SAINT NICOMÈDE
Gestes des' aints Nérée et
Nicomède.
phvre et Ardaléon, on supposa qu'il s’était converti en jouant devant le prince : le thème légendaire était trouvé. On emprunta au Genes d'Arles 1 , la date de l'anniversaire et même l'époque du martyre 2 — quoique le Genes de Rome fût tout voisin des héros du cycle laurentien — : un jour la légende fut mise par écrit: c’est le texte que nous lisons 3 .
« Un prêtre Nicomedes fait communier P et rouilla le jour « où le comte Flaccus vient lui demander sa main et où « elle meurt. Arrêté par ordre du Comte , il refuse de sacri - « fier et meurt sous les coups. Son cadavre jeté au Tibre est « recueilli par son clerc Justus : celui-ci T ensevelit dans son « champ , voie Nomentane , en dehors des murs , le 7 des « Kalendes d'octobre ’*. — Eutyches , qui. ainsi que Victorinus « et Mar o, a succédé à Nérée et à Achi/lée dans la confiance « de Domiti/le. l'engage à repousser les avances d'Aurelianus « et à rester fidèle à Dieu. Au relia nu s se le fait donner par « Nerva et , sur son refus de sacrifier , il F envoie dans une de ses « terres au seizième mille de la Voie Nomentane. Eutyches « V gnérit la ftllr du conducior loci, et y opère des conver- « si o ns nombreuses. Il est mis à mort et les chrétiens élèvent « une basilique au-dessus de son tombeau. »
Le lieu de la sépulture de Nicomède est attesté par V Epitome, la Notifia , Y Itinéraire d'Einsiedeln , la Vita Adriani. L'hypogée retrouvé par Bosio, le 14 décembre 1601, dans les
1 Très populaire, il était vénéré à Lucques: Grégoire de Tours. De Gloria Mart., 07 (Krusch, 533).
2 Dioclétien ne pouvait être à Rome à cette date ni en 285, ni en 2%, ni en 303 (Tillemont, IV, 418, 604).
Les deux Genes ont été confondus par Pierre de Natali : Catalogue, VII, 110/
3 Noter qu'il ne contient aucune donnée topographique. — G*est seulement au vnr siècle qu’il a une église à Rome, sous Grégoire 111 Cf. Harnack : Gesch. der altchr., Wt., 821. — Cf. l’étude très consciencieuse qu'a faite de cette légende M 1U Berthn von der Lage: Studien zur Genesiuslegende (Berlin, Gaertner, 1808, 2 fascicules).
4 Cf. Marrucchi : Les Catacombes Domaines , p. 253.
5 La date se trouvait dans le texte que lut Bosio.
c estes de S, Alexandre.
jardins de la Villa Patrizi est certainement antérieur au iii® siècle, puisqu’on y trouve de nombreuses inscriptions grecques. On ne sait rien de positif sur les rapports de Nicomède et de la gens Catia, propriétaire de la catacombe ; on ne peut donc fixer l’époque où il vécut 2 . — Justus est complètement inconnu.
La basilique d’Eutyches n’est attestée par aucun autre document et n’a pas été retrouvée : mais le férial mentionne, au même endroit que notre texte, un cymiterium Eutychii*; il faut donc admettre qu’il y avait au dix-huitième mille un hypogée avec une basilique cémitériale auxquels était attaché le souvenir d’un Eutyches, d’ailleurs inconnu.
« Severina, femme d'Aurelian us, cornes utriusque militiae « envoyé par Trajan à Séleucie d’hattrie , afin <F exterminer « tous les chrétiens , ensevelit dans sa terre au septième mille « Eventius et Alexandre dans un même monument , Theodu - « lus dans un autre. Cet Alexandre est le pape qui a con- « verti le préfet Hermès et le tribun Quirinus : il est mort à « trente ans , et Eventius à quatre-vingt-un. »
Les gestes d’Alexandre sont comparables à ceux d’Urbain : le pape a été confondu avec un martyr homonyme. Le jeune âge que lui attribuent les gestes nous invite à le penser; d’autant qu’il n’est pas enterré au Vatican, comme les papes des deux premiers siècles et qu’il est formellement exclu par saint lrénée du nombre des martyrs 4 .
Voici qui supprime toute incertitude : le férial, au 5 des nones de mai, ne lui donne pas le titre d’évêque ; il le cite après Eventius ; une inscription trouvée à la catacombe 5 , le cite de même en seconde ligne seulement, après un autre martyr dont le nom est incomplet. — Le calendrier, au
i Bosio, R. S., p. 414; III, 44 et 50, p. 435.
* De Rossi, Bull., 1865, 49. — R. S., I, 178. L. P., I, 322 (Aringhi, II, 127). — Ce Nicomede est sans doute celui qui donna son nom au titulus attesté en 199. — Les gestes de Nicomède indiquent l’époque de Maximien, que contredit la suite du récit.
a F. II., VIII Kl. sept. — Damase (Ihm, 27, 32) consacre un elogium à un Eutyches qui diffère de celui-ci par ses attaches topographiques (saint Sébastien) et son genre de mort.
4 Adv. llaereses, III, 3.
6 De Rossi, Ins. Chr ., I, vu. — Marucchi : op. cil., 287.
r, estes de St Marcel.