GUÉRISON
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Bien qu'on puisse lui assigner comme limites moyennes une durée de 5 à 20 jours, elle est aussi variable pour les greffes que pour les autres blessures et subit une foule d’influences. Elle est très compromise chez les sujets faibles et débilités. Comme diathèse défavorable la syphilis tient le premier rang: (Plessing, Pozzi) ; la vieillesse vient en second lieu (Pozzi). Il est donc important d’instituer un traitement général et de relever les forces du sujet. Les blessures sanieuses qui fournissent une forte sécrétion purulente sont également rebelles aux grefies.
Le sang épanché sous la greffe, s’il est trop abondant, peut également faire échouer l’opération ; le tissu cellulaire, quand il double le lambeau, est une cause fréquente de chute.
La réussite des greffes dépend aussi de la nature du terrain sur lequel elles ont été faites : le champ le plus favorable sera certainement formé par le derme; le muscle est également très propre à fournir de bonnes adhérences ; le tissu cellulaire sous-cutané malgré sa vitalité peu puissante supporte bien l'opération, à condition toutefois qu’il ne soit pas trop envahi par le tissu adipeux qui est assez mauvais pour les greffes ; le tissu spongieux des os est capable de donner la guérison,
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mais sur le tissu compact privé de son périoste on ne peut cuère enregistrer que des échecs ; il faut aussi considérer le tissu fibreux des aponévroses et des tendons comme donnant des résultats très hypothétiques.
Les lambeaux reprendront leur vitalité première beaucoup plus facilement sur les plaies fraiches que sur celles qui ont déjà donné des bourgeons charnus et le résultat sera beaucoup plus tenace. Ajoutons aussi que la guérison sera beaucoup plus fréquente, plus rapide et plus complète sur les plaies venant de la simple exérèse des tissus que sur les autres ; que les plaies contuses se fermeront mieux que les pertes de substance d’origine pathologique, telles que les ulcères variqueux, tuberculeux ou syphilitiques; ces derniers en effet n’offrent à la grefte qu’une base profondément modifiée par des troubles nutritifs résultant de processus pathologiques plus ou moins intenses qui peuvent encore continuer leur action destructive sous les lambeaux après leur adhérence.
Les lambeaux destinés à vivre prennent rapidement une couleur rosée de bon augure; ils sont au contraire d’une couleur jaune lorsqu'ils commencent à se sphaceler, mais on ne doit perdre toute espérance que lorsqu'ils flottent complètement sur la plaie au bout de plusieurs jours. Après le quatrièmé jour, l’adhérence est nettement perceptible dans tous les cas. Il est rare que toutes les greffes placées dans une même séance réussissent, mais lorsque les conditions sont favorables et dans la grande majorité des cas, le nombre de celles qui échouent est très petit. Il est très facile de compléter l'opération dans une seconde séance. Nous pouvons affirmer d’ailleurs que le succès dépasse souvent les espérances.
Après le premier pansement on constate généralement la
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chute de la couche cornée; ce qui ne doit pas étonner puisque ces cellules sont mortes ou peu vivantes. Le moindre arrêt dans la circulation normale ne peut manquer de hâter leur . chute. Le lambeau présente alors à sa surface une couche plus ou moins épaisse, grisàtre, formée de détritus organiques auxquels s'ajoute quelquefois un peu de pus. Cette excrétion qu'il est impossible d'éviter masque les lambeaux presque complètement. Quand on a enlevé cet enduit avec grande précaution, on peut apercevoir les greffes adhérentes avec leur surface généralement inégale, d’un aspect rosé, parsemée d’un léger pointillé rouge. Cet aspect se modifie peu à peu, la surface greflée perd ses inégalités, devient uniforme et lisse, tend à prendre de plus en plus l’aspect de la peau normale.
Ce qui peut retarder la guérison, c’est la présence entre les lambeaux d’une ligne rouge, granuleuse, de bourgeons charnus, qui provient de la juxtaposition imparfaite des greffes, imputable en partie à l’inhabilité opératoire, en partie à la première rétraction des lambeaux aussitôt leur section ou aux mouvements du malade.
On peut quelquefois produire cet écartement d’une façon toute volontaire, par exemple dans les grandes plaies lorsqu'on veut économiser les lambeaux. Il se forme autour de ceux-c1, comme dans les greffes de Reverdin, un travail d'épidermisation qui donne rapidement une bonne cicatrice. Seulement la guérison est plus lente et la rétraction ultérieure sera plus accentuée.
Enfin les greffes même après leur chute peuvent quelquefois exercer une heureuse influence sur la guérison de la plaie. On voit dans ces cas cette surface se recouvrir d’un semis de petits points épidermiques qui deviennent ensuite