‹ Étude sur les greffes dermo-épidermiques: Par la Méthode dite de ThierschChapitre 10 sur 29 · RD ES · texte numérisé non relu

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chemin à parcourir sera plus long. De plus, les examens microscopiques montrent les endroits qui reposent directement sur la plaie comme étant doués d’une vitalité bien plus grande et d’une rapidité d’adhérence toute particulière. Toutes ces raisons nous engagent à pratiquer l’hémostase complètement et à débarrasser la plaie des caillots quand ils existent à sa surface. Voilà aussi pourquoi la bande d’Esmarch présentera toujours des inconvénients sérieux à cause du suintement inévitable qui se fera dans la greffe après son enlèvement, malgré la compression qu’on est obligé de pratiquer dans le pansement et qui constitue à elle seule une mauvaise condition pour la vitalité des tissus transplantés. Hâtons-nous cependant d’ajouter qu’un peu de sang sous le lambeau n’est pas un obstacle fatal à la réussite de l’opération, l’expérience le prouve: c’est simplement une condition désavantageuse.

Ici vient se placer la question du lavage et de la désinfection de la plaie avivée. Nous avons vu en effet les dangers de la suppuration pour les greffes et combien une sécrétion purulente était fâcheuse pour elles. Nous devons cependant ajouter en passant que cette règle rencontre quelquefois dans la pratique des démentis bizarres et on a vu maintes fois des lambeaux adhérer sur des surfaces suppurantes après raclage des bourgeons charnus. Ces faits peuvent encourager les opérateurs à greffer, même quand pour une raison ou une autre, ils ne peuvent tarir la suppuration.

Thiersch et après lui Plessing ont accusé les antiseptiques employés après le raclage de quelques-uns de leurs insuccès et se disant que ces solutions par leur causticité altèrent les capillaires et diminuent par là même les moyens de nutrition et les échanges nutritifs entre les deux surfaces, ont rejeté

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complètement leur emploi pour se servir d’une solution de chlorure de sodium à 6 p. 1000.

Cependant Thiersch n’avait pas moins de 12,5 p. 100 d’insuccès grâce à la suppuration et Socin de Bàle fut loin de partager ses idées sur cette question: il employa les antiseptiques et n’eut qu’à s’en louer. Il se sert le plus babituellement de sublimé.

En France, Monod mit en usage une solution d'acide phénique au vingtième.

Le docteur Jalaguier à employé la solution bi-iodurée et a recouvert la greffe de vaseline iodoformée. Il s’agissait d’une brûlure étendue et le résultat fut bon.

A Nancy, le professeur Heydenreich lave la plaie avec des solutions phéniquées à 1 et 2 p. 100 et n’y trouve aucuninconvénient.

Ces expériences semblent donc nous conseiller l’emploi des antiseptiques. D’autant plus que l’altération des capillaires que Thiersch craint si fortement n’a pas grande importance comme les études histologiques l’ont montré; dans les premiers jours il n’existe aucune relation vasculaire entre les deux surfaces. Dans les milieux aseptiques comme le sont nos salles d’opération on pourra prendre des solutions très faibles ou simplement exemptes de germes septiques ; mais dès qu’on doutera de ses instruments et des contacts, il sera utile de mettre en usage des solutions plus fortes. M. Vautrin dans le service hospitalier de Nancy a réussi dans des greffes où il n’avait employé aucun antiseptique, mais de l’eau simple.

Plaies fraîches

On peut également transplanter des lambeaux sur des plaies fraiches et on ne gagne rien à attendre leur bourgeonnement sauf dans les cas où elles présentent des endroits anfractueux que les bourgeons charnus viennent combler.

Le manuel opératoire est très simplifié. On se contentera de faire l’hémostase en comprimant avec des éponges propres et si on est sûr de l’état aseptique de la plaie on peut laisser de côté les lavages comme certains chirurgiens en usent pour les réunions par première intention. Toutefois, pour peu que l’on doute, il est préférable de faire de l’antisepsie.

On doit rechercher surtout d’avoir une surface plane et unie pour servir de base aux lambeaux : l’adhérence et l’arrangement des greffes en sont beaucoup plus faciles.

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Des lambeaux

On prend généralement les lambeaux sur le sujet qui doit en bénéficier. Jusqu'ici les expériences faites de l’animal à l’homme par la méthode de Thiersch sont peu nombreuses et ont donné de mauvais résultats. C’est une question encore à l’étude et dont l’éclaircissement serait très intéressant.

D'ailleurs la plaie produite pour la formation des lambeaux est si peu importante que chaque malade peut en fournir les frais. C’est préférable à tous les points de vue: outre que les greffes ainsi faites réussissent mieux que lorsqu'il y à transport d’un individu à l’autre, on évite en même temps bien des chances d'infection. Car on sait que la tuberculose et la syphilis furent inoculées dans beaucoup de cas grâce aux greffes (1).

On choisit de préférence pour prendre les greffes la face antérieure de la cuisse ou du bras. La cuisse est préférable surtout chez les personnes qui craindraient à la suite de cette érosion de perdre le velouté normal de la peau sur un endroit qui peut être exposé aux regards. Il faut éviter les surfaces couvertes de poils.

(1) Dr DEUBEL. Inoculations syphilitiques par greffes épidermiques, Union médicale, 1881, no 171.

(1) CzERNY. Développement de la tuberculose après des greffes cutanées, Centrablatt f. Chir., 1886, n° 24.

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