‹ Étude Sur Les Gesta Martyrum RomainsChapitre 66 sur 161 · SAINTE FÉLICITÉ · texte numérisé non relu

SAINTE FÉLICITÉ

listes de Sle Félicité.

une même légende, à une sainte de la voie Latine, deux martyrs de la voie Salara 1 .

Quant à Basilla, c’était avec Hermès l’éponyme du cimetière, ainsi que l’attestent le chronographe, le férial et les Itinéraires ; le chronographe semble placer son martyre au 10 des calendes d’octobre 304. Ce que nous soupçonnons pour Protus et Hyacinthus est donc ici complètement assuré : l’association de Basilla à Eugénie semble purement légendaire 2 .

« Au temps d Antonin , à la suite (Tune sédition des prêtres, « Félicité est arrêtée avec ses sept fils , Januarius, Félix , Phi- « lippe , Si/anus, Alexander, Vitalis, Martialis ; traduite « devant le préfet urbain Publius, elle refuse de sacrifier c< ainsi que ses enfants : tous sont mis à mort 3 . »

Les dates des anniversaires nous sont connues ; celles des enfants par le chronographe 4 et le calendrier ; celles de la mère par le calendrier 5 . Les gestes ne les mentionnent pas.

Les emplacements des sépultures sont connus exactement de même 6 . Les gestes les ignorent aussi.

L’époque est incertaine : rien n’empêche absolument

d’admettre l’indication des gestes et de placer des martyrs au temps d’Antonin ou de Marc-Aurèle; il se trouve même que l’année 162 convient plus particulièrement à notre récit, « à cause des particularités suivantes : Deux Augustes ; — l’absence momentanée de l’un, faisant que, bien que la justice soit rendue au nom de tous deux, un seul soit invoqué momentanément par le juge; — un préfet de Rome dont on sache avec certitude qu’il a porté le prénom de Publius ; — enfin des calamités publiques assez exceptionnelles pour persuader que la colère des dieux exige des sacrifices expiatoires 7 . »

i Rôtnische Quartschr., 1894, 138; But., 1891, 112, 119.

3 L’inscnption rapportée par Bosio (p. 560) n’est d'aucun secours.

3 Cf. Führer : Ein Ùeitrag zür LÔsung der Felicitasfrage (Leipzig, Fock, 1890). — Künstie : Hagiogmphisc/ie Studien über die Passio Felicitatis (Paderbom, 1894 ; Schôningh). — Führer : Zür Felicitasfrage (Leipzig, Fock, 1894). — Doulcet : Mémoire relatif à la date du martyre de sainte Félicité (dans Y Essai sur les Rapports de V Eglise chrétienne et de VEtat romain , Paris, 1882).

4 L. P., I, 11-12. Cf. note 5 et Rossi-Duchesne, p. 89, VI, id. iul.

! F. H. 9 juillet* VII id.., rom... felicitatis cum prb. VII felicis philippi marcialis alexandri et alior triû.

6 Ils sont attestés, en outre, par les Itinéraires et, quant à ïanuarius, par les découvertes. Bull., 1863, p. 1.

7 Allard, 1, 351.

Gestes de St Marcel.

22t ANALYSE CRITIQUE DES TRADITIONS ROMAINES

Quant au groupement des personnages, est-il historique ou légendaire? La communauté d’anniversaire de sept saints enterrés en quatre endroits différents invite à penser que le lien de parenté que la tradition mentionne n’est pas tout à fait inexact. D’autre part, si Félicité est séparée de ses fils par le chronographe, si elle a un anniversaire distinct dans le férial, si elle a une sépulture distincte à la catacombe de Maximus, elle a aussi une fête qui lui est commune avec ses enfants, au 9 et 10 juillet; on ne voit pas comment elle aurait été associée aux septem fratres: il est probable que son histoire a été réellement associée à la leur. — Mais il n’en résulte pas qu’elle ait été leur mère : le férial semble en faire une vierge et, de ses fils prétendus, des prêtres 1 . L’association de ces martyrs, le nombre des sept prêtres aura enfanté peu à peu une réplique de l’histoire des Macchabés.

a Au temps où Maximien , à son retour d'Afrique , cons- « Intit les t tiennes dioclétiens , une grande persécution sévit « contre les chrétiens qui ont à leur tête V evêque Marcel. « Touché par la grâce durant T interrogatoire de Sisinnius , « le commentariensis Apronianus confesse le Christ: il est « décapité Via Sa lara, au deuxième mille , le 4 des noues de fé- « vrier. Sisinnius, ainsi que son compagnon le diacre Saturni - « nus, comparait devant le préfet Laodicius ; tous deux sont « exécutés , puis ensevelis par Thrason, leur ami , dans sa « terre de la Voie Sa! ara le 4 des kalendes de décembre. « Crescentianus est enterré par le prêtre Jean à Prise il le, « dans un arénaire de la Voie Salara , le 7 des kalendes de « décembre. Marcel, saisi , meurt le 17 des kalendes de février , « après avoir été palefrenier dans les écuries du service des « postes : son corps recueilli par le prêtre Jean et la bien - « heureuse Liicine est enseveli dans le cimetière de Priscille , « Via Salara Vetere, au troisième mille. »

La date de l'anniversaire, le lieu de la sépulture du pape sont attestés par le férial et le Liber Pond fica lis, sans parler des Itinéraires.

L’époque qui lui est assignée par la tradition est exacte : il a 1 Cf. VII id. iul. — Damase ne donne aucune lumière.

SAINT CHRY8ANTHE

Gestes de saint

Chrysanthe.

été élu le 26 mai ou le 26 juin 308 1 ; il est mort le 16 janvier 309 2 . En 308, Maximien lutte contre Maxence 3 , puis contre Constantin qui l’épargne 4 . Marcel et Maximien ont donc été contemporains. — Il est certain toutefois que le synchronisme établi par la tradition vise la grande persécution antérieure à la retraite de Dioclétien à Salone en 305 : il y aurait donc, dans la légende, une légère erreur : on en discerne aisément l’origine. — On en relèvq une autre, et plus grave celle-ci, dans le récit que font les gestes de la mort de Marcel. A la suite de dissensions intérieures relatives à la réintégration des faillis dans l'Eglise, Marcel fut exilé et mourut en exil 5 : on ne peut dire d’oü vient la légende du Catabulum.

La même obscurité nous dérobe l’histoire des saints qui lui sont associés. Sisinnius et Saturninus sont peut-être célébrés par Damase 6 , qui, selon son habitude, ne nous donne aucune lumière sur eux. La date de l’anniversaire, le lieu de sépulture du second, sont confirmés par le chronographe, le férial et les Itinéraires; Apronianus et Sisinnius sont absents tous deux, à cette date et à cet endroit, et du férial et des Itinéraires 7 .; peut-être viennent-ils ainsi que Lucine des gestes d’Anthime.

« Chrysanthus , fils de V illustre Polemius d! Alexandrie, « vient à Rome avec son père au temps de Numérien . Très « versé dans toutes les sciences , il est converti par Carpo - « phore , prêtre de la cinquième région et , huit jours après « son baptême, il prêche le Christ . Sa foi résiste à la prison , « à la volupté; la vestale Daria , aussi remarquable par sa « beauté que par son esprit , essaye en vain de le toucher: « c'est elle quil convertit, et tous deux s'épousent avec Tin - « tention de rester vierges ; et tous deux conquièrent au « Christ une foule d'hommes et de femmes . Les maris délais -

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