LES PÊCHEURS D ÉPONGES
naires ; c'était une profondeur sans exemple dans les applications antérieures de la méthode, et qui devait s’accroitre encore dans les crues accidentelles du fleuve. La pression totale s’éleva à 4 atm. 45. Le nombre total des ouvriers qui y furent employés fut de 352 ; environ 30 furent sérieusement affectés, 12 d’entre ces derniers moururent. » (Paul Bert, la Pression barometrique, p. 404.)
Bauer, chirurgien du City-Hospital, eut, dans ces conditions, l’occasion de faire plusieurs autopsies, qui lui montrèrent de l’hyperémie des méninges cérébrales et médullaires et des ramollissements hémorragiques de la moelle et du cerveau. Il importe de remarquer que la mort était toujours survenue plusieurs jours après l'apparition de la paralysie.
Vers le même temps, d’autres appareils se répandaient, qui allaient être la cause de nombreux accidents, c'étaient les scaphandres. En 1866, leur emploi fut introduit dans l’Archipel, pour la pêche des éponges. Faute de données scientifiques sur la pathogénie des accidents, Jeur usage ne fut au début soumis à peu près à aucune règle, et les cas de paralysie et de mort se succédèrent. On n’a pas cessé d'en observer, et en 1888 M. Catsaras écrivait : « Même aujourd’hui, si les cas de mort sont un peu moins fréquents qu'autrefois, il ne se passe pas d'année qu'il n'y ait au moins une dizaine de morts. Quant aux autres accidents, ils sont plus fréquents qu’autrefois en raison de la généralisation de cette manière de pêcher les éponges. »
Le premier travail publié fut celui de M. Le Roy de Méricourt, en 1869. Les accidents sont attribués à