Sous Dioclétien , P ri mus et Felicianus refusant de
Gestes A sacrifier à Hercule et à Jupiter sont livrés à Promotus , Primu^et (< P raeses ( ^ e Nomentum, au treizième mille . Ils y souffrent Felicianus. « le martyre , sont transportés ad Arcus Numentanos intra « arenarium et ensevelis iuxta arenarium. Après leur mort, « ils guérissent les malades ; après les persécutions , on leur « élève une basilique au quatrième mille de Rome : leur fête « est le 5 des ides de juin. »
La cîate de l’anniversaire est confirmée par le férial; — le lieu du tombeau par le férhd, le Liber Pontificalis, les découvertes. Le férial les mentionne, en effet, au quinzième mille: l’écart est faible et s’explique par une erreur de transcription ou une divergence dans l’appréciation de la distance. Une inscription mentionnée par Ciampini 2 , reproduite par de Rossi 3 , et un passage du Liber Pontificalis 4 nous apprennent que le pape Théodore (642-649) les transporta de l’arénaire de la Voie Nomentane à S. Stefano Rotondo. Bosio 5 assure enfin qu’il a trouvé au neuvième mille, les ruines d’une basilique et , les restes d’une catacombe aujourd’hui très dévastées 0 . On ne peut rien avancer de plus.
1 De Rossi, H. S., 1, 109 ; Tillemont, V, 121. 3 Veter. Monum II, 32.
3 Ins. Chr. y II r 132.
• r * Bosio, H. S., p. 116; III, 46.
6 Stevenson, Bul . , 1880, 106.
Gestes de Ste Agnès.
« Agnes , vierge de treize mis, préservée par un ange des « souillures du lupanar, est décapitée par le préfet Aspasius « pour avoir refusé d épouser son fils * et enterrée dans le « praediolum de ses parents. Voie Nomentane. Eméren - « tienne, sa sœur de lait, tuée sur son tombeau, est enterrée « in confinio agelli beatissimae Agnetis . Constantina , fille « de Constantin, va prier à ce tombeau; guérie, elle y fait « élever une basilique et bâtir son mausolée. »
Trois détails sont certainement légendaires: le motif du martyre d’abord. Il est de style, dans les récits où tout l’intérêt repose sur le periculum castitatis , d’imaginer que la vierge consacrée à Dieu est recherchée en mariage par un noble romain : il suffit de se rappeler les gestes de Domitille, d’Eugénie, d’Anatolie, pour se convaincre que le récit du pseudo- Ambroise est, non pas un souvenir historique, mais un incident traditionnel et quasi nécessaire de ces sortes d’histoires. La lecture des actes syriaques et des menées qui sont muets à cet égard 1 confirme nos soupçons.
L’association d’Emérentienne à Agnès ne saurait être davantage admise. On ne connaît pas d’inscription qui la mentionne antérieure à notre texte, tandis qu’il en est deux qui montrent cette sainte engagée dans deux autres groupes : celui de Sophia, Pistis, Elpis et Agape, Via Aurélia 2 ; — celui de Victor, Félix et Alexandre sur cette même Voie Nomentane 3 . L’association des deux cultes s’explique d’abord par la proximité des deux hypogées — Emérentienne reposant au cimetière ostrien et Agnès dans celui qui porte son nom — ; ensuite, par l’influence des traditions du îv® siècle : les sœurs de lait chères à saint Jérôme 4 .
L’époque du martyre est incertaine. Il est probable que c’est le développement qu’a pris la légende à l’époque constantinienne qui l’a, en quelque sorte, attiré aux premières années du îv® siècle ; d’autant qu’on plaçait alors tous les martyrs dont
1 Assemani, II, 159. — Les actes syriaques sont évidemment inspirés des actes de Pierre: c’est parce qu'elle prêche avec succès la chasteté aux Romaines, qu’Agnès est dénoncée par les maris.
- Nuovo Bullett.. 1896, 155.
3 Itinéraire (H. S., I, 178-179); inscription du iv* trouvée par M. Lanciani. * Ep. UV, 13 ; LXX1X. 9.