‹ Étude Sur Les Gesta Martyrum RomainsChapitre 80 sur 161 · C. 1. L., VI · texte numérisé non relu

C. 1. L., VI

4 Cf. supra, p. 205.

& Trouvé par Michel de Rossi (R. S ., I, 187. — Bull., 1865, 23, 34, 95).

* R. S., I, 168, 187. — Bull., 186 , 34 ; 1875, 8. Sur la récente restauration de sainte Pétronille, cf. N . Bull., 1899, 21.

lique semi-souterraine à la fin du iv® siècle 1 , le cubicu/um d’Arapliatus découvert en 1880 2 nous reportent au début du il® siècle ou à la fin du 1 er . L’inscription portant les noms de Flavius Sabinus et de sa sœur Titiana est du 11 e siècle 3 ; il en est de même de celles de Flavilla 4 , de Flavia Speranda .« cia rissima femina » \ de <Ï>X... IlToXsp.atb; G : celle-ci peut être du i cr siècle.

Petronilla, Nérée et Achillée se retrouvent dans la catacombe. Petronilla était une Aurélia 7 : son nom est dérivé, non de Petrus, mais de Petro, cognomen qu’on rencontre chez les Flavii chrétiens et les Flavii Augusti* : la sépulture de la sainte est attestée par les Itinéraires et par le nom qui fut donné à la basilique. Sa légende s’explique par son nom : on oublia le rapport Petroni/la-Petro ; on ne vit que le rapport Petroni/la-Petrns ; et la chrétienne de la gens Aurélia fut métamorphosée en fille de saint Pierre : transformation très antique et qui ne paraît pas exclusivement romaine : elle est attestée par la « Praxis Pet/i », le traité gnostique antérieur à Irénée qu’on a découvert en 1896 9 .

Nérée et Achillée, qualifiés de chambellans par les gestes, de frères parle férial, n’étaient encore que simples soldats au temps de Damase ,0 , h l’époque où l’on construisait la basilique de Pétronille. Leur martyre était alors représenté sur deux colonnes, dont l’une a été retrouvée, sur laquelle on lit : ACILLEVS 11 . Leur association à Domitille n’a pas de valeur historique certaine : elle est néanmoins probable pour qui considère l’époque où ils vécurent et l’endroit où ils furent enterrés. Saint Paul connaît un Nérée à Rome 12 : pareil nom

1 Bull., 1874, 8; 1875, 1 ; 1878, 132; 1879, 158.

2 Bull., 1880, 170; 1881, 157.

^ Bull., 1875, 40, 64.

< Bull., 1875, 40, 64.

& Bull.. 1881, 67.

« Bull., 1875, 42,68.

' Bull., 1875, 36.

« Bull., 1875, 36.

9 Dans un manuscrit copte, au Caire. — Cf. Silzungsberichte der K. preus. Akad. der Wissensch. zu Berlin, 1896, II*' Halfband, p. 839. Em vor irenæisches gnostiche Originalwerck in koptischer Sprache , von D r K. Schmidt, vorgelegt von Hrn. Harnack, 9 juillet 1896.

Ihm, 8. p. 12.

i» Bull., 1875, 7, 10.

12 Ilpb; ’Pwpiiov; X\I : « àoTrxaaaOe 4>iX6àoyov xal ’lovXtav, Nrjpéa xai tt,v àSeXç-rjv avroj... (ed., Westcott et Ilort, p. 376);

Gestes des saints Césaire Hyacinthe.

SAIÜÏS CÉSAlRE Et HYaCINÏHË 2&S

est rare dans les textes 1 ; n’est-il pas vraisemblable que c’est l’aini de Saint Paul, ou son fils ou quelqu’un de sa famille que l’on doit reconnaître sous le titre de chambellan et l’accoutrement d’eunuque dont l’affuble la légende? Son tombeau se trouve dans l’hypogée des Flavii ; il y fut placé alors que la catacombe était encore domaine privé : il est nécessaire que certains rapports aient existé entre la gens Flavia et le nouveau converti. Vivant à l’époque de Domitille, enseveli dans sa propriété, il n’y a donc pas de raison de croire qu’il ne fut pas mêlé à sa vie. Quant à Felicula, nous n'en pouvons rien dire : le férial la mentionne aux nones et aux ides de juin ; sa catacombe, située au septième mille, n’a pas été retrouvée 2 . — Malgré les déformations que le temps lui a fait subir, la tradition ardéatine, on l’a vu, laisse assez aisément discerner l’histoire qu’elle recouvre.

« Au temps de Néron , Luxurius , envoyé comme judex à « Terracine se lie d y étroite amitié avec tirminus , prêtre du « temple d y Apollon , à qui l y on immolait , chaque année , un « homme , le jour des kalendes de janvier. C y est alors que ,

« venant d y Afrique , le diacre Césaire , délmrque à Terracine « chez le chrétien Eusèbe : il ensevelit Nérée et Achillée à « Rome y au cimetière de la voie Ardéatine et Flavie Domi- « tilley Theodora et Euphrosyna à Terracine même y lorsque « Luxurius les eut mises à mort. Survient ensuite T époque du « sacrifice humain : Césaire essaye en vain de détourner les « habitants de leur projet y et les reprend sur leur cruauté . « après qu'ils Font accompli . Dénoncé par le pontife Firmi - « nus y emprisonné par le primus civitatiSy LuxuritiSy il est « conduit au consularis Leontius: le temple d y Apollon « s'écroule à ses prières 3 . Emprisonné pendant un an et un « jour y il convertity lorsqu'il en sort y le consxdaris LeontiuSy « le baptise et le fait communier par le prêtre Julien: Leon - « tins meurt subitement et est enseveli par sa femme tout « près de la ville y dans sa terre y le 3 des kalendes de no - « vembre . Luxurius qui fait jeter à la mer y enfermés dans un

1 Cf. V. id. maii, tom. aclulis epimeni nerei. ( Ept.y p. 59).

2 Kraus, R. II, 117.

3 Comme le temple de Mars aux prières de Sixte ou d’Etienne. Cf. supra .

« sac , Césaire et Julien, meurt piqué par un serpent , tandis « que Césaire et Julien sont , après leur mort, déposés par les « flots sur le rivage : un serviteur de Dieu qui avait habité « avec eux , recueille leurs corps et les ensevelit près de Ter- « racine , aux /calendes de novembre . Cependant le moine « Eusèbe et le prêtre Félix , opèrent de nombreuses converti sions . Leontius, fils de Leontius le consularis , /es /ai7 « décapiter et jeter au fleuve L La mer les porte près de la « sapinière 2 , ou le prêtre Quartus de Capoue les enterre , à tt coté de Césaire , le jour des noues de novembre . »

La date de l'anniversaire donnée par les gestes est inexacte. La fête de Césaire était célébrée à Terraeine le 21 avril, XI kl. maii , comme l’atteste le férial. L’anniversaire du 1 er novembre est dû à une erreur facilement explicable, dont on suit les progrès dans les manuscrits. V Epternacensis porte à cette date :

« Interaci meldacasi iuliani victoris felicis... simpliciae faustae In

[cessa capp »

On voit que Céjsaire manque et que le laterculus terracinien est aussitôt suivi des mots in Caesar Cappadociae. — Supposez qu’un copiste inattentif intervertisse les mots in César et écrive César in ; vous avez le texte précis du Bernensis :

« ... Simplicie. Prime. Cesari. ET IN CAPPADO cie, >'

Les saints cappadociens ne sont plus rattachés à Césarée, et Césaire est rattaché au 1 er novembre. — Supposez maintenant qu’un autre copiste inscrive à nouveau la ville dans le laterculus cappadocien, tout en respectant l’addition de son prédécesseur : vous avez le texte précis du Wissemburgensis.

« ... Simpliciae primae cesari et in caesaria cappadocie... »>

la faute est confirmée, le culte de Césaire rattaché à une date nouvelle : le Codex Epternacensis et les gestes de Nérée, par leur silence, vérifient l’hypothèse.

1 L’Ufens.

2 Pinetum désigne le bois de Feronia» Virgile i Enéide , VII, 799. — Horace : Satires /F, 24.

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