CHAPITRE II
HÉMATOMYÉLIES PRIMITIVES
Les hématomyélies primitives peuvent étre divisées en trois groupes : traumatiques, spontanées, et celles qui relèvent d’un cas spécial, la décompression brusque,
A. — Hématomyélies traumatiques.
Le traumatisme est la grande cause des hématomyélies. Le professeur Oppenheim, dans la 2 édition de son Traité des maladies nerveuses (1), dit qu’il y a neuf hématomyélies traumatiques sur dix. On verra plus loin que lorsqu’on faitun dénombrement aussi complet que possible des cas publiés,on trouve une proportion sensiblement moins forte pour letraumatisme. Cela tient en grande partie à ce que, dans la statistique d’'Oppenheim, sont comptées comme traumatiques des causes que nous avons attribuées aux hématomyélies dites spontanées, par exemple l'effort.
Le traumatisme n’en garde pas moins une place de
(1) Orrenueis, Lehrbuch der Nervenkrankheilen, 2 édition, Berlin 1898,
30 ÉTIOLOGIE. — HÉMATOMYÉLIES TRAUMATIQUES
beaucoup prépondérante, en raison surtout des variétés nombreuses de ses modes d’action.
1° La première de ces variétés, qui vient immédiatement à l'esprit, ce sont les /r'actures, avec compression, ou mieux encore esquilles osseuses acérées, qui s’enfonçant dans la substance de la moelle, la dilacèrent ou l’écrasent.
Il est certain qu’en pareil Cas, l’épanchement hémorragique est un accident fréquent, mais l’hématomyélie traumatique ne mériterait pas une étude spéciale, si elle ne devait constituer qu’un épiphénomène de la destruction directe du tissu médullaire par une vertèbre fracturée.
Du reste, dans les grands traumatismes avec déplacement vertébraux importants, il y a le plus souvent compression, section totale de la moelle, plutôt que dilacération par une esquille.
Mais ces grands traumatismes même méritent d’être signalés, parce qu'ils peuvent s'accompagner d’hématomyélie, non pas seulement au point de la lésion directe, ce qui serait, encore une fois, de peu d'intérêt, maïs à distance, et ainsi compliquer le tableau clinique, faire parfois, par la multiplicité des localisations, hésiter le diagnostic, rendre le traitement incertain ou inutile.
Et c’est ainsi que dans le grand nombre d'observations d'hématomyélies traumatiques que l’on trouvera plus loin, on verra souvent signalées des chutes d’un lieu élevé, sur le dos ou sur le siège.
Les lésions du cône terminal se produisent avec une facilité toute particulière chez des gens qui sautent d’une certaine hauteur sur le sol, et qui, en arrivant à terre, après que leurs pieds ont porté, se trouvent jetés à la renverse.