‹ Étude sur les hématomyéliesChapitre 38 sur 150 · ARCHITECTURE DE LA MOELLE · texte numérisé non relu

ARCHITECTURE DE LA MOELLE

la substance grise ; il se trouve arrêté, vers la partie moyenne de la corne, par une barrière transversale. Le phénomène est encore plus net lorsque l'injection est poussée, non en un point quelconque de cette corne antérieure, mais dans sa région la plus externe. En ce point, l’épanchement est absolument bridé du côté de la substance grise, et accuse plutôt une tendance à diffuser dans la substance blanche adjacente.

Au contraire, le foyer primitif se trouve-t-il dans la corne postérieure, vers la colonne de Clarke en particulier, toute la corne postérieure du même côté sera plus ou moins envahie, et l'injection, si elle est assez abondante, fusera à travers la commissure grise postérieure pour aller créer, dans la substance grise hétéro-latérale, un foyer homologue du foyer primitif. Mais toujours les cornes antérieures seront saines.

Si l’épanchement est très abondant, il se répandra dans le sens de la hauteur, on pourra le suivre sur plusieurs millimètres, plusieurs centimètres, et malgré cela, la substance grise située de l’autre côté de cette digue transversale sera épargnée.

Quelle est la cause de cette particularité ? S agit-il de travées névrogliques, ou'de fibres à myéline? MM. Goldscheider et Flatau affirment que la névroglie n'intervient en aucune manière dans la digue qui traverse la base des cornes antérieures. Ce qui crée cette séparation, ce sont les fibres collatérales à myéline ; celles qui ont traversé la commissure blanche et qui se perdent dans les cornes grises, et celles qui vont, depuis la profondeur de la substance grise, rejoindre les cordons latéraux. Et ce qui montre qu’il en est bien ainsi, c’est que la région de la

colonne de Clarke, la plus riche peut-être en névroglie, mais à coup sûr l’une des moins riches en tubes nerveux, est le lieu d'élection des épanchements artificiels ou pathologiques.

Par la disposition des faisceaux de fibres à myéline, la corne antérieure se trouve isolée du reste de la substance grise, et, en particulier, sa zone la plus externe, où les épanchements artificiels se trouvent en quelque sorte bloqués. :

Dans la discussion qui a suivi, à la Société de Médecine interne, la communication de MM. Goldscheider et Flatau, divers auteurs se sont montrés moins disposés à enlever à la névroglie toute importance dans la limitation des épanchements, et en particulier M. Benda. Il semble néammoins que l'opinion de MM. Goldscheider et Flatau ait été, dans la suite, assez unanimement acceptée. Un point cependant de leurs conclusions a été très attaqué. Ils soutenaient, avec le professeur v. Leyden, que chez l’homme adulte, le canal central ne participe presque jamais à la conduction des liquides injectés dans la moelle, parce qu’il est normalement à peu près complètement oblitéré. Diverses observations, en particulier celles de Minor, donnent à penser que cette manière de voir ne correspond pas à tous les cas.

On verra dans nos expériences que le canal central a joué, chez l'animal, un rôle important.

Nous devons cependant faire remarquer, en terminant ces considérations générales, la difficulté très sérieuse qu'il y a à instituer des expériences exactes sur l’hématomyélie.

D'une part :il est difficile d’assimiler, comme font

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