FLAVIE D0MIT1LLE
Si Ion suppose enfin 1 , une erreur de copiste dans le texte qu’Eusèbe a eu sous les yeux, on apercevra quelle fut l'origine de la faute dont on vient de montrer la preuve. Au lieu de $Xoccuiav. Ao[jLSTtXXav, «ÊXaoutou KX^sv-oç... èÇ ââeXçfjç vs^gvuîav..., lisez ^Xacuiav Acp.£T (XXav, <l>Xaou(Gu KX^jjlevtoç Y uvaîxa, Aop.£Tiavou kç à$£XÿÿJç y £ Y Gvuîav, et vous comprendrez comment la prétendue fille de la sœur de Flavius Clemens n’est, de fait, que la femme de Flavius Clemens, fille d’une sœur de Domitien, également nommée Flavie Domitille 2 . Si l’on ajoute à cela l’oubli profond qui a si vite enseveli les premières origines du christianisme romain, au point que les familles qui en furent les appuis les plus fermes ne laissèrent pas une trace profonde dans la légende non plus que dans l’histoire ; si l’on songe surtout en quel honneur était tenue la virginité au îv® siècle et comme elle tendait à devenir un des attributs nécessaires de la sainteté féminine ; si l’on se rappelle enfin que nous avons constaté déjà, à propos de Constantina, la femme d’Hannibalien et de Gallus, semblable phénomène de « virginisation », on ne sera pas éloigné de regarder comme infiniment probable que la vierge des gestes n’est autre que la femme de Fl. Clemens.
Quant au martyre que la légende raconte, il s’explique par le besoin naturel d’exalter aussi haut que possible la chrétienne qui avait laissé son nom à une catacombe qui était sa propriété 3 , ou par le souvenir embelli de l’exil à Pontia et le changement de sens du terme p-apiu; 4 . Quoi qu’il en soit, du reste, à cet égard, il reste évident que la tradition attachée à cette sainte nous reporte aux premières époques du christianisme romain.
Cette conclusion est confirmée par les renseignements que fournit l’examen de la catacombe et des inscriptions quon y trouve : elle s’adapte à merveille à l’explication que suggère le groupement des martyrs associés à Domitille. L’ambulacre découvert en 1860 et déblayé en 1865 5 , l’hypogée retrouvé en 1852 à « Tor Marancia 6 », la crypte transformée en basi-
1 Gsell. Essai sur le règne de Domitien , p. 298.
s Suétone, Vespasien , 3. — C. I. L., VI, 948.