‹ Étude sur les hématomyéliesChapitre 23 sur 150 · ATTAQUE ÉPILEPTIQUE · texte numérisé non relu

ATTAQUE ÉPILEPTIQUE

ressent tout à coup une douleur violente dans la région lombaire inférieure, et s’affaisse paraplégié. Il n’y à pas eu de luxation, pas d’entorse, si légère soit-eile, du rachis, seulement l’effort soutenu plusieurs minutes à ‘poussé au maximum la congestion des vaisseaux rachidiens, et à un moment donné, l’hémorragie s’est produite.

Page a observé en 1880 une hématomyélie, vérifiée à l’autopsie, et qui s'était produite au milieu d'efforts violents d'exonération, au cours d’une constipation opiniâtre. Nous reviendrons plus loin sur ce cas.

Ce ne sont pas seulement les efforts volontaires qui interviennent. On à signalé depuis longtemps l’hémorragie cérébrale ou méningée au cours des quintes de coqueluche. Plusieurs faits, dont les mieux observés sont ceux de M. Bernhardt, en 1896, et de M. Luisada, en 1899, donnent à penser que l’hémorragie médullaire pourrait bien prendre place, dans la coqueluche, à côté des autres hémorragies des centres nerveux, de l’ecchymose sous-Conjonctivale, etc. Il n’y à guère moyen d'expliquer autrement l’observation de M. Bernhardt, qui a été suivie de guérison — et l’auteur lui-même n’a pas fait d'autre hypothèse.

Congestion, également, que l'hématomyélie des états convulsifs. On trouvera, dans nos observations, ce cas si intéressant de M. Wille, paru dans les Archio für Psychiatrie en 1898, et que nous avons tenu à analyser un peu longuement, en raison de la richesse de détails anatomiques qu’il contient, et plus encore parce qu’il réunit diverses circonstances étiologiques, parmi lesquelles la cause déterminante : une attaque d’épilepste. Ce sont aussi les hémorragies punctiformes vues par divers

HÉMATOMYÉLIES CONGESTIVES AA.

auteurs dans la moelle d'animaux sérychnisés. Et c’est aussi, selon toute vraisemblance, la cause des phénomènes hémorragiques que présente parfois la moelle fétanique. M. le professeur Chantemesse et M. Marinesco (1), dans leurs recherches sur les lésions nerveuses provoquées par la foxine tétanique, ont trouvé des « hémorragies diffuses » dans les cornes antérieures. Ces lésions n’ont pas été observées par MM. Nageotte et Ettlinger (2), ni dans les recherches nombreuses du professeur Courmont et de ses collaborateurs MM. Doyon et Paviot. Nous avons dû, dans l’exposé des myélites infectieuses expérimentales hémorragiques, en faire mention, mais il semble qu’il soit plus rationnel de les rapprocher des résultats du strychnisme expérimental. Dans le tétanos de l’homme, un cas intéressant a été signalé, celui de Freudweiler (3), en 1899, à l'autopsie duquel on trouva des hémorragies médullaires nombreuses et abondantes, mais ces hémorragies provenalent d’un gliome resté latent jusque-là. D’autres causes de congestion médullaire sont réalisées par l'arrêt d’un flux normal, menstruel surtout. Nous avons rapporté, dans notre historique, les faits fondamentaux de Levier, d'Eichhorst; d’autres sont venus s’y joindre. On a signalé de même la suspension d’un flux hémorroïidal (Oppenheim), la congestion de l'appareil génital à la veille de l'accouchement (v. Leyden) ou après l'accouchement (Moynier) et d'une manière générale tous les excès in Baccho et Venere, comme disent les

(1) CHANTEMESSE et MaRiNESCO, Presse Médicale, 1898: MariNesco, Socrélé de Biologie, 24 juillet 1897.

(2) Naëxorre et ErrrinGen, Presse Médicale, 1898, p. 146.

(3) Freunweier, Virchow’s Archiv, Bd. 158, 189, p. 64.

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