‹ Étude sur les hématomyéliesChapitre 37 sur 150 · LE RÔLE DU CANAL CENTRAL · texte numérisé non relu

LE RÔLE DU CANAL CENTRAL

se sont insinués, par filtration, dans le canal où on les retrouve.

Ce fait, joint à la dilatation extrême du canal, qui semble alors collecter une grande quantité de lymphe, éveille l’idée qu'il constitue, lui aussi, une formation lymphatique. Non pas embryologiquement, certes, mais physiologiquement.

Et ceia est en somme naturel, car ces espaces lymphatiques de la substance grise dont nous venons d'admettre l'existence, ne sont, selon toute vraisemblance, que les mailles vides du réseau névroglique ; ce qui revient à dire que la névroglie, dont les beaux travaux du professeur Renaut nous ont montré la nature ectodermique, pourrait bien, quant à la circulation des liquides nutritifs de la substance nerveuse ambiante, se comporter comme le tissu conjonctif.

2° Architecture de la moelle. — Montrer que les liquides nourriciers et que le sang épanché circulent à travers des espaces de la substance grise médullaire, ce n’est présenter que l’un des côtés de la question. Si l’on s’en tenait là, on devrait admettre que les épanchements hémorragiques, prenant naissance dans cette substance grise, s’y propagent également en tous sens. L’anatomie pathologique ét les expériences nous apprennent quil n’en est rien, parce que la substance grise n’est pas une masse homogène, mais qu’elle est divisée en compartiments parfois strictement isolés, par les travées névrogliques d’une part, par les faisceaux de fibres à myéline

de l’autre.

Aussi les hémorragies y sont-elles soumises à quelques

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règles dont nous devons surtout la connaissance à MM. Goldscheider et Flatau, dont le travail expérimental, discuté à la Société de médecine interne de Berlin, a été publié en 1896 dans le Zettschrift f. klinische Medicin, XXXI, p. 175.

Ce travail, sur lequel nous aurons l’occasion de revenir lorsque nous étudierons plus spécialement la localisation des foyers hématomyéliques chez l’homme, a été fait sur la moelle humaine, en retirant à des cadavres, avec les précautions nécessaires, des segments de moelle, que les auteurs suspendaient ensuite, par un dispositif assez complexe, pour éviter toute pression anormale; et dans lesquels ils pratiquaient alors des injections. Ces injections étaient soit une solution de bleu de Prusse, soit du sang. Après fixation, inclusion et coupes, on pouvait déterminer rigoureusement la topographie de la zone atteinte, suivant les différentes places où l'injection était faite. Les résultats furent confirmés par une injection faite dans la moelle d’un chien vivant.

Ces résultats ont surtout mis en lumière les points suivants :

Dans la moelle, tout épanchement à tendance à s'étendre en hauteur, plutôt qu’à se localiser en surface. Il y avait longtemps que l’anatomie pathologique avait admis ce principe, mais MM. Goldscheider et Flatau ont eu le mérite de montrer qu'il était vrai, non pas seulement pour la substance grise en masse, limitée par la substance blanche résistante, mais encore pour certaines régions précises de la substance grise. Saut exception, l’épanchement artificiellement produit dans une corne antérieure ne diffuse pas dans le reste de

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