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CIRCULATION DE LA SUBSTANCE GRISE

Par rapport à la substance blanche, surtout, traversée à la vérité par un grand nombre de ces artères périphériques venues des artères spinales elles-mêmes, ou de leurs branches latérales, qui, par leurs anastomoses, entourent la moelle d’une couronne vasculaire.

Mais toutes ces artères, qui divisent la coupe de la moelle comme le feraient une infinité d’aiguilles sur un même cadran d’horlogerie, sont pour la plupart capillaires dès leur entrée dans l’organe. De plus, beaucoup d’entre elles, appartenant surtout aux groupes des ‘radiculaires antérieures et des artères marginales, se divisent encore plus dans la substance grise où elles aboutissent, que dans la blanche qu'elles traversent.

Dans la substance grise, les capillaires, extrêmement nombreux, sont très fins, et laissent à peine passer un globule rouge. Leurs mailles sont irrégulières, et tantôt côtoient des cellules ganglionnaires, tantôt les entourent. Les veines auxquelles ils aboutissent sont beaucoup plus petites que les artères, mais leur nombre est double. De plus, si l'on en croit certains histologistes, 1l y aurait, de distance en distance, dans la substance grise, des anastomoses directes entre les artères et les veines.

La simple énumération de ces voies efférentes du sang fait prévoir la règle générale, constatée dès les premières autopsies : L’hémorragie de la moelle se produit dans la substance grise avec une très grande prédilection.

On peut ajouter : plus facilement encore que partout ailleurs au voisinage de la colonne de Clarke et de la substance grise centrale.

Mais le système vasculaire sanguin ne constitue qu’une partie des voies de la circulation médullaire. Un système

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lymphatique, vraisemblablement très développé, mais sur lequel nous ne savons à l’heure actuelle presque rien, intervient dans la production et la propagation des épanchements hémorragiques. Il comprend les canaux intraadventitiels de Robin, les gaines péricellulaires de His, contestées par certains auteurs, et une série d’espaces, au sujet desquels l'accord est loin d’être fait.

Kadyi a vu une injection, poussée par les veines, pénétrer dans un système de canaux ramifiés placés verticalement à côté du canal de l’épendyme. Il à présumé qu’il s'agissait de voies lymphatiques, mais le cas est isolé, et rien n’est plus facile, surtout dans la substance centrale dont la résistance est très inégale, que de produire des voies artificielles.

La question a été reprise récemment, en particulier par le professeur d’Abundo, de Catane (Sulle vie linfatiche del sistema nervoso centrale. Annali di neurologia 1896, p. 229) et par M. Georges Guillain, dans les laboratoires du professeur Raymond et de M. François-Franck. (La circulation de la lymphe dans la moelle épinière. Revue neurologique 1899, p. 835.)

M. Guillain a employé la méthode des injections aseptiques de substances pulvérulentes (injections d'encre de Chine) faites dans le cordon postérieur du chien. Les animaux étaient sacrifiés au bout de quelques jours, et on étudiait la marche suivie par les granulations injectées.

Il put constater que les granulations tendaient à se rapprocher du canal central, et à remonter du côté de l’encéphale. Parfois on trouve des granulations dans l'intérieur du canal lui-même, très distendu — et parfois aussi, traversant la substance grise centrale, quelques

granulations viennent se loger dans la gaine adventitielle de l'artère centrale, dans le sillon antérieur.

Cette dernière constatation nous paraît mériter d'être soulignée, parce qu’elle explique en partie la disposition de certaines hématomyélies centrales. Elle concorde absolument avec un fait que nous avons observé nousmême, et que l’on trouvera signalé dans nos expériences.

Dans nos injections de sang, faites dans les cordons postérieurs du lapin vivant, nous avons rencontré du sang dans le sillon médian antérieur, dans la gaine de l'artère centrale en particulier, alors que la substance grise située immédiatement en arrière était saine. Nous avons pu, en pareil cas, expliquer ce phénomène par le fait que le foyer, avant détruit plus bas la substance centrale, avait poussé vers le haut une fusée, par simple propagation.

Mais cette explication ne pouvait être appliquée aux cas d'animaux chez lesquels la commotion médullaire par choc avait provoqué des ruptures des vaisseaux de la substance centrale, et chez lesquels, sans déchirure d'aucune sorte de la commissure antérieure, on voyait l’hémorragie s’infiltrer dans le sillon et les cordons antérieurs. Ici, il y avait bien filtration à travers des espaces, que l’on peut qualifier de lymphatiques, puisque M. Guillain à vu les granulations d'encre de Chine y cheminer jusqu’à des formations lymphatiques incontestables.

De plus, le professeur d’Abundo, M. Guillain et nousmême avons été frappés de la facilité avec laquelle le canal central participait à la propagation de l’hémorragie épanchée dans son voisinage. Nous ne parlons pas en ce moment des cas où l’hémorragie à rompu la paroi épendymaire, mais de ceux seulement où les globules sanguins

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