OBSERVATION II
(Prise dans le service de M. le professeur Heydenreich).
Eugène P..., âgé de 11 ans, avait été brûlé le 27 mai 1889 par l’explosion d’un paquet de pétards qu'il portait dans la poche gauche de son pantalon. Il fut amené à l'hôpital de Nancy le 11 juin présentant une vaste brûlure en pleine suppuration.
L’aine gauche était intéressée dans toute sa largeur depuis la racine des bourses jusqu’à l’épine iliaque antéro-supérieure et cette brûlure se prolongeait eu bas jusqu’à la face antérieure de la cuisse ne s’arrêtant qu'à 5 centimètres au-dessus de la rotule. D’autres trainées de brûlure, indépendantes de celle-ci, existaient à la partie inférieure et gauche de la face antérieure de l’abdomen, sur les faces interne et externe de la cuisse, enfin au niveau du creux poplité où se voyait un foyer important. Le derme était détruit en bien des points; dans le creux poplité en particulier on apercevait à nu une partie des tendons de la région. La cuisse se trouvait dans un certain degré de flexion sur le bassin et la jambe était fléchie sur la cuisse.
Cette position vicieuse ne fit que s’accentuer les jours suivants. L’application des greffes semblait nettement indiquée. Cependant l'extrême abondance de la suppuration fit craindre un échec et l'intervention chirurgicale fut ajournée.
M. le professeur Heydenreich y eut recours le 15 juillet. La sécrétion était moins forte; la cuisse rétractée formait avec l'abdomen un angle très légèrement obtus, presque droit: la jambe était pliée sur la cuisse à angle aigu.