‹ Étude sur les hématomyéliesChapitre 120 sur 150 · HÉMORRAGIES CAPILLAIRES · texte numérisé non relu

HÉMORRAGIES CAPILLAIRES

Le lendemain matin, l'animal est faible, et ne se tient plus debout, mais l’hémiplégie droite est toujours incomplète.

Pas de troubles nets de sensibilité. Température 38°7. Mort dans la journée, trente-deux heures après l’opération.

Autopsie immédiate. — Infection légère de la plaie. Les méninges sont rouges. Un peu de sang dans les espaces méningés, au niveau de la plaie, et sur les segments médullaires immédiatement sus et sous-jacents.

EXAMEN MICROSCOPIQUE. — Fixation par le formol. Inclusion et coloration comme précédemment.

1° Au niveau de la lésion

/ L'instrument à pénétré jusqu'a la partie moyenne de la corne postérieure droite, dont le segment le plus postérieur est à peu près complètement détruit ( voir figure 19 ). Mais les lésions dépassent de beaucoup le point où les désordres ont été produits mécaniquement.

Toute la surface de la coupe, v compris la substance blanche, quoique à un moindre degré, est criblée de petites hémorragies issues de capillaires dilatés. Les cellules de la substance grise ont toutes dispäru à droite, sauf une ou deux, tout à fait en avant de la corne antérieure. A gauche, un grand nombre

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présentent des signes de souffrance évidente. Le canal central est dilaté, et contient un peu de sang, bien qu’il ne soit pas rompu. Infiltration très modérée de cellules rondes au milieu du tissu, Dans la substance grise, mais surtout dans la substance blanche, nombreuses lacunes régulièrement arrondies, donnant un aspect criblé au tissu.

Contre les racines postérieures, au-dessus de la pie-mere qui est saine, épanchement sanguin léger, non compressif.

Le trajet de l'instrument est marqué par une destruction irrégulicre du tissu. Les hémorragies existent surtout à droite, mais à gauche, on en {rouve également en assez grand nombre.

2 Au-dessous de la lésion.

Les mêmes phénomènes s'observent dans toute la partie inferieure du troisième segment cervical et la partie toute superieure du quatrième, Les hémorragies finissent par se limiter à la région centrale de la moelle, surtout vers la colonne de Clarke, puis elles disparaissent complètement.

3° Au-dessus de la lésion

Mèmes remarques; les hémorragies, à mesure qu'on remonte semblent devenir de plus en plus indépendantes de la lésion mécanique initiale. Quelques millimètres au-dessus de la piqûre, on n’en trouve pas trace dans le segment correspondant de la coupe. La myélite persiste, avec peu de cellules rondes, mais des corps granuleux et des espaces vides.

Le sang dilate le canal épendymaire, mais sans ie rompre. En quelques points pourtant, la paroi a cédé, parce que, tout autour, existe un processus inflammatoire très accentué. Il y a, dans le haut du troisième segment cervical, une véritable myélite aiguë péri-épendymaire, avec lacunes dans le tissu, congestion extrèênie des vaisseaux et hémorragie capillaires.

En quelques points tres rares, la rangée épithéliale paraît doublée, mais il est facile de se rendre compte que cette disposition ne s'observe qu’au niveau des ruptures du canal, et qu'elle provient d'un déplacement des cellules, non de leur prolifération.

Les lésions s'arrêtent vers le milieu du deuxième segment cervical.

Résumé. — Chez un chien, dans la région cervicale supérieure, une piqüre simple de la moelle a provoqué. soit par l'effet du traumatisme seul, soit de l’infection opératoire, une myélite étendue à deux segments médullaires en trente-deux heures, diffuse mais assez légère, sans ramollissement accentué.

Le canal central contenait du sang, soit amené par voie lymphatique, soit provenant d’hémorragies qui s’y étaient directement épanchées.

Il était dilaté par la lymphe.

I. — Les piqûres simples de la moelle provoquent, par l'intermédiaire d’une myélite avec dilatations vasculaires, des extravasations capillaires étendues à toute la moelle, avec grosse prédominance dans la substance grise.

Il. — Elles sont suivies de dilatation du canal central, le plus souvent irrégulière et moniliforme, probablement par suite de l’abondance plus grande de la lymphe.

III. — La myélite se localise plus particulièrement dans la partie moyenne de la substance grise. Son existence au voisinage du canal central n’a pas produit, après une survie de vingt-quatre heures seulement, de

modifications de l’épithélium épendymaire.

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