‹ Étude Sur Les Gesta Martyrum RomainsChapitre 65 sur 161 · SAINT HERMÈS · texte numérisé non relu

SAINT HERMÈS

Gestes de Ste Vibbiane.

« saisi par le comte Aurelianus et décapite ; Theodora , sa « sœur , recueille ses l'estes, les ensevelit Via Salara Vetere « non loin de Rome , le 5 des Calendes de septembre . »

Cette tradition constate et explique l’existence de la catacombe de Hermès. « Il existe, en effet, sur la Voie Salara Vêtus une catacombe dont l’origine est probablement très ancienne et à laquelle est resté attaché lo nom de Hermès. Ses restes y reposaient encore au vi° siècle et des lampes brûlaient continuellement devant son tombeau : on retrouve sur l’étiquette — pittacursis — d’une des fioles d’huile recueillies devant les tombeaux des martyrs des catacombes, et envoyées par le pape Grégoire le Grand à Théodelinde la mention de Scs. Hermes... Le tombeau de saint Hermès demeura pendant les vn\ vin 0 et ix° siècles l’un des rendez-vous des pèlerins ; au xiv® siècle, alors que la plupart des sanctuaires des catacombes étaient depuis longtemps abandonnés, la piété publique connaissait encore le chemin de son cimetière L »

La catacombe est donc bien connue ; quant à l’origine que la légende lui assigne, c’est une autre affaire. Il est certain qu’il n’y eut jamais un Hermès, préfet urbain, sous Trajan ni sous Adrien ; il est certain que l’hypogée existait au ii° siècle 2 ; il est certain que Hermès est un nom d’esclave ou, par conséquent, un nom d’affranchi. Au n c siècle, — sous Adrien notamment, — les affranchis ont joué à la cour des rôles importants 3 ; on a le droit de penser que c’est un affranchi du n° siècle, appelé Hermès, appartenant peut-être à la cour impériale qui fit creuser une catacombe dans une de ses terres ; son nom y demeura attaché lorsque la catacombe devint propriété ecclésiastique 4 .

« Le prêtre Jean qui , aidé de Pigmenius , a enseveli Vibbiane « fille de Dafrose et de F/avien , est décapité Via Salara, « devant V idole du Soleil, au Clivus Cucumeris ; c'est là que

» Allard, I, 210. — Cf. Bull., 1894, 14-70. — Xuovo Bull., 189.“», p. 11 ; 1896, p. 99. — Bonavenia : Il Cimilero di S. Ermete ( Civiltà Catlolica , 21 luars 1891).

2 Bull., 1894, 16. — C. I. L., VI, 8987.

3 Témoin Proxenes, sous Commode. 11 devint procurator Ihesaurorum , procurator patrimonii , procurator munerum , procurator vinorum , et il embrassa le christianisme. De llossi, Ins. Chr ., I, p. 9, n° 5.

4 La date de l’anniversaire, 5 septembre, a cours dès le v.

stes de Eugénie.

« son corps est recueilli par le prêtre Concordius et enseveli « dans un sarcophage, à côté des martyrs, le 8 des Calendes « de juillet . »

Ce prêtre Jean est, sans doute, le prêtre ensevelisseur des légendes dioclétiennes ; il est inconnu du férial, mais son nom se trouve deux fois dans les Itinéraires.

« Protus et Hyacinthus accompagnent Eugénie dans sa « fuite au monastère de saint Helenus ; Basilla s'attache A la « sainte avec autant de dévouement que ses deux eunuques, « quand elle vient à Rome. Cornélius la baptise ; mais livrée .< par une servante et abandonnée de Pompeius son fiancé, c< elle est décapitée avec Protus et Hyacinthus et ensevelie « Voie Salara. »

Comme la légende d’Hermès, cette légende-ci raconte les origines d’une catacombe, celle de Basilla 1 . La crypte où furent ensevelis Protus et Hyacinthus, déjà mentionnés au iv* siècle dans le chronographe et célébrés par Damase 2 , a été découverte, en parfait état de conservation, en 1845 3 ; la plaque qui fermait le locus confirme, ainsi que le chronographe et le férial, la date de l’anniversaire fournie par les gestes. Le texte du Bernensis et du Wissenhurgensis’' ne confirme pas les données de nos gestes quant au groupement qu’ils indiquent : il prouve seulement que la composition de ces manuscrits est postérieure à la date de la légende. Le silence de Y Epternacensis : >, l’anniversaire de Protus et Hyacinthus distinct de celui d’Eugénie, le rôle qu’on leur attribue, permet de croire que l’association de la sainte et de ses prétendus eunuques n’est pas primitive, qu’elle a été inspirée par la légende si populaire de Nérée et Achillée et que l’histoire véritable de Protus et Hyacinthus était inconnue. Toutefois l’hypothèse ne deviendra certitude que du jour où l’on pourra indiquer pourquoi l’on a réuni dans

1 Bull., 1877, 28, 73, 74 ; 1878, 46; 1880, 96, 123.

2 Ihm., 49, p. 52.

3 Bull., 1894, 21.

4 IIII id. sept. Basillae, s. Proti et Jacinthi qui fuerunt doctôres christianae legis s. Eugeniae et Basillae.

b X. K. oct. in cimiterio eiusdem Basillae.

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