‹ Étude sur les hématomyéliesChapitre 20 sur 150 · FLEXION FORCÉE. — ÉLONGATION · texte numérisé non relu

FLEXION FORCÉE. — ÉLONGATION

montra l'importance clinique de cette variété d hématomyélies, et qui en indiqua le mécanisme. Il fit voir d'abord que ces lésions avaient un siège de prédilection, la colonne cervicale, et en particulier, le voisinage du quatrième segment cervical. C’est de cette particularité topographique qu’il tira la pathogénie.

Voici comment :

L'hémorragie, disait-il, est avant tout le résultat d'un mouvement violent de la colonne cervicale. Celle-ci, au niveau des quatrième et cinquième vertébres, est relativement très mobile, et des attitudes extrêmes, comme celles que provoquent des coups sur la nuque ou au contraire une flexion forcée de la tête en arrière, placent en ce point le sommet d’un angle. La colonne vertébro-ligamenteuse, plus souple, peut dans la suite revenir à sa position normale, mais la moelle, plus fragile, risque de se rompre au niveau de son centre, moins résistant et riche en vaisseaux.

Nous verrons, en effet, dans la partie anatomique de ce travail, d’une part que l’hématomyélie, d’une manière générale, est assez fréquente à la moelle cervicale, et d'autre part que les vaisseaux de la substance centrale en sont les principales, pour ne pas dire les uniques sources.

Ainsi, en dehors des grands délabrements de la colonne, voilà un groupe de faits très particuliers dans leur mécanisme : hémalomuyélies traumatiques par Jexion exagérée de la téte en arrière, avec ou sans déplacement vertébral concomitant.

3° Voici maintenant une autre variété, quise rapproche dans une certaine mesure de la précédente,

DYSTOCIE 33

On pourrait dire, que ces ruptures vasculaires par flexion forcée ne sont qu’une des conséquences de l’'élongation de la moelle. Et en effet, toutes les élongations forcées, soit de la moelle en masse, soit de ses racines, ont pu produire les mêmes désordres :

a) Élongations de la moelle en masse. — C'est par exemple la suspension dans le traitement du tabes. On a attribué à des hémorragies médullaires légères quelquesuns (les méfaits de la suspension. Il est fort difficile de dire ce que ce grief avait de fondé, car en général on n’a pas attiré l'attention sur les incidents et les accidents de la méthode. Pourtant, l’an dernier encore, Fischer (1) signalait le cas d'un ataxique chez lequel, après une séance d'élongation, on avait vu apparaitre des symptômes alarmants, suivis de mort en deux jours. L’autopsie avait conduit sur un foyer cervical. Il est juste de dire que le malade était athéromateux à un haut degré. |

Nous reviendrons, dans les conclusions de cette étiologie, sur l'association. fréquente pour ne pas dire constante, de plusieurs facteurs à l’origine de ces hématomyélies. [Il est certain que de tels cas s'expliquent si on invoque une fragilité vasculaire spéciale.

Il n’en est pas de même d'une autre variété d’hématomyélie par élongation de la moelle en masse, qui nous présente dans la règle un exemple typique de traumatisme pur.

Ce sont les hématomyélies du fœtus dans la dystocte, Cette question, qui est d’un haut intérêt si l'on envisage

A) Fiscuer, Festschrift sur -Feier des 50 j. Bestehens des Krankenhauses Dresden-Friedrichstadt, 1899.

J. LÉPINE. on

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les conséquences possibles de ces hématomyélies, avait été soulevée déjà par Schütz en 1844. Friedleben, en 1855, avait insisté sur les lésions hémorragiques des méninges spinales, déjà vues par Bednar, et de la moelle elle-même.

Puis ces observations avaient été oubliées, et malgré un cas très important de rupture de la moelle, observé par Parrot en 1869, on n'avait pas l'attention attirée sur elles. C’est ainsi qu'une courte note de Jacquet, dont le résumé se trouve dans nos observations (1), et qui parut dans le Lyon Médical de 1873, passa complètement inaperçue. Ce fut le professeur Schultze, de Bonn, qui renouvela cette étude, en 1896. Il rapportait plusieurs observations, parmi lesquelles deux concernaient des cas d’hémorragies de la moelle cervicale. Presque aussitôt après, le professeur Raymond, dans ses Cliniques de la Salpétrière, orientait la question dans la voie nouvelle, tout anatomique, où nous la retrouverons plus loin.

En 1897, Schaeffer rapportait plusieurs observations nouvelles, mais une seule d’hématomyélie, les autres n'ayant présenté que de l’hématorachis. On incrimine à juste titre les tractions trop énergiques au forceps — presque tous les cas rapportés signalent des applications de forceps — ou bien certaines manœuvres, celle de Mauriceau entre autres.

Il semble bien qu’en pareil cas, comme nous le disions, le traumatisme intervienne seul. Pourtant en 1898, M. d'Herbécourt a rapporté une observation que l’on trouvera également plus loin, où il donne la première place à des altérations vasculaires, constatées anatomi-

({} Voir observation 49.

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