ci donne : « X Kal.sept. ad. s. Lanrentium... Abundii' 1 », ceux-là le VII: la différence est peu sensible; de quelque manière qu'on l'explique — erreur de copiste ou divergence de tradition — le culte des deux cloacarii reste fixé au dernier tiers du mois d’août.
Rien ne contredit donc jusqu'ici aux données essentielles des gestes : un double rapport chronologique et topographique réunit tous ces martyrs dans une même région de la voie Tiburtine, à une même époque de l’année ; cette double parenté qui les lie semble garantir l’exactitude relative de la tradition. Il y a de bonnes raisons, au contraire, pour douter des détails qu’elle apporte au sujet d’Hippolyte, Concordia, Tryphonia, Cyrilla. Que Tryphonia et Cyrilla fussent femme et fille de Dèce, le fait est manifestement inexact : non pas que le nom d'esclave porté par Tryphonia nous invite à le penser : (l'affranchie Marcia était concubine de Commode 3 ), mais notre connaissance de l’histoire de Dèce nous oblige à le croire. Il est seulement possible, si l'on veut 4 , qu'elles aient appartenu à sa maison. — Qu’elles fussent ensevelies toutes deux, contrairement à ce que racontent les gestes, auprès de saint Hippolyte, c'est ce qui ressort d'autre part du texte même du Salisburgensis 5 . 11 en va de même de Concordia : sa tombe est mentionnée dans ce même texte : mais sa qualité de nourrice d'Hippolyte est ignorée ou contestée par tous les Itinéraires 6 . Le fait est que nous ignorons tout de ces martyrs, hormis ce point seulement: comme leur tombeau était tout voisin de celui d'Hippolyte, elles
1 Je ne saurais trancher la question de savoir si le petit cubiculum dont parle le Salisburg est celui d’Irénée : le texte est trop corrompu; d’autre part, les gestes n’autorisent pas à séparer le tombeau d’Irénée de celui d’ Abundius. Il faut attendre des inscriptions. Nuovo Bull., 1895, 75.
2 La restitution Irenaei ne souffre pas de difficulté.
3 De Witte : Du christianisme de quelques impératrices 7'omaines avant Constantin. — Mélanges d'Archéotogie , 111, 10 (Paris, 1853). — De Rossi, Bul. $ 1882, 27.
1 Allard, III, 203. — On a la maison d'un Dèce inconnu.
* De Rossi, H. S., I, 178, — Stevenson, Xuovo Bull., 1895,75.
6 Le Salisburgensis en fait sa femme; la fiotitia la nourrice dé Cyrilla.